NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Mais qui sont-ils donc, sous leur Stetson et dans leurs bottes ? Mais… mais… mais ? N’est-ce pas Gab Bouchard qui attaque la diligence ? Et ces quatre-là, on dirait des Dalton québécois : ce sont les lascars de Classe Moyenne, groupe de l’heure dans le genre inclassable et hilare, anges du poitrail chatouillé qui talonnent presque le tandem à pois d’Angine de Poitrine. Et là, là, là ! En tête d’affiche de ce cinquième grand corral de LASSO Montréal, qui voilà ? Gare aux éperons de la foule trop excitée de cow-boys et cow-girls qui va galoper au parc Jean-Drapeau dimanche, en finale du festival de deux jours le plus à l’est du Far West : ce sera la famille de Mumford & Sons qui se la jouera country.
Avouons un certain étonnement, voire une stupéfaction sans doute liée à la tendance naturelle au classement des espèces dans le catalogue de faune’n’roll. Mumford & Sons, ces Londoniens d’origine, sont étiquetés depuis une bonne décennie en tant que bande folk-rock, non ? Ils ne se seraient pas trompés d’événement ? Audrey Johnson, la programmatrice de LASSO, nous voit venir avec notre Colt 45 en joue. « Mumford & Sons, on peut argumenter qu’en fait, ils ont toujours eu une portion country dans leur équation. C’est le côté inclusif de l’appellation “americana”, qui désigne toutes les musiques de racines de l’Amérique. Avec la popularité grandissante du country, des artistes comme Mumford & Sons peuvent revendiquer le genre, c’est même dans leur intérêt de faire partie de cette mouvance. »
Elle pousse plus loin sa réflexion : « Plus il y a de gens qui s’intéressent au country, plus il y a de variantes. C’est la beauté de la musique en général. En 2026, avec la démocratisation de l’accès à la musique, à travers les services d’écoute en continu, on voit émerger des styles qui, autrefois, étaient vraiment spécifiques et nichés. Ça fait en sorte qu’il y a des croisements qu’on n’aurait probablement jamais vus avant. »
Classe Moyenne pour tout le monde
Elle ne nomme pas Classe Moyenne, mais c’est tout comme. Elle a non seulement attrapé cette année l’indéfinissable équipe dans son LASSO, mais leur a donné la plus grande scène du parc, la même que Mumford. Qui plus est, le plus country des gars de Classe Moyenne, Zach Chico, se produira aussi le deuxième jour, sur la scène… moyenne (il y a aussi une scène plus modeste, sous chapiteau). C’est peu de dire que Zach est heureux. Doublement. « Un rêve exaucé avec une grosse cerise sur le sundæ. »
Classe Moyenne est l’improbable, sympathique et irrésistible projet de Benjamin Nadeau, producteur et réalisateur. « Et génie aux mille idées », ajoute Zach Chico, admiratif. Le collectif a d’abord existé pour le plaisir dans un sous-sol de La Prairie, entre les participations à La voix et autres concours populaires. Un phénomène de contagion numérique s’est produit à leur premier disque : des millions de clics ont cliqueté. Leur chanson-thème s’est propagée à vitesse grand V : « On s’appelle Classe Moyenne / Les Colocs c’était déjà pris / On a la phobie de la trentaine / Est-ce qu’on peut profiter de la vie ? » Ce ton-là, avec des couplets de chanson folk-rock full québ’, mais aussi en anglais au second degré, ainsi que du rap, du reggae, de la chanson pop et… du country. Zach rigole en entendant la liste. « On essaie tout, et souvent, ça s’intègre. Faut juste être très ouverts ! »
La chorale à l’unisson
Ce qui unit tout ça, c’est la chorale à l’unisson dans les refrains. On a l’impression qu’il y a foule dans le sous-sol, que c’est ouvert au public. En écoutant ça chez soi, on entonne ces lignes à pêche qui accrochent. « Encore une idée géniale de Benji ! On appelle ça des “gang vocals” : chorale inclusive qui fait que le monde a juste envie de participer. C’est la transposition sur disque de ce qu’on aime dans les festivals, dans les shows, dans les soirées “autour du feu” [titre d’une chanson]. »
Zach, certes ravi, n’est pas tant surpris par l’effet produit : ça répond à un besoin. « Les gens “cravent” ça de plus en plus. Gens de tous âges. Toute cette technologie qui nous a kidnappés au téléphone cellulaire, à tous les écrans, en plus de la pandémie qui nous a confinés, je pense qu’on vit une réaction à tout ça, un appel à la collectivité, un mouvement de gang qui veut vivre un exutoire ensemble. Ça a juste été un bon adon avec Classe Moyenne d’ouvrir les portes. » De l’International de montgolfières à LASSO, de la chanson pop au country, ce groupe sans limites a désormais ses entrées partout.
Le retour de Léa Jarry
Le country s’insinue de toutes les façons. Léa Jarry, qui était en 2022 de la première édition de LASSO, revient avec un spectacle plus long, promue à la scène intermédiaire, forte d’une autre qualité de base du monde country : la fidélité. « LASSO n’est pas si différent de Saint-Tite, au fond. Ce sont des gens qui ont à cœur les artistes, à long terme. Le country, ça t’adopte. » Elle n’est pas née dedans, justement. « Mes parents écoutaient beaucoup de musique. J’ai entendu du jazz, du québécois, Jean Leloup, Lynda Lemay, parfois, ma mère se lançait dans du Usher, System Of A Down… Vraiment éclectique. Mais jamais country. Je suis tombée là-dessus parce qu’un jour, j’ai vu un clip de Carrie Underwood à la télé. Je descendais les postes pour me rendre aux Simpsons et je me suis retrouvée à CMT et c’était elle. C’est venu me chercher. »
Études en chant jusqu’à l’université, bagage de musicienne, elle a été choriste professionnelle, c’était son plan de match. « J’ai fait ça parce que je ne voulais jamais me retrouver en situation d’infériorité par rapport aux musiciens qui allaient m’accompagner. Je voulais savoir où on était rendus dans la partition. » Six albums plus tard, elle le sait plus que jamais. Un peu comme Taylor Swift, son country a été nourri de pop et même de dance. La chanson-titre de Foraine contient des guitares et des synthés. « Comme elle, j’imagine, j’écoute tous les styles de musique. Dans le country, quand j’ai commencé, il y avait une orthodoxie. Une seule bonne façon. Mais je pense qu’il y a de plus en plus de liberté d’action, on le voit à LASSO, la possibilité de mêler des styles en gardant une base country. La première réaction est souvent déstabilisante, mais à la fin, on accepte entièrement l’artiste. Mon souhait, c’est qu’on dise : c’est une toune de Léa Jarry. »


5 hour_ago
44



























.jpg)






French (CA)