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Climat de crise au sein de l'Arizona. Les représentants des partis qui constituent la majorité fédérale se sont quittés, ce dimanche 11 octobre, sans l'ombre d'un accord budgétaire. Les mines étaient sombres à la sortie des négociations. Pas une once d'optimisme ne ressortait de ce conseil des ministres restreint.
Le chef du gouvernement, Bart De Wever (N-VA), a donc dû se résoudre à reporter son discours face à la Chambre, le traditionnel "state of the union", prévu initialement ce mardi. Quand le prononcera-t-il ? Le flou reste total. Pour les membres de l'Arizona, il y a un véritable problème qui les empêche d'avancer et il a un nom : Georges-Louis Bouchez.
Dès samedi, Maxime Prévot regrettait la position ferme du président du MR sur la TVA, qui mettait des bâtons dans les roues des négociateurs. Ce lundi, le député centriste Ismaël Nuino abondait dans le sens de son ancien président : "On a un parti qui décide de dire qu'il ne commence pas à négocier tant que n'a pas été retiré ce qui lui déplaît", a fustigé l'élu, au micro de La Première. "Malheureusement, on ne peut pas négocier en ayant un partenaire qui demande d'avoir deux goals d'avance." M. Nuino a taxé d'" irresponsable" le comportement des libéraux, au vu de "la crise" dans laquelle se trouve actuellement le pays. "Si l'on ne prend pas de mesures maintenant, on va se retrouver dans une situation bien plus complexe dans les mois qui suivent", a-t-il mis en garde.
Même son de cloche du côté du CD & V. Sammy Mahdi n'a pas mâché ses mots sur l'attitude des libéraux autour de la table. "Le MR cherche à s'assurer un avantage indu, ce qui est injuste", a tancé le président du CD & V. "Chaque parti a ses sensibilités. Si chacun décide d'avance des sujets qu'il refuse d'aborder, alors nous ne pourrons plus discuter de rien." Il a également appelé à éviter "le scénario de la vivaldiisation", consistant "à reporter les réformes ou à abaisser le seuil des 10 milliards d'euros".
Georges-Louis Bouchez persiste et signe
Le principal intéressé n'a pas semblé affecté par ces attaques. Au contraire, Georges-Louis Bouchez en a profité pour réinsister sur sa ligne rouge, jouant de cette position "seul contre tous" : "Je suis et je l'admets, un problème pour ceux qui veulent faire la vieille politique à l'ancienne, à savoir taxer toujours plus, ce qui nous a conduit dans la situation actuelle, au contraire des pays qui ont baissé l'impôt pour plus de création de richesses. Je propose un modèle qui est plus adapté à nos défis : baisse de la dépense publique, baisse des impôts pour plus de croissance économique et de bien-être collectif", a répondu le leader libéral. "M'insulter, m'attaquer, me pointer du doigt ne changera rien à la réalité de notre monde. Mes convictions sont chevillées au corps au même titre que l'intérêt de mon pays."
Et Bart De Wever dans tout ça ?
Dans la presse, on n'est toutefois pas d'accord avec ceux qui tentent de mettre toute la responsabilité de cet échec sur le dos du président du MR : "C'est trop simpliste", tranche Bart Eeckhout dans De Morgen. "Cette analyse arrange bien trop bien beaucoup de monde. On perçoit presque le soulagement au sein de la coalition, car le libéral francophone a une fois de plus accepté d'endosser la responsabilité. Mais le problème n'est-il pas que, ces dernières semaines, on s'est davantage concentré sur la recherche d'un bouc émissaire que sur la recherche d'une solution ?" L'éditorialiste a été plus loin en ciblant directement le chef du gouvernement, estimant qu'il aurait dû prendre les devants : "Bart De Wever n'est pas le premier à devoir diriger un gouvernement de coalition. Il n'est pas le premier à devoir gérer une importante période d'austérité. Il est cependant le premier à devoir retourner au Parlement les mains vides à deux reprises."
Le Soir estime aussi qu'il faut "s'interroger sur la méthode" du locataire du 16 "qui trébuche deux fois sur la même pierre". "Le président du MR crie son opposition aux hausses de TVA depuis un an, pour ne pas les ajouter à ses promesses non tenues de hausses du pouvoir d'achat. N'eût-il pas été préférable, pour le Premier ministre, de contourner cet obstacle plutôt que de s'obstiner dans les propositions successives ?", questionne Bernard Demonty dans son édito.
"Pour l'instant, l'Arizona ne parvient pas à prendre des mesures structurelles pour assainir le budget", constate Het Nieuwsblad. "C'est pourtant la mission historique qui lui incombe. Continuer comme aujourd'hui en espérant obtenir un résultat différent n'a guère de sens. De Wever doit associer tout le monde aux discussions. Bouchez également. Il doit déployer tous les moyens possibles. Sinon, le gouvernement Arizona n'aura plus de raison d'être."
Dans La Libre, François Mathieu estime que la situation est "affligeante". "L'Arizona, pour le moment, nous promet bien un choc. Mais pas le choc de confiance attendu ; ce serait même plutôt son contraire."
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