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Fanuza Kadirova, l’éclair russe de la Charge d’Ottawa

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En pleine finale de la Coupe Walter, l’attaquante russe Fanuza Kadirova prend le temps de nous accorder une entrevue entre deux matchs importants, à l’hôtel de la Charge d’Ottawa.

Son visage s’illumine lorsque l’auteur de ces lignes lui lance un привет как дела « Salut, comment ça va? » dans sa langue maternelle, héritage d’un voyage à Sotchi il y a longtemps déjà.

L’attaquante, toujours en apprentissage de l’anglais et hésitante à le parler, accepte de répondre à quelques questions seulement, avec l’aide d’une application de traduction. La Charge a sélectionné la joueuse avec son tout dernier choix l'an dernier.

Je n'avais pas regardé aussi loin au repêchage, explique Kadirova. Je suis reconnaissante que ce soit cette équipe en particulier qui m'ait choisie!

Une joueuse de hockey fait une feinte pendant un entraînement.

La Russe Fanuza Kadirova est comme un poisson dans l'eau à Ottawa, même si elle maîtrise toujours très peu l'anglais.

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

L'éclair russe est rapidement devenu une favorite de la foule de la Place TD et du Centre Canadian Tire cette année, après avoir récolté 10 buts en 28 rencontres, parmi les meilleures marqueuses de la Ligue professionnelle de hockey féminin.

On ne peut pas mal jouer quand on a plus de 10 000 partisans qui nous appuient, s’exclame l’athlète. Ça m'inspire! Il faut que je dise merci aux fans!

Fanuza Kadirova lève le poing droit alors qu'elle patine en s'éloignant de la gardienne de but contre qui elle vient de marquer.

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Regardez le reportage de Charles Lalande.

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

Les partisans ont développé un grand sentiment d'affection envers l’attaquante, grâce à ses prouesses offensives, mais aussi en raison de sa personnalité attachante et des efforts qu’elle déploie pour communiquer avec eux.

Fanuza Kadirova célèbre un but avec ses coéquipières de la Charge.

La Charge d'Ottawa a jeté son dévolu sur Fanuza Kadirova au repêchage 2025 de la LPHF. Alors âgée de 27 ans, elle a quitté la Russie pour le Canada. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

J'aime interagir avec eux! J'essaie de répondre quand ils m’écrivent des messages. C'est ce qui m'apporte de la joie, poursuit-elle, toujours embarrassée de s’exprimer en anglais.

C'est dur pour moi! J'ai l'impression de mettre tout le monde mal à l'aise, dit-elle, gênée, quelques mois après son arrivée dans la capitale.

Le hockey est notre langue. C'est facile sur la glace, nous faisons des jeux et, comme c'est une excellente joueuse, elle est capable de les réaliser.

Elle vous a dit qu’elle est gênée? Je lui parle en anglais et elle fait un excellent travail, s’exclame sa coéquipière et cochambreuse Kate Reilly.

On traduit un mot de temps en temps, mais on se comprend. Hier, par contre, j’ai tenté de lui parler d’un film qu’elle ne connaissait pas en anglais… c’était une idée terrible, rigole la jeune défenseuse.

Une joueuse accroche le bâton de son adversaire pendant un match professionnel.

La défenseuse Kate Reilly (8) tente de stopper Elle Hartje (4) des Sirens de New York.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Malgré la barrière de la langue, Kadirova s’est fait des amies partout au sein de la Charge. Ses coéquipières ont d’ailleurs souligné son anniversaire il y a quelques semaines en imitant la coiffure qu’elle porte sur la glace, avec les cheveux qui sortent des deux côtés de son casque.

Elle a beaucoup de personnalité! C'est vraiment plaisant de voir ça ressortir, surtout quand elle devient plus à l'aise avec nous... c'est une coéquipière adorable, ajoute Reilly, précisant qu’elle admire les efforts de la Russe alors qu’elle tente elle-même de s’exprimer en français en public. Je ne peux même imaginer ce que c’est pour elle!

Des joueuses de hockey professionnelles prennent une photo d'équipe.

Les coéquipières de Kadirova lui ont démontré leur affection en se coiffant à sa manière lors d'un entraînement le jour de sa fête, en avril dernier. La Russe est la troisième à partir de la droite dans la première rangée.

Photo : Charge d'Ottawa / LPHF

Cet été, je vais m'efforcer d'apprendre l'anglais à 100 %, promet Kadirova.

