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Gilles-William Goldnadel : «Navi Pillay, une Nobel de la paix en guerre contre Israël»

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FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le prix Nobel de la paix a récompensé la présidente d’une commission de l’ONU dont les membres étaient partiaux contre Israël et ont jugé que l’État hébreu commettait un génocide à Gaza, relève l’avocat et essayiste.

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il est également président d’Avocats sans frontières.


Craignant toujours que mon engagement non contesté en faveur d’Israël ne me fasse perdre quelque crédibilité, je vous laisse, chers lecteurs, seuls juges de ce qui suit. Je suis sur le point d’achever pour les éditions Fayard ma Vérité sur le Mensonge, qui devrait paraître fin novembre. Il s’agit d’un ouvrage consacré aux mensonges politiques en général, notamment sécrétés par l’extrême gauche en majesté (sur le goulag, les camps chinois, les Khmers rouges, l’immigration, le racisme anti-blanc et sur tant d’autres…).

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Un chapitre assez volumineux est consacré à ce que j’appelle « le Grand Mensonge sur Gaza ». Dans ce cadre, mon chapitre 18 est intitulé « Les auteurs de l’escroquerie qui a fait d’Israël le juif des nations ». J’y consacre un passage particulier à la Commission d’enquête internationale indépendante à mandat permanent de l’ONU. Je remarque que c’est la seule commission d’enquête consacrée en permanence à un seul pays et je pense que mon perspicace lecteur devinera duquel il s’agit. À partir de maintenant, je vous cite en première exclusivité mondiale des passages que j’ai écrits au mois de juillet à propos de cette Commission :

« La Commission a été initialement composée de trois membres choisis par le président du Conseil des droits de l’homme en juillet 2021. Examinons-les précisément, parce que ce choix éclaire la suite. Navi Pillay , présidente, juriste sud-africaine née en 1941, ancien haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de 2008 à 2014. Sa période à ce poste a été marquée par des critiques répétées d’Israël dans des termes qui ont conduit, en 2014, plus de 100 membres du Congrès des États-Unis à signer une lettre dénonçant son parti pris et où ils affirmaient que le Conseil des droits de l’homme, sous sa direction, “ne pouvait tout simplement pas être pris au sérieux en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme” tant qu’il enquêtait sur Israël mais pas sur le Hamas. Pillay a été reconduite à la présidence de la commission permanente en 2021 malgré ses antécédents.

« Miloon Kothari, juriste indien né dans les années 1950, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le logement adéquat. C’est lui qui a déclenché, en juillet 2022, le scandale le plus accablant de l’histoire récente du système onusien sur le dossier israélien. Dans une interview publiée le 26 juillet 2022 par le site militant antisioniste Mondoweiss, Kothari a déclaré que “les réseaux sociaux étaient largement contrôlés par le lobby juif”, reprenant un refrain antisémite  classique du XXe siècle. La même interview contestait la légitimité de l’appartenance d’Israël aux Nations unies. Ses propos ont déclenché une réaction immédiate des ambassades d’Israël, américaine et britannique à Genève et le président du Conseil des droits de l’homme, l’Argentin Federico Villegas, a publié une lettre reconnaissant que les propos de Kothari “pourraient raisonnablement être interprétés comme une stigmatisation du peuple juif, ce qui est au cœur de l’expression d’antisémitisme”. La France, elle, n’a pas sourcillé.

La présidente d’une commission d’enquête onusienne sur les droits humains […] a choisi de défendre l’antisémite contre la dénonciation publique de l’antisémitisme.

« Plutôt que de demander la démission de Kothari, plutôt même que de prendre publiquement ses distances avec ces propos antisémites, Pillay a qualifié les protestations israélienne et américaine de “diversions” et de “mensonges”, et affirmé que les propos de Kothari avaient été “délibérément sortis de leur contexte” et “délibérément mal cités”. La présidente d’une commission d’enquête onusienne sur les droits humains, confrontée à des propos antisémites publiquement tenus par un de ses membres et reconnus comme antisémites par le président du Conseil des droits de l’homme  lui-même, a choisi de défendre l’antisémite contre la dénonciation publique de l’antisémitisme. Kothari a fini par présenter des excuses quelques semaines plus tard, mais il a été maintenu dans ses fonctions et a continué de signer les rapports de la Commission jusqu’à sa démission en juillet 2025.

« Chris Sidoti, juriste australien, est le troisième membre. Il s’est illustré par une déclaration de juin 2024 devant l’ONU à Genève qualifiant “l’armée israélienne d’une des armées les plus criminelles au monde” et par une autre de juin 2025 établissant une équivalence entre les otages israéliens détenus par le Hamas et ceux qu’il appelait les “otages” palestiniens, c’est-à-dire les prisonniers palestiniens condamnés par la justice israélienne pour des faits de terrorisme … Trois membres : une présidente qui défend les propos antisémites de son collègue, un membre qui tient effectivement des propos antisémites publics, un troisième membre qui qualifie l’armée israélienne d’une des plus criminelles du monde et établit l’équivalence morale otages-prisonniers. Voilà l’équipe qui a jugé Israël pendant quatre années, de 2021 à 2025. »

À lire aussi Gilles-William Goldnadel : « L’école est devenue le laboratoire d’une guerre civile de basse intensité »

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Enfin, j’écrivais que cette Commission très impartiale « conclut le 16 septembre 2025 qu’Israël a commis un génocide  contre le peuple palestinien à Gaza et qu’il poursuit ce génocide ». Ce sont ces conclusions pestilentielles qui se sont répandues dans le monde et ont transformé un mensonge en mythe fantasmatique universel. À part cela, Navi Pillay était déjà connue pour avoir considéré que les caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo étaient « irresponsables et délibérément provocatrices » et pour avoir montré toute son indulgence pour le régime communiste chinois.

Et voilà que, vendredi 9 octobre 2026, j’apprenais que Navi Pillay, « l’inlassable avocate de la justice internationale » selon Le Monde, en guerre contre l’État juif selon moi, avait reçu le prix Nobel de la paix.

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