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Deuxième épisode de notre série consacrée aux grands faits divers dans l’Orne. En 1919, une femme est tuée avec une corde à animaux, entre Flers et Argentan (Orne).
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Par Maureen Marie Publié le 19 juil. 2026 à 5h18
Tout au long de l’été, L’Orne Combattante/actu.fr vous replonge dans les faits divers qui ont marqué le département l’Orne à travers une série spéciale. Avec son accord, les faits relayés sont issus des ouvrages de Jean-François Miniac, auteur de plusieurs livres sur les affaires criminelles locales.
Le deuxième épisode est consacré au meurtre d’une femme à l’aide d’une « longe à bestiaux ». Les faits remontent à novembre 1919, aux Yveteaux, village situé entre Flers et Argentan.
Tuée avec « une longe à bestiaux »
« Ce jour-là, le matin, des voisins constatent qu’une habitante veuve n’a pas pris l’assiette de soupe déposée une heure auparavant devant son domicile. Après des appels restés sans réponse, quatre des voisins pénètrent par effraction au domicile de la vieille dame », décrit Jean-François Miniac dans son ouvrage.
La scène est macabre. « Ils la découvrent étendue au bas de l’escalier, morte. Son cadavre porte des traces de violences, ses mains et ses poignets sont ensanglantés, sa figure est tuméfiée. Surtout, les visiteurs remarquent au cou de la femme une trace violacée. »
Visiblement, des traces de strangulation subie avec un objet laissé sur place. « Une longe à bestiaux qui se trouve encore attachée, autour du cou, nœud ouvert. » Sa disposition exclut d’emblée la thèse du suicide.
Les soupçons se tournent vers son cousin
Qui pouvait bien en vouloir à cette vieille dame ? « Dès l’ouverture de l’enquête, les soupçons se posent sur un vagabond ruiné couchant de grange en grange, précédé d’une réputation de violence, de haine, de méchanceté et de mauvaise foi, un sinistre personnage redouté dans le pays. » Il s’agit du cousin de la victime.
D’ailleurs, la longe est formellement reconnue comme lui appartenant, tout comme un bouchon de carafe qui retient l’attention des enquêteurs.
« On apprend que le lendemain du crime, le suspect a offert secrètement une rasade de gnole à une femme, pour la remercier d’une hospitalité ancienne. L’eau-de-vie provenait d’une bouteille volatilisée chez la victime. »
Arrêté et incarcéré, l’homme ne manque d’idées… « Il suppose que le bouchon, la poire et la longe ont été déposés au greffe de la maison d’arrêt. Aussi, quand se prépare une évasion à la prison d’Argentan où il est incarcéré, il demande à ses codétenus de faire disparaître ces pièces à conviction compromettantes. »
L’homme de 74 ans nie en bloc
« Cris, gesticulations, coups de poing sur la barre, rien ne manque à la fête dans cette salle d’audience en ce vendredi 7 mai 1920. »
Bien que l’accusé de 74 ans nie farouchement avoir été présent aux Yveteaux le jour du crime, des témoins déclarent qu’ils l’ont vu à proximité de la maison quelques jours plus tôt. « Je ne suis pas coupable, nom de Dieu de bon Dieu ! Je suis aussi innocent que vous, monsieur le président ! »
« Difficilement, dans une plaidoirie nuancée, l’avocat, à défaut d’avoir la certitude de la culpabilité de son client, demande aux jurés de ne pas oser le condamner », raconte Jean-François Miniac.
Le verdict tombe. « L’avis de l’avocat n’est pas suivi par le jury, qui reconnaît coupable l’assassin tout en lui accordant le bénéfice des circonstances atténuantes. Dans leur grande mansuétude, les jurés épargnent à l’accusé les travaux forcés, en raison de son grand âge. Finalement, l’homme est condamné à la peine de réclusion maximale, soit 20 ans. »
L’intégralité de cette affaire est à lire dans Les Grandes affaires criminelles de l’Orne – Jean-François Miniac, page 127.
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