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La Ville de Gaspé veut déterminer une fois pour toutes si l’ajout de canons à neige à la station de ski Mont-Béchervaise va affecter les réserves d’eau potable pour les résidents du secteur.
Elle va ainsi mettre à jour des études qui ont été réalisées ces dernières années et demander une expertise hydrogéologique au privé.

Canons à neige au Mont-Orford
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Depuis quelques saisons, la montagne est touchée par le manque de précipitations et l'absence de neige artificielle retarde l'ouverture de la station et menace sa rentabilité. L'an dernier, la station n'a pu ouvrir avant le 14 février.
La pression commence à être forte sur la municipalité, reconnaît d’entrée de jeu le maire.
Cet hiver, on a quand même une saison de ski, mais dans une qualité plutôt moyenne, parce qu’il n’y a pas beaucoup de neige, donc de temps en temps il y a une roche qui sort sur les pistes et on s’en fait beaucoup parler par la population et les utilisateurs de la nécessité d’avoir des canons à neige, explique Daniel Côté.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, est conscient des enjeux causés par l'absence de canons à neige et qui affectent la rentabilité du centre de ski.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
La grande inconnue demeure l’impact sur la nappe phréatique et les puits artésiens des résidents avoisinants du quartier Wakeham, qui ne sont pas branchés, pour la majorité, sur le réseau d’aqueduc.
C’est ça qu’on doit évaluer. Si on fait des bassins de rétention pour retenir de l’eau de pluie et de neige qui fond sur les flancs de montagne, est-ce que ça a un impact sur la nappe phréatique des résidences?
Un comité citoyen s'est formé mercredi dernier et travaille en collaboration avec la ville pour évaluer la faisabilité technique, mais aussi les retombées économiques de l’ajout de canons à neige.
Et cette année, même si les pistes sont accessibles depuis le 3 janvier, le manque de neige a forcé l'annulation d'une compétition régionale de ski alpin qui devait se tenir en fin de semaine et qui a été déplacée à Val-d'Irène.
Des retombées économiques perdues pour les hôtels, motels et restaurants du centre-ville qui n’ont pu accueillir les skieurs et leurs familles provenant des clubs du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie.
On a parlé à des commerçants qui sont passés de pleins à presque vides quand on a dû annuler la course, mais ça, on doit le mesurer pour avoir un impact concret et s'asseoir avec la municipalité et les bailleurs de fonds pour dire, regardez, c’est ça qu’on perd.

L'entraîneur pour le club alpin de compétition du Mont-Béchervaise, Martin Boulay, considère, comme la Ville, que la priorité est d'évaluer la faisabilité technique de canons à neige, avant d'estimer quel investissement serait nécessaire.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Le comité citoyen est ainsi au diapason avec la municipalité. La priorité demeure d’évaluer une fois pour toutes la faisabilité technique et la consommation d’eau nécessaire pour des canons à neige.
Les deux premières phases d’étude, ce qu’on a vu, c’est que la partie rétention de l’eau et l’enneigement, c’est possible, mais là on veut aller à l’étape suivante, soit de voir si les nappes phréatiques le permettent et quel débit d’eau on pourrait avoir, mais il ne faut pas oublier que l’enneigement artificiel, c’est en décembre, à partir de janvier, on n'enneige plus, remet en perspective l’entraîneur bénévole et homme d'affaires Martin Boulay.
Ce comité s’inspire du succès de la station voisine Pin-Rouge, dont les canons à neige permettent d’étirer la saison et d’assurer l’ouverture tout juste à temps pour les Fêtes.
La ville n'a pas encore évalué quel budget serait consacré à la réalisation de ces études techniques et hydrogéologiques.


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