Une tentative de coup de circuit en fin de repêchage

Quand la Charge d’Ottawa a sélectionné Fanuza Kadirova au repêchage de la Ligue professionnelle de hockey féminin l’an dernier, beaucoup de monde a sourcillé.

Pourquoi l’équipe misait-elle un choix de 6e tour pour une attaquante russe de 27 ans alors que les autres formations se tournaient vers de jeunes espoirs de la NCAA?

Je donne beaucoup de crédit à notre groupe de recrutement parce que, pour être honnête, il n'y avait pas beaucoup de chances de la voir! Elle jouait en Russie et il y avait très peu de vidéos d’elle, explique le directeur général Mike Hirshfeld sur la trouvaille de la Charge.

Le directeur général de la Charge, Mike Hirshfeld.

Mike Hirshfeld est le directeur général de la Charge depuis les débuts de la franchise. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

L’attaquante a récolté 10 buts et 2 passes en 28 rencontres à sa première saison en Amérique du Nord, en plus d’ajouter 5 points en 6 rencontres depuis le début des séries. Elle aurait pu en marquer plusieurs autres, mais a été volée à quelques occasions par Ann-Renée Desbiens contre la Victoire de Montréal, surtout dans le premier match perdu 2-1 en prolongation.

[Mel Davidson et Jordan Colliton] ont vu ses compétences, la qualité de son patin et l'athlétisme qu’il faut pour jouer dans cette ligue. Au sixième tour, c'était tout à fait logique de tenter notre chance avec elle, ajoute Hirshfeld.

Logique peut-être près d’un an plus tard, mais une tentative de coup de circuit à l’époque. À preuve, l’équipe avait mis la main sur Anna Shokhina au 13e rang. Elle n’a compté qu’un but en 12 rencontres à Ottawa avant d’être échangée aux Goldeneyes de Vancouver, où elle a terminé avec seulement 5 points en 28 matchs.

Des qualités à la tonne

Les entraîneurs et les coéquipières n’ont que de bons mots pour la redoutable attaquante.

C’est une joueuse qui aime le jeu physique, qui a de la vitesse et adore lancer au filet, souligne l’entraîneuse-chef Carla MacLeod pour expliquer pourquoi Kadirova a eu du succès rapidement dans la LPHF.

Elle a tellement de talent! Elle est incroyablement douée offensivement. Ses mouvements et certains des lancers qu'elle réussit à faufiler sont vraiment impressionnants.

Carla MacLeod en conférence de presse.

Carla MacLeod dirigera la finale de la LPHF quelques mois après avoir annoncé qu'elle devait traiter un cancer. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

C'est une excellente joueuse et je le savais avant qu'elle n'arrive ici, précise la défenseuse Ronja Savolainen, qui l’a affronté dans l’uniforme de la Finlande face à la Russie. Elle est incroyable et une grande partie de nos succès. Je suis heureuse de l’avoir avec moi maintenant!

Deux hockeyeuses veulent la possession de la rondelle près d'une gardienne.

Ronja Savolainen (no 88), Laura Stacey (no 7) et Gwyneth Philips (no 33)

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Malgré son âge un peu plus avancé pour la LPHF, l’équipe croit qu’elle pourra terroriser les gardiennes adverses pendant encore un bon moment. C'est une joueuse incroyable et elle correspond parfaitement à la Charge d'Ottawa, soutient Savolainen.

Toutes nos joueuses se sont ralliées autour d'elle et l'ont mise à l'aise à Ottawa. C'est tout à l'honneur de notre groupe de leaders, ajoute Hirshfeld. Je pense qu'elle se sent chez elle, ce qui est génial. Et elle travaille fort sur son anglais!

Fanuza Kadirova lève le poing droit alors qu'elle patine en s'éloignant de la gardienne de but contre qui elle vient de marquer.

Fanuza Kadirova, de la Charge d'Ottawa, marque en tirs de barrage aux dépens de la gardienne du Fleet de Boston, Aerin Frankel, lors d'un match de la Ligue professionnelle de hockey féminin disputé le 11 janvier 2026 au Centre Scotiabank, à Halifax. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

En attendant, elle a l’occasion de mettre la main sur la Coupe Walter à sa première année en Amérique du Nord, un scénario auquel elle n’aurait osé rêver il y a peu de temps encore.

C’est ma première année, c’est inattendu. Mais, je le veux aussi, j’y rêve. Nous avons notre destin entre les mains , s’exclame Kadirova avec l’aide de Google Translate. Un rêve qu’elle compte bien transformer en réalité au cours des prochains jours contre la Victoire, malgré un retard de 0-2 dans la série.

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