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Guerre en Iran : quels sont les moyens militaires européens déployés vers le Moyen-Orient ?

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Plusieurs pays se sont depuis engagés à renforcer leur présence militaire, tout en insistant sur le caractère «défensif» de leurs déploiements.

Porte-avions, frégates et hélicoptères européens se dirigent vers le Moyen-Orient. Après les frappes conjointes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui ont entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei, Téhéran a riposté en multipliant les attaques dans toute la région. Dimanche 1er mars, pour la première fois depuis le début de l’escalade, une attaque de drones a visé le territoire européen. La base militaire britannique située à Chypre, en Méditerranée orientale, a été touchée par des projectiles téléguidés. Bien que non-membre de l’OTAN, l’île bénéficie de la protection des autres États membres de l’Union Européenne. Plusieurs pays se sont depuis engagés à renforcer leur présence militaire autour de l’île et dans le Golfe, tout en insistant sur le caractère « défensif » de leurs déploiements. Ces moyens étant également destinés à protéger les positions et installations des différents pays européens dans la région.

France : déploiement du Charles-de-Gaulle et renforts aériens

La France a été l’un des premiers pays à annoncer des renforts. Mardi, Emmanuel Macron a confirmé le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, arrivé ce vendredi 6 mars. Il transporte à son bord 20 avions de combat Rafale ainsi que deux avions radar Hawkeye. La frégate multimissions Languedoc doit également rejoindre Chypre, accompagnée de moyens de défense anti-aériens. «Des avions Rafale, des systèmes de défense aérienne et des avions radar embarqués» ont été déployés dans la région, a précisé Emmanuel Macron. Un porte-hélicoptères amphibie a également été envoyé en Méditerranée pour compléter le dispositif des armées françaises, a précisé une porte-parole de l’état-major ce vendredi 6 mars.

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« La France ne fait pas partie de la guerre (…) Elle protège les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban », a nuancé le président français sur son compte Instagram. Selon l’Élysée, ce dispositif pourrait aussi permettre d’organiser, si nécessaire, une évacuation de ressortissants français présents au Moyen-Orient.

Espagne : envoi de la frégate Cristóbal Colón, la plus moderne de sa marine

D’autres pays européens ont annoncé des mesures similaires. L’Espagne, qui avait initialement exprimé son opposition au conflit, a finalement décidé le 3 mars d’envoyer la frégate Cristóbal Colón, la plus moderne de sa marine. Avec plus de 200 membres d’équipage, le navire doit rejoindre le groupe naval du Charles-de-Gaulle et devrait atteindre les côtes de la Crête autour du 10 mars. Madrid continue toutefois de dénoncer l’intervention militaire contre l’Iran, la qualifiant d’acte contraire au droit international. Le gouvernement espagnol présente l’envoi de la frégate comme un «geste de solidarité envers un partenaire européen demandant de l’aide face à une attaque extérieure», a précisé Margarita Robles, ministre de la Défense le 5 mars.

Pays-Bas : participation du HNLMS Evertsen au groupe naval européen

Les Pays-Bas participent également au renforcement militaire. Le ministère néerlandais de la Défense a confirmé l’envoi de la frégate HNLMS Evertsen, destinée à soutenir le groupe naval européen autour du porte-avions français et à protéger les forces alliées contre les menaces de drones et de missiles dans la région.

Italie : systèmes de défense SAMP/T et moyens navals vers Chypre

L’Italie prévoit elle aussi d’envoyer des moyens navals vers Chypre dans les prochains jours. Rome s’est engagée à fournir des systèmes de défense aérienne, antidrones et antimissiles à ses partenaires du Golfe. Selon plusieurs médias italiens, cette aide pourrait inclure le système de défense aérienne SAMP/T, système utilisant des missiles Aster 30 capables d’intercepter avions, drones et missiles à longue distance.

Royaume-Uni : Typhoon, HMS Dragon et hélicoptères Wildcat

Le Royaume-Uni a de son côté annoncé le déploiement en Méditerranée orientale du navire de guerre HMS Dragon, équipé du système de missiles Sea Viper, capable de tirer plusieurs missiles en quelques secondes. Londres prévoit également l’envoi d’hélicoptères Wildcat, armés de missiles Martlet capables d’abattre des drones. Le Premier ministre Keir Starmer a également confirmé le déploiement de quatre avions de combat Typhoon au Qatar.

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Grèce : renforcement des frégates et F-16 autour de Chypre

La Grèce a, elle aussi, renforcé sa présence militaire en envoyant deux frégates, dont sa première frégate FDI HN, la Kimon et quatre avions F-16 vers Chypre.

Bases militaires européennes en soutien aux États-Unis

En parallèle, plusieurs États européens ont accepté que les États-Unis utilisent certaines de leurs bases militaires pour soutenir leurs opérations, tout en imposant des restrictions. Paris a ainsi autorisé l’accueil d’avions américains «de soutien» sur une base du sud-est de la France, mais pas d’appareils destinés au combat.

L’Italie a pris une décision similaire. Ses bases aériennes pourront être utilisées par les États-Unis pour fournir un «soutien logistique» à des «avions non destinés au combat» a indiqué le ministre de la Défense Guido Crosetto. Au Royaume-Uni, le premier ministre britannique Keir Starmer avait d’abord refusé de jouer un rôle dans la guerre, mais a ensuite accepté la demande des États-Unis d’utiliser deux bases militaires britanniques à des «fins défensives spécifiques et limitées». La Grèce a également donné leur feu vert à l’utilisation de sa base navale de Souda, en Crète.

L’Espagne fait cependant exception. Le premier ministre Pedro Sánchez a confirmé que les bases militaires espagnoles ne seraient pas mises à disposition de l’armée américaine. Cette décision a provoqué une vive réaction de Donald Trump, qui a menacé de rompre les relations commerciales avec Madrid.

L’Allemagne adopte pour l’instant une position plus prudente. Le chancelier Friedrich Merz a indiqué que Berlin était prêt à soutenir des «actions défensives nécessaires et proportionnées» face aux ripostes iraniennes. L’utilisation de bases allemandes par les États-Unis a été autorisée, mais aucun déploiement militaire supplémentaire n’a été annoncé à ce stade.

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