Le pétrole repasse sous la barre des 100 dollars le baril, une baisse de 10% ce lundi tout juste après l'annonce de Donald Trump de discussions avancées avec l'Iran et le report de frappes militaires. Le président américain espère parvenir à la réouverture du détroit d'Ormuz. Si le blocage perdure, le monde pourrait connaître la plus grave crise énergétique des dernières décennies selon l'AIE.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix du gaz ont bondi de 70%. Les pays de l'Union européenne discutent d'abaisser leurs objectifs de stockage pour éviter une ruée sur les marchés.
"On va tenir plus longtemps, mais avec du rationnement"
Quant au pétrole, si l'on peut encore compter sur les barils importés avant le blocage du détroit d'Ormuz, les stocks s'amenuisent dangereusement. Encore deux semaines de paralysie et le prix du baril pourrait dépasser les 150 dollars, estime Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques.
"La crise actuelle sera une crise pétrolière et gazière. Le pétrole est essentiel. Il nous permet de voyager, mais il permet aussi aux marchandises d'être transportées, d'avoir des emballages en plastique. Il va y avoir une inflation bien pire si le détroit reste fermé que ce que l'on a vu en 2021-2022 en Europe".
Le risque d'explosion des prix et de pénuries est donc bien réel. Pour y faire face, la France dispose bien d'une réserve stratégique, 17 millions de tonnes environ : "Un peu plus de 90 jours de consommation, mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que vous n'allez pas les utiliser d'un coup. On va essayer de les utiliser petit à petit. Donc on va tenir plus longtemps, mais avec du rationnement".
Selon l'Agence Internationale de l'Énergie, le blocage du détroit d'Ormuz génère la perte de 11 millions de barils par jour. À titre de comparaison, l'Europe en consomme, en temps normal, plus de 13 millions.


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