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Environ 800 entreprises de la grande région de Québec pourraient être touchées par l’imposition de nouveaux droits de douane américains de 50 % sur une multitude de produits canadiens, selon la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ).
D'après son président et chef de la direction, Frédérik Boisvert, les entreprises exportatrices de la capitale expédient 70 % de leurs marchandises vers les États-Unis. Le secteur manufacturier est de loin le plus touché.
La chance qu’on a dans la [région métropolitaine de recensement de Québec], qui englobe Lévis et Québec, c’est qu’au moins, l’économie est diversifiée, tempère-t-il. On va donc sentir un peu moins les chocs.
Les domaines de l’électronique, du plastique, du meuble, de la literie, du luminaire, ainsi que des machines et de l’équipement industriel figurent parmi les plus vulnérables.

Frédérik Boisvert, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Une escalade avec d’importantes conséquences
En réplique aux nouveaux droits de douane américains, le premier ministre canadien a confirmé que, dès le 8 septembre, le Canada imposera des droits de douane équivalents à ceux de Washington, dollar pour dollar.
Ces contre-tarifs canadiens cibleront principalement des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, l’appareillage ménager, le matériel agricole, la pâte à papier et le papier, ainsi que l’électronique, selon Mark Carney.

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, aux côtés du premier ministre Mark Carney
Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE
Même si l'économie de la RMR de Québec a traversé les précédentes crises sans trop de dommages depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Frédérik Boisvert s'inquiète pour la suite.
À son avis, les répercussions ne toucheront pas seulement les entreprises.
Les consommateurs canadiens et québécois vont se retrouver avec des factures drôlement plus chères que ce qu’on a vu à ce jour, indique-t-il.
Notre pouvoir d’achat va être diminué. Au final, tout le monde perd au change.
Bien qu’il souligne la nécessité de se serrer les coudes, il prévoit un tournant décisif dans nos relations avec les États-Unis.
On entre dans la période la plus chaude de la guerre tarifaire. Ça va être un moment qui va être vital et crucial pour la souveraineté économique de notre pays.
Une réorientation déjà entamée
Le dirigeant de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, qui compte 5 500 membres, assure que le virage des entreprises de la région vers de nouveaux marchés est déjà enclenché.
On voit déjà des investissements importants au niveau de la digitalisation et de la numérisation pour rendre leur produit plus productif et d’accroître la plus-value pour permettre de capter les coûts de transport pour diversifier les marchés, assure M. Boisvert.
Les États-Unis demeurent un marché extrêmement attrayant, mais ça ne peut être notre seul marché [exportateur] parce qu’on devient, comme on le vit maintenant, un comptoir colonial des États-Unis où on peut faire maintenant tout ce qu’on veut avec nous. Ce n’est pas une solution à terme.
Frédérik Boisvert espère maintenant que toute forme d’aide gouvernementale à l’égard des entreprises visera d’abord et avant tout leurs liquidités. Il anticipe également des mesures de soulagement pour le portefeuille des consommateurs.
Des conséquences à moyen et long terme
Bien qu’il ne s’estime pas surpris de la tournure des négociations entre le Canada et les États-Unis, Franck Sergerie, fondateur et président de la distillerie Vice et Vertu établie à Saint-Augustin-de-Desmaures, espérait tout de même qu’une entente soit signée.
Pour nous, qui sommes une microdistillerie distribuée uniquement au Québec pour l’instant, l’impact immédiat est faible. Par contre, les conséquences à moyen et long terme sont assez importantes, souligne-t-il.
Selon lui, le marché des alcools québécois est quand même assez difficile au niveau législatif et fiscal, et l’exportation permet d’assurer la survie des petites entreprises du secteur.
L’homme d’affaires explique que dès 2023, il avait commencé à mettre en place un projet d’exportation vers la Californie. Cependant, avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche l’année suivante, il a préféré attendre et rester prudent.

Donald Trump, prêtant serment lors de son investiture, le 20 janvier 2025. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / MORRY GASH
Ce qui est plus difficile que les tarifs eux-mêmes, c’est l’incertitude.
M. Sergerie s’inquiète donc pour la croissance de son entreprise.
Avec des tarifs à 50 %, c’est certain que le marché américain nous est bloqué puisqu’aucun importateur va choisir d’importer des produits d’un petit distillateur comme nous.
Il espère maintenant que le Québec rejoigne officiellement l'accord pancanadien sur l’alcool, ce qui permettrait tout de même aux producteurs de la province de viser le marché canadien.
Avec les informations de Charlotte Marschall


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