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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi en face du consulat américain de Toronto pour dénoncer l’autoritarisme du président américain Donald Trump dans la foulée du mouvement « No Kings ». Au pays, des rassemblements ont aussi eu lieu à Halifax, à Vancouver et à Ottawa.

Un participant à la manifestation « No Kings », le 28 mars 2026 près des Commons, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet
Ces manifestations, organisées pour la troisième fois aux États-Unis depuis juin dernier, ont eu lieu dans la plupart des États américains ainsi que dans d’autres villes des Amériques et d’Europe. Dans les démocraties parlementaires, cet événement porte également le nom de No Tyrants.
Julie Buchanan, présidente de la division torontoise du groupe Democrats Abroad, en a notamment contre la guerre illégale contre l’Iran et ses conséquences. Il l’a déclenchée sans l’approbation du Congrès, ce qui ne respecte pas la Constitution.
Elle a causé des pertes de vies parmi les Américains [...], elle coûte 11 000 $ par seconde en fonds publics et, tout le monde le sait, le prix de l’essence atteint des sommets.

Des manifestations pour dénoncer les excès du président Trump ont été organisées un peu partout aux États-Unis ainsi qu'en Europe et dans d'autres villes des Amériques, dont Toronto.
Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga
Selon Robert Goodman, professeur adjoint de politique et d'administration publique à l’Université métropolitaine de Toronto, ces manifestations de masse sont très importantes, parce que le gouvernement américain actuel n'écoute absolument pas les réactions de la population qu'il prétend gouverner.
Je pense notamment que les slogans tels que "Pas de rois, pas de tyrans" mettent en évidence la manière dont il sape le gouvernement constitutionnel aux États-Unis, porte atteinte à la séparation des pouvoirs, bafoue les droits constitutionnels fondamentaux et tente de bouleverser notre conception de notions aussi fondamentales que la citoyenneté américaine.
À Halifax, la professeure adjointe en sciences politiques à l’Université Dalhousie, Gabrielle Bardall, note que la participation populaire à ces manifestations signifie qu’on n’est pas à l’aise avec ce qui se passe aux États-Unis et dans notre ordre mondial.
Toutes ces attaques sur la démocratie, sur le droit de vote, sur la participation, sur l’immigration, sur différentes libertés civiles, c’est pas seulement limité aux États-Unis. C’est quelque chose qui a beaucoup d’impact sur le Canada et dans beaucoup d’autres pays.
Laurie O’Neal, qui est venue de Hamilton jusqu'à Toronto pour manifester, déplore la façon dont Donald Trumpdébarque dans des pays qui ont du pétrole. Qui sera le prochain? Je veux dire, Cuba? Les menaces envers le Canada? s'interroge-t-elle.
Mme O’Neal désapprouve les décisions unilatérales du président, comme l’imposition de tarifs douaniers, qui ont des répercussions chez nous.
Berverley Ambler brandissait une pancarte pour réclamer le départ du Canada des agents de l’immigration américaine, l’ICE. J’ai appris qu’ils sont ici. Le moins qu’on puisse faire, c’est de réduire leur nombre et les foutre dehors. Nous n’avons pas besoin qu’ils viennent propager la haine ici.
La liste de ses récriminations à l'endroit de Donald Trump est longue, mais c’est le traitement des immigrants qui la touche particulièrement.
À moins que vous ne soyez autochtones, vous venez de l’immigration. C’est important d’avoir de la compassion pour les besoins des autres.

Serge et Nicole Domkowski croient que les Américains ont besoin de soutien à l'étranger pour défendre leurs droits.
Photo : Radio-Canada
En visite pendant la relâche scolaire, Serge et Nicole Domkowski, de l'Oregon, ont participé à la manifestation de Vancouver parce qu'ils n'avaient pas le temps de rentrer à temps. « Nous voulions être certains d'être présents parce que c'est historique», a dit Mme Domkowski.
Nos droits en vertu du premier amendement sont en train d'être démantelés présentement. Il est crucial que nous soyons soutenus, autour du monde, pour transmettre le message que notre pays devient autocratique et que ça fait peur.
Quand les Canadiens se battent pour le Canada, cela nous aide à nous battre aussi aux États-Unis, ajoute son mari. Alors, nous vous disons merci!

L'organisation Democrats Abroad aidait les gens à s'inscrire pour voter à Toronto.
Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga
Democrats Abroad a profité du rassemblement à Toronto pour inciter les Américains qui vivent au Canada à s’inscrire pour pouvoir voter. Julie Buchanan considère que l’enjeu est particulièrement important en vue des élections de mi-mandat.
Robert Goodman, de son côté, estime que le poids des Américains qui votent de l’étranger est variable, selon qu’ils votent dans des États où les résultats ne sont pas serrés ou dans des États changeants.
Je pense que ce ne sera pas une force politique décisive, dit-il, mais cela peut être une force politique importante, surtout à un moment où il faut vraiment que tout le monde se mobilise pour la démocratie aux États-Unis.
Avec les informations de Bienvenu Senga


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