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Faudrait-il réviser le pourcentage de la population de langue officielle minoritaire qui sert à déterminer l'obligation linguistique des municipalités au Nouveau-Brunswick?
Michel Doucet, expert en droits linguistiques, Shirley MacLean, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, et Nicole Arseneau Sluyter, présidente de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), ont discuté de cette question au cours d’une table ronde diffusée lundi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie, à l’occasion de la campagne électorale municipale.
La Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick stipule qu’une municipalité dont la population de langue officielle minoritaire atteint au moins 20 % de la population totale est tenue d’adopter et de publier ses arrêtés dans les deux langues officielles et d'offrir des services et des communications bilingues.

Le juriste Michel Doucet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Il serait pertinent de revoir ce pourcentage à la hausse, selon Michel Doucet.
Avec la réforme des municipalités et de la gouvernance qui a été faite, le jumelage de certaines municipalités, je crois qu’aujourd’hui il devrait y avoir une étude approfondie pour regarder effectivement ce pourcentage-là. Peut-être que 25 % serait aujourd’hui mieux adapté à la réalité, dit-il.
Un changement possible
Le Comité permanent des langues officielles du Nouveau-Brunswick mène une révision de la Loi sur les langues officielles et des recommandations du rapport de la révision de 2021 rédigé par la juge Yvette Finn et par John McLaughlin. Il est possible que le Comité se penche sur le taux de 20 %, selon Shirley MacLean.
Je pense que la révision va être basée pas mal sur le rapport Finn-McLaughlin, qui est déjà soumis, mais, à mon avis, selon la motion devant l’Assemblée, je pense que tout est dans l’assiette. C’est une question importante parce que, depuis la révision et depuis le rapport Finn-McLaughlin, la réforme municipale a eu lieu, explique Shirley MacLean.

La commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Michel Doucet offre une recommandation aux municipalités francophones. Mais même si on le mettait à 25 %, je crois que nos municipalités francophones doivent [...] reconnaître l’importance d’intervenir au niveau de la langue pour préserver ce caractère francophone, dit-il.
Les conseils municipaux devraient aussi pouvoir compter sur l’appui du gouvernement dans ces démarches d’assurer l’espace francophone dans leur municipalité, par exemple au niveau de l’affichage, ajoute M. Doucet.

Nicole Arseneau Sluyter, présidente de la SANB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
Tous les francophones ont aussi un rôle à jouer pour contrer le déclin de leur langue dans la province, selon la présidente de la SANB. Elle estime qu'il faut en faire plus, peu importe le pourcentage.
Il faut être plus visibles partout dans nos communautés. Il faut en faire plus pour arrêter ce déclin-là. Il faut que le français auprès de jeunes devienne cool, de parler français. C’est notre responsabilité à chacun de nous, pas seulement au gouvernement, souligne Nicole Arseneau Sluyter.
Les Néo-Brunswickois sont appelés aux urnes le 11 mai pour élire les représentants des gouvernements locaux, des comités consultatifs de district rural et des conseils d'éducation de district.


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