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Guerre en Ukraine. Au moins 13 morts dans des frappes russes, Volodymyr Zelensky réclame le retour de Starlink

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Volodymyr Zelensky a qualifié mercredi de « grosse erreur » la restriction du réseau satellitaire Starlink et a demandé son rétablissement, au lendemain d'une nuit de frappes russes meurtrières. « Des gens vont mourir, bien sûr si les attaques continuent et si Starlink ne fonctionne pas [...]. J'espère vraiment qu'il s'agit d'une erreur, peut-être d'un problème technique majeur, je ne sais pas, mais nous demandons que le service soit rétabli », a déclaré le président ukrainien au journaliste britannique Piers Morgan, en marge d'une visite à Londres.

Selon Serguiï Beskrestnov, conseiller du président, le fonctionnement de certains terminaux de ce réseau appartenant à Elon Musk a été restreint dans la nuit, sans que Kiev en soit informé. Starlink sert sur le front aux communications et à l'interception de drones. Fixées sur certains engins, ses antennes augmentent leur portée et les protègent du brouillage électronique, ce qui leur permet de rester dirigeables jusqu'à leur cible. D'après plusieurs sources ukrainiennes, le signal est désormais coupé dès qu'une antenne dépasse une vitesse d'environ 160 km/h, ce qui complique les missions des drones intercepteurs et les frappes de moyenne portée. Ces restrictions « privent » l'Ukraine de moyens de défense face aux drones à réaction russes, utilisés en masse depuis l'été, a dénoncé M. Beskrestnov.

À Londres, le président ukrainien a été reçu par le roi Charles III, puis par le Premier ministre Andy Burnham. Photo Sipa/Charlie McCaldwell

À Londres, le président ukrainien a été reçu par le roi Charles III, puis par le Premier ministre Andy Burnham. Photo Sipa/Charlie McCaldwell

Des missiles repérés au dernier moment

Kiev craint aussi un relâchement du soutien américain en matière de renseignement, dont elle dépend pour détecter les attaques russes et frapper ses propres cibles. Pour la deuxième nuit consécutive, les autorités ukrainiennes disent n'avoir reçu aucune alerte préalable. Mardi soir, un missile russe a visé une centrale thermique de la capitale sans « aucun avertissement préalable de la part des partenaires », a déploré M. Zelensky. Selon lui, les systèmes ukrainiens n'ont détecté les missiles que lorsqu'ils approchaient déjà de Kiev. La veille, des journalistes avaient constaté que les explosions avaient, fait rare, précédé le déclenchement de l'alerte antiaérienne.

Un haut responsable ukrainien a affirmé, sous couvert d'anonymat, que Washington avait menacé de cesser le partage de renseignements si Kiev ne mettait pas fin à ses frappes contre les raffineries russes. « Il y a déjà eu deux cas où les Américains n'ont pas fourni d'alertes concernant des tirs balistiques russes (...). Et, par-dessus le marché, ils ont restreint la vitesse de Starlink », a-t-il commenté. Il est allé jusqu'à estimer qu'« ils aident la Russie pour une raison ou une autre ». Un responsable américain a assuré de son côté, lui aussi sous couvert d'anonymat, que les États-Unis n'avaient « pas modifié leur politique » en la matière. L'Union européenne dit n'avoir aucune indication d'un arrêt de ce partage, tandis que le Kremlin suit « de près » tout signe d'un changement d'approche à Washington.

600 000 personnes privées d'électricité

Les frappes de la nuit ont fait au moins quatre morts à Kiev, deux dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et un dans celle de Zaporijjia, selon les autorités. Six autres personnes ont été tuées dans la journée par une attaque de drone à Loutsk, dans l'ouest du pays. Sur X, Volodymyr Zelensky a dénoncé des « frappes ciblées de missiles balistiques russes visant spécifiquement les infrastructures énergétiques ». Il a aussi pointé le « mépris ostentatoire » de Moscou envers la trêve énergétique annoncée par surprise dimanche par Donald Trump. Le ministère russe de la Défense affirme avoir visé des centrales thermiques à Kiev et dans ses environs, ainsi que dans la région de Kharkiv (nord-est), « utilisées dans l'intérêt du complexe militaro-industriel » ukrainien.

Moscou accuse en retour Kiev d'avoir violé cette trêve en attaquant mercredi deux raffineries dans les régions de Saratov et de Riazan. Dmytro Lytvyn, conseiller de M. Zelensky, a démenti et assuré que d'autres sites avaient été touchés, « mais pas les raffineries ». La Russie dit avoir abattu plus de 900 drones ukrainiens dans la nuit. La Sberbank, première banque du pays, a indiqué que son centre de données de la région de Saratov avait été visé, sans conséquence sur ses activités.

« Choisir un camp, pas le nôtre »

À Londres, le président ukrainien a été reçu par le roi Charles III, puis par le Premier ministre Andy Burnham. Il a soufflé le chaud et le froid sur sa relation avec Washington. « C'est douloureux de voir le président Trump choisir un camp, pas le nôtre », a-t-il confié à Piers Morgan. Quand le journaliste lui a demandé s'il se sentait trahi, il a répondu « oui ». « Il ne s'agit pas de moi, mais de la survie de mon pays », a-t-il ajouté. À Downing Street, il a pourtant assuré « compter sur le partenariat avec les États-Unis ».

Kiev et ses alliés européens ont été déconcertés par la levée, le week-end dernier, des sanctions américaines sur le diesel russe. Donald Trump s'en est aussi pris vertement à M. Zelensky, allant jusqu'à « suggérer » aux Ukrainiens de se doter « d'un nouveau dirigeant qui puisse parvenir à un accord » de paix avec Moscou. Les Européens se sont toutefois gardés de critiquer frontalement le président américain et ont soutenu son appel à une trêve des frappes sur les installations énergétiques.

Andy Burnham, qui a dit vouloir « réparer les liens » entre les deux dirigeants, a confirmé que Londres allait « accélérer la livraison de missiles de défense aérienne » à l'Ukraine. Le président ukrainien a salué ce soutien. Depuis son arrivée à Downing Street en juillet, le dirigeant travailliste l'a déjà rencontré à deux reprises, en Angleterre et à Kiev.

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