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«Faites gaffe à la mousse» : à Crans-Montana, les dangers du plafond du Constellation pointés du doigt dès 2019

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Par Ambre Lepoivre

Le 6 janvier 2026 à 10h33

 le départ de feu filmé

Lors du réveillon du Nouvel An, il y a 6 ans, un serveur du bar a dû tempérer les élans des fêtards qui agitaient des «feux de Bengale» bougies incandescentes à proximité de la mousse du plafond. La scène, filmée par une cliente, révèle que le danger était identifié de longue date.

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Le drame survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2026 au Constellation était-il couru d’avance ? C’est à tout le moins ce que laisse penser une courte vidéo exhumée du Nouvel An 2020 et révélée par la chaîne suisse RTS. Les images sont filmées par une cliente du bar et rendent compte de l’inquiétude d’un serveur à cause des «feux de Bengale», engin pyrotechnique aujourd’hui mis en cause dans le récent incendie qui a fait 40 morts, dont 9 Français.

«Faites gaffe à la mousse !», crie le jeune homme aux fêtards qui agitent les bouteilles surmontées des «feux de Bengale» qui crépitent. Ces fusées lumineuses frôlent le plafond du Constellation, recouvert d’une protection phonique en mousse. «Je me rappelle, on était très proche du plafond et c’est même pour ça que le serveur a fait ce commentaire: “faites gaffe à la mousse, faites gaffe à la mousse”. Parce que je pense qu’en tant qu’adulte, il réalisait qu’il y avait peut-être un risque», confie à nos confrères suisses la cliente à l’origine de la vidéo.

Lire le dossier Incendie mortel en Suisse : nos articles sur le drame de Crans-Montana

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Ce 1er janvier, alors que la fête battait son plein, la même scène s’est déroulée mais elle s’est, cette fois-ci, soldée par un drame. Vers 1h30 du matin, les étincelles des «feux de Bengale» ont fini par enflammer la mousse, prenant au piège les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes. «Le départ du feu est lié à l’usage de “fontaines” (autre appellation, NDLR). Il s’agit de corps non métallique contenant une composition pyrotechnique produisant des étincelles et des flammes. Les premiers témoignages recueillis font mention d’un feu qui s’est propagé rapidement, générant beaucoup de fumée et une grande vague de chaleur. Tout se serait déroulé très vite», a confirmé la police cantonale dans un communiqué dimanche.

Les normes de sécurité questionnées

Ces images attestent que la conscience d’un danger entre l’utilisation de ces engins pyrotechniques et le revêtement du plafond de la salle existait de longue date. «Cette vidéo montre la négligence de l’exploitant et une culture du risque inconsidéré», a réagi ce mardi Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana, lors d’une conférence de presse. Pour autant, aucune modification n’a été faite pour atténuer le risque. «C’était assez festif, donc oui on pouvait monter sur les épaules, on pouvait monter sur les tables avec les bougies scintillantes. On les portait souvent en l’air pour bien montrer la bouteille. Ça aurait aussi pu arriver que ce soit moi qui mette le feu au plafond», confie un ex-employé à la RTS.

Les deux gérants du Constellation, Jacques et Jessica Moretti, sont visés par une enquête pour «homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence». Le respect des normes anti-incendie est questionné depuis leur reprise de l’établissement en 2015 et les travaux d’ampleur effectués. Les investigations devront déterminer s’ils ont manqué à leurs obligations. Les témoignages des rescapés du sinistre font déjà état de leurs grandes difficultés à s’extirper du chaos face à la propagation rapide des flammes et aux sorties de secours complexes à trouver. Selon plusieurs ex-employés du bar qui se sont confiés à BFMTV, l’une des sorties de secours était «fermée à clé» et les employés avaient «interdiction» de l’ouvrir. Ils ont dû emprunter les escaliers «très étroits» pour quitter le sous-sol.

Jacques Moretti, originaire de Corse, et sa compagne ont été laissés libre le temps de l’enquête. «Actuellement, il n’y a aucun soupçon que les prévenus veuillent se soustraire à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite», a indiqué la police.

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