De nouvelles frappes croisées ont touché des cibles énergétiques en Russie et en Ukraine dans la nuit de samedi à dimanche, causant notamment un impressionnant incendie à Saint-Pétersbourg.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:25 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Les frappes continuent en Ukraine et en Russie sur des cibles énergétiques. De nouvelles attaques ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, causant notamment un impressionnant incendie sur un site pétrolier à Saint-Pétersbourg et privant d'électricité des dizaines de milliers de personnes.

Le président américain Donald Trump avait annoncé unilatéralement, dimanche dernier, une trêve énergétique dans ce conflit dévastateur, sans entraîner d'arrêt prolongé des frappes. Alors que les relations entre Washington et Kiev se sont particulièrement tendues ces derniers jours, M. Trump reproche à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de viser les raffineries de pétrole russes, ce qui participe selon lui à l'envolée mondiale des prix du carburant, alimentée également par la guerre en Iran déclenchée par Washington et Israël. Kiev indique mener ces attaques en représailles aux bombardements russes qui dévastent son système énergétique depuis l'offensive russe à grande échelle contre l'Ukraine, en 2022, et avoir pour objectif d'affaiblir la manne des hydrocarbures finançant l'effort de guerre du Kremlin.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des frappes de drones ukrainiennes ont notamment touché le Terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, suscitant d'impressionnants incendies sur ce site, selon les images de journalistes de l'AFP sur place. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié cette attaque de « manifestation d'agonie » : « Le régime de Kiev résiste. Mais cela ne peut changer le cours des événements », a-t-il ajouté, cité par l'agence TASS.

Des drones ukrainiens ont notamment touché le Terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg. Photo Sipa/AP

Des drones ukrainiens ont notamment touché le Terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg. Photo Sipa/AP

« La terrible routine de la guerre »

Après plus de quatre ans et demi de guerre, Galina, une habitante de Saint-Pétersbourg, n'est pas surprise. « Ils frappent, nous frappons, c'est la terrible routine de la guerre », dit cette femme de 58 ans, sans donner son nom de famille.  À ses côtés, son amie Alexandra, 50 ans, estime que ces frappes sont « effrayantes » mais pas « inattendues ». « Mentalement, on est prêts au fait que ça puisse arriver tout près. » Sergueï, 58 ans, déclare lui que sa première réaction a été de se dire que « l'essence allait disparaître des stations-service et qu'il fallait faire le plein ». Cet été, les frappes ukrainiennes ont causé d'importantes pénuries de carburant en Russie.

Selon le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov, une personne a été tuée et cinq autres blessées lors de cette attaque « massive » de drones. Dans la matinée, il a précisé que les pompiers poursuivaient leurs opérations pour éteindre des incendies au Terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg, ainsi que dans le « dépôt pétrolier Routchi » et des « entrepôts industriels » dans le sud de la ville. Le géant du commerce en ligne russe OZON, cible d'attaques ukrainiennes répétées ces derniers mois, a également annoncé qu'un incendie s'était déclenché dans « l'un de ses centres logistiques » touché par un drone à Saint-Pétersbourg.

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Au total pendant la nuit, la défense anti-aérienne russe a abattu 145 drones dans la région de Léningrad, qui entoure la ville du nord-ouest, a rapporté le gouverneur régional Alexandre Drozdenko. Il a précisé qu'environ 20000 personnes étaient privées d'électricité du fait d'incidents techniques causés par ces attaques. D'après l'agence de presse TASS, il s'agit de la plus grande attaque de drones menée contre cette région depuis le début de la guerre, en prenant comme critère le nombre d'engins officiellement abattus.  Au total, le ministère russe de la Défense a affirmé que 1015 drones ukrainiens avaient été neutralisés pendant la nuit de samedi à dimanche au-dessus d'une quinzaine de régions du sud et de l'ouest. Le réseau social russe VK a également fait état d'une attaque de drones sur un centre de données dans la région de Léningrad, assurant que ses services continuaient de fonctionner normalement. Récemment, Kiev a frappé plusieurs sites similaires. 

Des milliers de familles sans électricité

Côté ukrainien, Volodymyr Zelensky a rapporté que des frappes russes avaient visé pendant la nuit des infrastructures électriques dans les régions de Vinnytsia, Jytomyr, Khmelnytsky et Odessa.  « Des dizaines de milliers de familles sont toujours privées d’électricité », a-t-il indiqué dimanche matin sur ses réseaux sociaux. 
Selon M. Zelensky, au moins deux personnes ont été tuées et douze autres blessées, dont deux enfants, lors de ces bombardements.

Ces trois dernières semaines, l'armée russe a repris ses bombardements sur des infrastructures énergétiques ukrainiennes, entraînant d'importantes coupures de courant et faisant craindre un nouvel hiver très éprouvant pour la population.

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