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La Ville de Matane a amorcé mardi une série de rencontres individuelles avec les propriétaires du secteur de Matane-sur-Mer, alors que l’érosion menace de plus en plus les berges du quartier.
Au total, 181 propriétés sont touchées par ce processus de consultation. Selon Jérôme Caron, directeur du service du génie et de l’environnement à la Ville de Matane, 60 rendez-vous ont déjà été pris par des riverains souhaitant discuter de la situation avec les représentants municipaux.
On entend beaucoup de bons commentaires et d’excellentes questions. Je suis étonné de voir à quel point les gens sont informés dans ce dossier.
Pour le moment, aucune solution ne semble faire consensus parmi les citoyens rencontrés. Présentement, il n’y a aucune des options qui pointe vraiment à l’horizon, précise M. Caron.

La décision finale du conseil municipal pourrait être annoncée au cours de l’été ou au début de l’automne, selon Jérôme Caron.
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellet
Les rencontres, d’une durée d’environ 30 minutes, permettent aux propriétaires de poser leurs questions, d’exprimer leurs préoccupations et de mentionner quelle solution ils privilégieraient dans un contexte idéal. La possibilité de combiner plusieurs solutions n’est pas envisagée.
Les scénarios à l'étude
Le ministère de la Sécurité publique propose trois scénarios pour protéger le secteur, dont les coûts varient entre 38 et 89 M$ :
- déplacer les 70 résidences situées directement sur la rive, avec une indemnisation pouvant atteindre 385 000 $, et réaliser des travaux d’enrochement ciblés ;
- construire un mur de protection de 7,2 mètres le long de la berge ;
- installer un enrochement de type « riprap », c’est-à-dire étendre des pierres sur une plus grande surface pour protéger la rive.
Des résidents divisés
Si les citoyens semblent apprécier l’approche individuelle privilégiée par la Ville, leurs préférences quant aux solutions à adopter varient considérablement.
Pour Raymond Giguère et sa conjointe, qui ont acheté leur maison en 2022 pour y passer leur retraite, le déplacement est la seule option acceptable.

Raymond Giguère et sa conjointe ont acheté leur maison en 2022 pensant pouvoir profiter du bord de la mer.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Ils refusent de voir leur terrain transformé par un mur d’enrochement qui bloquerait l’accès à leur cour et à leur porte-patio.
Monet Boudreau partage ce point de vue. Selon lui, l’intérêt de rester disparaît si l’accès à la plage devient impossible à cause d’un enrochement.

Monet Boudreau est résident de Matane-sur-Mer depuis plusieurs années. Accompagné de son ami Dany Moren, il pense que le déplacement est la meilleure option.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
À l’inverse, d’autres résidents souhaitent rester dans leur maison coûte que coûte.
C’est notamment le cas de Romain Michaud, qui préférerait une solution de recharge de plage, plutôt qu’un enrochement. Cette approche permettrait selon lui de conserver l’usage du terrain et l’accès à la mer.

L’idée d’un déménagement inquiète particulièrement Romain Michaud.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
À 65 ans, il craint de devoir contracter une nouvelle hypothèque et se montre sceptique quant aux garanties d’achat offertes par le gouvernement.
Pour Chantal Lemieux, la position est encore plus tranchée : peu importe la décision finale, elle refusera de quitter sa maison.

Chantal Lemieux est catégorique.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Des décisions attendues
À la suite de ces consultations, la Ville de Matane analysera les commentaires recueillis et préparera un rapport de participation publique et d’acceptabilité sociale destiné au conseil municipal.
Ce document doit être remis aux élus au début du mois de mai.
Parallèlement, le ministère de la Sécurité publique doit transmettre à la Municipalité une liste des résidences jugées en situation de risque imminent.
La décision finale du conseil municipal pourrait être annoncée au cours de l’été ou au début de l’automne, selon Jérôme Caron.
On comprend que c’est une situation difficile pour les citoyens. Ce sont des décisions importantes, avec des impacts majeurs sur leur milieu de vie et sur les finances publiques. Il faut donc prendre le temps de prendre une décision éclairée, conclut-il.


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