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Goldnadel : «La tribune de soutien à Rima Hassan dans l’Humanité, nouvelle incarnation de la gauche mondaine»

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FIGAROVOX/CHRONIQUE - Plus de 200 personnalités ont signé le 5 juillet une tribune dans l’Humanité afin de soutenir Rima Hassan, qui a comparu devant la justice le 7 juillet pour «apologie du terrorisme». Ce type d’initiative est l’une des raisons pour lesquelles le peuple s’est éloigné de la gauche, estime l’avocat.

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il a publié récemment « Vol au-dessus d’un nid de cocus » (Fayard, 2025). Il est également président d’Avocats sans frontières.


Il est des textes qui, par leur outrance même, méritent moins l’indignation que la stupéfaction devant le silence qu’ils suscitent. La tribune publiée par l’Humanité le 5 juillet : «Non au délit de Palestine », en incarne le symbole mondain le plus caricatural.

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Plus de 200 signataires — romanciers, cinéastes, humoristes, universitaires et une ancienne Garde des Sceaux en prime — y présentent Rima Hassan en martyre de la liberté d’expression. Le procédé serait banal, tant notre époque frivole raffole des postures victimaires, si l’objet précis du délit qu’on lui reproche n’était d’une nature si particulière : avoir honoré en 2026, comme figure édifiante, un terroriste (n’en déplaise à M. Mélenchon) qui a froidement assassiné 26 civils — dont 17 pèlerins chrétiens portoricains, un Canadien et neuf Juifs — dans un aéroport israélien en 1972.

Kozo Okamoto n’est pas une abstraction historique lointaine. Il est vivant, réfugié au Liban, où il continue de justifier son crime comme un acte de résistance légitime. Que Rima Hassan l’ait illustré comme viatique moral n’a plus rien de surprenant.

Les signataires de cette tribune font davantage que mettre en cause le 7 octobre du bout des lèvres avant de se pencher longuement sur ses suites sur fond de comparaisons génocidaires obscènes et mensongères.

Gilles-William Godlnadel

Que 200 personnalités aient choisi de la défendre, sans qu’un seul mot, dans leur texte, ne vienne s’arrêter sur ce nom, mérite qu’on s’y attarde. Car ce n’est plus l’ambiguïté coutumière du «en même temps», cette gymnastique artistique qui condamne le 7 octobre du bout des lèvres avant de se pencher longuement sur ses suites sur fond de comparaisons génocidaires obscènes et mensongères. C’est ici un silence plein, un silence choisi, un silence qui vaut approbation. Faut-il en conséquence s’étonner de la présence de certaines signatures ?

⁃ Houria Bouteldja, dont les positions antisémites, à peine niées, sont documentées de longue date. L’une de ses plus récentes déclarations – «un Israélien est consubstantiellement coupable» – n’est pas considérée pour l’heure par notre parquet comme constitutive de diffamation raciale. Je rappelle que la loi y prévoit expressément la diffamation «à raison de la nationalité». Comprenne qui pourra, moi je ne peux pas.

⁃ Taha Bouhafs, régulièrement mis en cause pour des propos de même nature et condamné définitivement pour injure raciale pour avoir traité la policière Linda Kebbab d’«Arabe de service».

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⁃ Béatrice Dalle, qui n’a pas hésité quelques mois plus tôt à afficher publiquement sa confiance en Tariq Ramadan après ses condamnations pour viols en Suisse puis en France.

On ne s’étonnera pas non plus de la présence parmi tout ce beau monde de figures emblématiques, comme Roger Waters et Judith Butler. Le premier, pilier historique du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), a nié sur un plateau de télévision britannique la réalité des violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre, comparé Israël à l’Allemagne nazie et qualifié le sionisme de «tache infâme à faire disparaître» — propos qui ont valu au fondateur des Pink Floyd la rupture de son contrat avec sa maison de disques.

La seconde, philosophe révérée par la gauche woke pour ses études de genre, avait qualifié dès 2006 le Hamas et le Hezbollah de mouvements progressistes appartenant à la gauche mondiale.

Mais c’est la présence de Christiane Taubira au sein de cette liste qui en incarne le symbole le plus éloquent et cohérent. On comprend en effet mieux pourquoi, avec une logique implacable, notre ancienne ministre, qui aura tant marqué notre justice du sceau du laxisme, a refusé d’inclure la traite esclavagiste arabo-islamique, pourtant si cruelle, dans sa loi mémorielle contre l’esclavage. Pour ne pas désespérer la jeunesse des banlieues, avait indiqué L’Express au sujet de cette décision en 2006. Avec la même logique racialiste, madame Taubira ne supporte pas de voir questionner l’immigration invasive au sein de la métropole française. En revanche, elle se plaint de ne plus reconnaître sa Guyane originelle… Détestation de l’Occident, quand tu nous tiens, de Paris jusqu’à Jaffa.

La France Insoumise jouit d’un privilège rouge : elle est peu critiquée par l’audiovisuel public.

Gilles-William Godlnadel

Il est donc établi que la tribune ne défend pas la liberté d’expression générale, mais une famille de pensée précise où la négation du terrorisme antijuif est devenue un exercice banal. Dans le cadre de ce déni insensé, il convient de faire un sort particulier au parti dont Rima Hassan est l’élue encensée. Je redis une nouvelle fois que La France Insoumise jouit d’un privilège rouge que rien ne justifie plus au regard de son comportement antisémite et anti-occidental.

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Mais j’ajoute surtout que ce privilège n’existe qu’au sein de la classe médiatique et artistique : LFI occupe les plateaux, mobilise les tribunes et n’inspire aucun esprit critique au sein de l’audiovisuel public. Mais je constate parallèlement que sondage après sondage, le peuple la rejette avec une constance qui devrait poser question à certaines rédactions.

Jean-Luc Mélenchon reste, de très loin, la personnalité politique la plus rejetée de France ; jusqu’à deux Français sur trois se disent prêts à «faire barrage» à son mouvement, bien davantage que pour le Rassemblement national. Ce privilège indu — cette capacité à occuper l’espace médiatique et intellectuel, sans commune mesure avec son assise réelle — est un signe : le discours de la presse dite progressiste n’imprime plus. Et le peuple s’éloigne de ses fausses élites qui ne l’impressionnent plus. Je mentirais si j’écrivais que je ne m’en réjouis pas.

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