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Fête de la Reine : ouvrir son commerce ou non, un choix à double tranchant?

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Les commerces de détail sont maintenant autorisés à ouvrir leurs portes lors de la fête de la Reine et du jour de la Famille. D’un côté, on considère cette possibilité comme une bonne chose alors que, de l’autre, on voit plutôt cela comme un faux choix.

Le règlement sur les fermetures obligatoires lors des jours fériés dans le commerce de détail ne s’appliquait pas à certains types de magasins ni à la ville de Toronto.

Les changements à la Loi sur les jours fériés dans le commerce de détail permettent désormais à tous les détaillants de la province de rester ouverts.

Le gouvernement ontarien souhaite ainsi offrir plus de choix et de commodité aux consommateurs, tout en donnant aux employés la possibilité d’accepter des quarts de travail supplémentaires.

Plus de flexibilité

Le Conseil canadien du commerce de détail salue toute décision qui donne plus de flexibilité aux détaillants dans leurs opérations.

Selon Francis Mailly, vice-président aux affaires publiques pour l’organisme, les détaillants sont les mieux placés pour décider de rester ouverts ou non, en fonction de leur clientèle et de leurs ressources.

Pour certains, il y a une certaine pression [à ouvrir] qui peut venir de la compétition [...], mais il faut garder en tête que, pour d’autres c’est l’inverse, ça peut donner une opportunité, dit-il.

Ça donne davantage un marché équitable pour tous.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, est du même avis.

Les consommateurs dépensent moins en général […] donc s’il y a une opportunité de plus de faire des ventes, c’est une opportunité de plus pour les commerçants pour augmenter leur chiffre d’affaires, insiste-t-il.

Il fait valoir que du côté des consommateurs, c’est aussi une bonne nouvelle. Quand on est en congé, souvent on en profite pour magasiner, note-t-il.

Ce dernier encourage les commerçants à organiser un événement spécial ou à offrir certains rabais afin d’engager avec la clientèle ces journées-là. À la journée de la Famille, par exemple, il y a peut-être une possibilité de marketing à saisir et ça peut permettre de bonifier les ventes, croit-il.

Le premier Simons de Toronto a ouvert ses portes au centre d'achat Yorkdale.

Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, fait valoir que du côté des consommateurs, c’est aussi une bonne nouvelle. (Photo d’archives)

Photo : The Canadian Press / Cole Burston

M. Guénette souligne par ailleurs que cet ajout est une option intéressante pour les travailleurs à temps partiel, comme les étudiants, de travailler plus.

Robert Sysak, directeur de la zone d’amélioration commerciale (BIA) de West Queen West, craint pour sa part que la plupart des commerces restent ouverts, même s’ils ne veulent pas.

Si ton voisin est ouvert, et que tout le monde autour est ouvert, tu n’as pas vraiment le choix, croit-il.

Ce sont des temps étranges, incertains, entre les guerres, les tarifs douaniers et tout le reste, alors c’est une période difficile pour les entreprises. C’est dur de ne pas vouloir ces heures supplémentaires, peut-être pour gagner un peu plus d’argent, ajoute-t-il.

Ça va devenir comme les dimanches

Puisque l’ouverture est optionnelle, les protections des employés et leurs primes salariales sont maintenues selon les normes d’emploi.

Oui, [les travailleurs] seront payés à temps et demi, mais les amis et la famille, ça compte aussi, lance, Robert Sysak.

Ça va devenir comme les dimanches. Au début, tu n’étais pas obligé de travailler, puis c’est devenu normalisé et tout le monde a fini par travailler, soutient-il, faisant référence au fait qu’avant 1992, les magasins de détail ne pouvaient pas ouvrir le dimanche, en Ontario. Désormais, seuls les employés embauchés avant le 4 septembre 2001 ont le droit de refuser de travailler le jour du Seigneur.

Je pense que, culturellement, on est poussés à travailler 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

C’est excellent pour le dynamisme, c’est important, mais à quel moment est-ce que ça devient trop?, questionne-t-il.

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