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Les Forces armées canadiennes (FAC) ont enregistré un nombre record d’enrôlements au cours de la dernière année. Ce sont 7310 personnes qui ont rejoint leurs rangs durant l’exercice 2025-2026, un sommet depuis trois décennies. Ce nombre dépasse désormais celui observé au plus fort de la mission canadienne en Afghanistan, entre 2008 et 2010.
« Nous traversons une période de profonds changements et d’incertitude. Partout au pays, des Canadiens se mobilisent pour servir », a déclaré lundi le ministre fédéral de la Défense nationale, David McGuinty, dans un point de presse matinal à Ottawa.
Le ministre a attribué cette hausse à divers incitatifs mis en place au cours de la dernière année, notamment l’augmentation des salaires des militaires et les investissements dans le logement.
Il n’a toutefois pas écarté l’influence du contexte géopolitique tendu avec les États-Unis. « Ce que j’ai entendu de la part de nos nouvelles recrues, c’est que ces jeunes et moins jeunes qui nous rejoignent sont préoccupés. […] Ils veulent que le Canada demeure sûr et souverain », a-t-il expliqué depuis le foyer de la Chambre des communes.
« Les gens savent qu’il y a énormément de changements depuis deux ans, et que notre relation avec notre partenaire au sud a changé. […] Les gens savent que ce qui se passe en Ukraine et au Moyen-Orient est sérieux. Et les gens voient de plus en plus que les Forces armées canadiennes sont un choix positif », a-t-il ajouté.
Au cours de la dernière année, les FAC ont reçu un total de 44 818 candidatures, soit une hausse de 62 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation marquée est survenue la même année que le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche et ses menaces à la souveraineté du Canada.
Le ministre McGuinty n’a toutefois fourni aucune donnée précise sur les recrues ayant spécifiquement choisi de se joindre aux FAC en réaction aux menaces du locataire de la Maison-Blanche.
Des hauts gradés militaires ont également reconnu à demi-mot que les tensions diplomatiques et commerciales pourraient avoir contribué à accélérer les enrôlements. « Est-ce la situation économique ? Est-ce leur relation avec notre partenaire du sud ? Est-ce l’allocation de recrutement pour les professions essentielles ? C’est probablement un peu de tout cela », a expliqué le lieutenant-général Erick Simoneau, chef du personnel militaire dans un breffage médiatique, en avant-midi.
Vers un plein effectif
Le ministère de la Défense nationale vise à atteindre une force totale de 71 500 membres de la Force régulière et 30 000 membres de la Force de réserve d’ici le 1er avril 2029. Or, si la tendance actuelle se maintient, le ministre McGuinty se dit confiant de pouvoir atteindre cet objectif plus tôt que prévu.
À la suite de la plus récente cohorte de recrues, la Force régulière compte désormais 67 827 membres, sur un effectif autorisé de 71 500. Il manque donc environ 3600 militaires pour atteindre la cible.
Selon les données de la Défense nationale, le taux d’attrition a atteint 8,5 % au cours du dernier exercice financier.
La cible de recrutement pour l’année à venir a également été revue à la hausse de 1000 membres, pour un objectif total de 8200 nouvelles recrues pour l’exercice 2026-2027.
Des assouplissements
Le sommet de recrues survient après plusieurs années difficiles sur le plan du recrutement, au cours desquelles Ottawa a mis en œuvre plusieurs mesures pour inverser la tendance.
L’été dernier, le premier ministre Mark Carney a notamment augmenté la rémunération des militaires. Le salaire d’entrée d’un membre de l’échelon 1 dans la Force régulière a ainsi été haussé de 20 %, tandis que celui des membres du deuxième échelon a été bonifié de 13 %. Il s’agissait de l’une des promesses formulées par Mark Carney durant la campagne électorale du printemps.
Le gouvernement a également prévu des indemnités pour les recrues qui choisissent des postes particulièrement en pénurie. Selon le ministère, la majorité des groupes admissibles à ces primes ont atteint au moins 90 % de leurs objectifs stratégiques de recrutement au cours de l’exercice financier 2025-2026.
Certains critères médicaux qui disqualifiaient auparavant les candidats, comme certaines allergies ou le trouble du déficit de l’attention (TDAH), ont aussi été abandonnés.
Des changements apportés au processus de vérification de sécurité en vue d’accélérer l’intégration des résidents permanents ont également porté leurs fruits : parmi les 7310 nouveaux membres recrutés au cours de la dernière année, 1400 étaient des résidents permanents, soit près de 20 %.
Encore du chemin à faire
Même s’il a insisté sur les « bonnes nouvelles », le ministre McGuinty a reconnu qu’il restait du chemin à parcourir pour réduire les délais entre le recrutement et le début de la formation.
L’automne dernier, un rapport de la vérificatrice générale du Canada révélait que seul un Canadien sur 13 ayant postulé en ligne pour s’enrôler dans les Forces armées au cours de la période de vérification de trois ans avait été recruté avec succès. Plus de la moitié (54 %) des candidats, entre 2022 et 2025, s’est retirée volontairement dans les deux mois suivant leur candidature.
« Nous avons encore du chemin à parcourir en matière de post-recrutement et de formation après la formation de base afin d’accélérer le rythme auquel les individus sont formés pour leurs métiers », a déclaré le ministre lundi matin.
Le ministère n’a pas fourni de données sur l’évolution des délais de traitement depuis la publication de ce rapport.


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