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Les organisateurs du festival de rue Salsa on St. Clair menacent d’annuler le festival si la Ville de Toronto et son service de police ne rendent pas de comptes concernant la fusillade survenue samedi, qui a fait deux morts.
Dans un communiqué publié mardi soir, TLN Media Group déclare qu’il était exaspérant de voir des responsables rester sur les lieux du crime et banaliser les fusillades de masse.
À moins que les représentants de la Ville prennent des engagements concrets pour renforcer la présence policière et la sécurité sur l’avenue St. Clair et aux alentours, nous mettrons fin à notre participation, écrit l’organisation.
Nous refusons d’exposer nos membres, amis, clients et partenaires communautaires à des situations où les responsables de la prévention du crime et de la sécurité publique refusent d’agir face aux appels de la communauté à de meilleures pratiques.
Salsa on St. Clair est un événement annuel qui célèbre la culture, la gastronomie et la musique latines depuis 2005.

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Photo : La Presse canadienne / Keito Newman
Samedi, deux hommes ont été tués et cinq autres blessés lors d’une fusillade survenue à l’intersection de l’avenue St. Clair Ouest et de l’avenue Arlington. Aucun suspect n’a été arrêté en lien avec la fusillade.
Le festival a été annulé pour dimanche.

Dans son communiqué, TLN Media Group a remercié la police de Toronto pour sa réponse « rapide et massive » à l’incident. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Keito Newman
Selon l’organisation, les publications sur les réseaux sociaux signalant des groupes de personnes cherchant les ennuis lors de récents festivals de rue à Toronto auraient dû alerter les autorités.
Les responsables municipaux étaient, ou auraient dû être, au courant de ces signes avant-coureurs, soutient TLN Media Group. Il leur incombe de donner aux forces de l’ordre les moyens de déployer les ressources nécessaires pour répondre à de telles menaces avant qu’elles dégénèrent en crimes.
La Ville s’engage à revoir son approche
Dans une déclaration à CBC News, le porte-parole de la Ville, Pat Tobin, a affirmé que Toronto demeure déterminée à collaborer avec la police, les organisateurs de festivals et les partenaires communautaires afin d’assurer la sécurité lors des festivals de rue.
La sécurité des résidents, des visiteurs et des participants est une priorité absolue.
M. Tobin souligne que la Ville a augmenté le financement des festivals au cours des cinq dernières années. Le nombre de festivals bénéficiant d’un soutien a augmenté de 281 %, et le montant total des subventions, de 103 %, selon lui.
La Ville a également investi plus de 5 millions de dollars dans la sécurité des jeunes, la prévention de la violence et le bien-être communautaire dans l’espoir de s’attaquer aux causes profondes de la violence, indique M. Tobin.
À l’avenir, la Ville s’engage à revoir son approche en matière de festivals, assure-t-il. Elle soutiendra la création d’une association des festivals de Toronto afin de renforcer la sécurité publique en aidant les organisateurs d’événements à adopter les meilleures pratiques en matière de sécurité et de durabilité.
Le festival ne serait plus nécessaire
Le festival Salsa on St. Clair avait été lancé en collaboration avec la zone d’amélioration commerciale (BIA) de Hillcrest Village à Toronto afin de contribuer à la revitalisation d’une artère commerciale importante abritant de nombreux restaurants latino-américains réputés.
Interrogée, la présidente de l’organisation, Heather Hannah, affirme ne pas avoir reçu la déclaration de TLN Media Group avant sa publication en ligne.
Il n’y a personne à blâmer, si ce n’est ceux qui sont venus armés.
La nature même d’un festival de rue ne permet pas d’exercer un contrôle plus strict que celui déjà en place, car il est impossible de faire entrer les gens par une barrière et un détecteur de métaux et de fouiller tous leurs sacs, soutient-elle en ajoutant que le BIA envisageait déjà la fin du festival.

Au lendemain de la fusillade, les piétons étaient de retour sur l’avenue St. Clair Ouest à Toronto. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Nous avons en quelque sorte dépassé le stade où ce festival de rue était nécessaire. Il est devenu superflu pour affirmer notre identité. Nous sommes une destination à part entière, insiste la présidente. Cela n’en vaut pas la peine. Cela ne vaut pas les efforts supplémentaires. Cela ne vaut pas l’argent. À l’époque, il avait son utilité. Mais ce quartier a changé.
Mme Hannah se dit toutefois d’accord pour qu’une étude plus approfondie soit menée afin de sécuriser les festivals de rue.
Avec les informations de Gabriela Silva Ponte, de CBC News


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