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Frexit : 54 % des Français voteraient pour quitter l’Union européenne

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Les Français veulent la porte de sortie, les partis regardent ailleurs et l’Union garde les clés.

Le chiffre mérite mieux que le silence. Il ne provient pas d’un montage diffusé sur les réseaux sociaux, mais de la série d’enquêtes Eupinions, projet de la fondation allemande Bertelsmann. La question posée aux personnes interrogées est simple : « Imaginez qu’un référendum vous permette de décider si votre pays reste membre de l’Union européenne. Comment voteriez-vous ? » En France, une majorité répondrait : dehors.

Il faut être précis. Il s’agit d’une réponse à un référendum hypothétique, pas d’un scrutin organisé demain matin avec urnes, bulletins et résultats officiels. La donnée française appartient à une vaste série européenne recueillie chaque trimestre par Nira Data, pondérée selon l’âge, le sexe et les régions. Mais cela n’enlève rien au constat : sur cette question, la France apparaît comme le pays le plus eurosceptique parmi ceux étudiés.

Absolument énorme.
54% des Français testés sont pour la sortie de l’UE : sondage publié par la Fondation Roi Beaudouin.
✅La volonté de sortir de l’UE est majoritaire.
Aucun média n’en parle !
L’union des souverainistes peut faire un carton pour la prochaine élection… pic.twitter.com/ObBosAILxF

— Philippe Murer 🇫🇷 (@PhilippeMurer) August 31, 2026

La France veut sortir, le Parlement veut approfondir

Le fossé est presque comique. D’un côté, 54 % des Français qui disent vouloir reprendre leur liberté politique. De l’autre, une classe dirigeante qui ne débat plus que de la meilleure manière de renforcer Bruxelles, mutualiser les dettes, coordonner les armées et élargir les compétences européennes.

Bruno Le Maire avait déjà esquissé son petit rêve continental : une union à six avec Constitution, capitale, armée et dette commune. Bref, l’Europe des peuples, à condition que les peuples évitent de répondre quand on leur demande leur avis. Son projet d’UERSS ressemblait déjà à une centralisation par le haut, servie comme une nécessité historique.

Le résultat français n’est pas un accident isolé. En Islande, les électeurs viennent de refuser à 52,5 % la simple réouverture de négociations d’adhésion. Ils ne votaient même pas une sortie de l’Union, puisque leur pays n’en est pas membre. Ils disaient seulement qu’ils préféraient conserver leurs ressources, leurs eaux et leur capacité à décider sans demander l’autorisation à Bruxelles.



Le Frexit, sujet absent malgré une majorité

La Fondation Roi Baudouin note que la part d’Européens prêts à voter pour la sortie de leur pays est passée de 29 % en 2015 à 39 % aujourd’hui. La Belgique atteint 40 %. La France monte à 54 %.

Voilà sans doute le point le plus embarrassant : aucun parti parlementaire ne transforme cette attente en proposition centrale. Le Frexit demeure donc une opinion mesurée, mais sans bulletin, sans campagne et sans porte-parole doté d’une tribune nationale. La démocratie européenne adore les citoyens, surtout lorsqu’ils donnent la réponse attendue.

Les Français ne demandent pas un nouveau slogan sur « l’Europe qui protège ». Ils semblent réclamer le droit de choisir eux-mêmes qui décide des lois, des frontières, de la monnaie, de l’agriculture et des traités. Bruxelles appelle cela de l’euroscepticisme. Beaucoup y voient simplement le retour de la souveraineté.

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