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ANALYSE - En tant que deuxième économie européenne, sans qui l’union monétaire ne pourrait fonctionner, notre pays a longtemps bénéficié d’une mansuétude toute particulière des marchés financiers. Mais ce temps est révolu.
Les mots et les chiffres. La France est l’homme malade de la zone euro. La formule fait florès, et les marchés financiers la quantifient avec une précision diabolique. Aujourd’hui, les prêteurs exigent un taux d’intérêt de 4,85 % pour acheter une OAT à 10 ans, l’obligation assimilable du Trésor français, contre seulement 3,48 % pour le Bund allemand à 10 ans, le titre de dette équivalent de l’État allemand, qui constitue la référence dans l’Union européenne. Le « spread », l’écart de rendement entre les emprunts des deux premières économies de l’UE atteint 137 points de base (1,37 %), alors qu’il n’était que de 80 points le 31 août, il y a un mois et demi.
La dégradation est rapide, considérable et lourde de conséquences. Comme le rappelait le week-end dernier David Amiel, le ministre des Comptes publics, 1 % de taux d’intérêt supplémentaire représente à terme une charge de 36 milliards d’euros en plus. Le calcul est simple : alors que la dette publique atteint un en-cours 3 595,5 milliards…


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