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L’entreprise Sungro a déposé une demande de zonage pour développer des tourbières à Sainte-Marie-Saint-Raphaël, dans la Péninsule acadienne. Un groupe citoyen s’oppose au projet, qui doit être soumis au vote du conseil municipal d'ici un peu plus d'une semaine.
Vers la fin de l'été dernier, un projet de développement de tourbières de l'entreprise Sungro au bout de la rue Paulin, à Sainte-Marie-Saint-Raphaël, a donné naissance à un nouveau regroupement : le Collectif citoyens île de Lamèque - Protégeons notre île.
La demande de changements au zonage au bout de la rue Paulin a pour but de permettre à Sungro de faire un bassin de sédimentation.
Des élus tiraillés
La demande de changement de zone pour permettre le développement de tourbières sera débattue et soumise au vote des élus municipaux à la réunion publique du 20 octobre.

La mairesse d'Île-de-Lamèque, Colette Plourde. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / René Landry
S'ils ne peuvent pas faire un bassin, ils vont drainer la tourbière d'une autre façon, indique la mairesse d'Île-de-Lamèque, Colette Plourde. Ils la sèchent avec des genres de pompes. C'est plus difficile à contrôler et c'est sûr que c'est moins bon pour l'environnement.
Je ne sais pas de quel côté le vote va aller.
La mairesse d'Île-de-Lamèque reconnaît que les élus municipaux sont tiraillés.
Si on dit non, ça va aller de l'avant pareil, croit-elle. Mais, si on dit oui, on va avoir des citoyens qui vont être frustrés. On reste ambigus. Honnêtement, les conseillers n'en parlent pas trop d'ici là parce qu'il y a beaucoup de pression d'un petit peu partout.
Colette Plourde admet qu'elle pense également aux 22 emplois que l'entreprise fait miroiter.
Et avec la situation à la coopérative des pêcheurs, on dirait qu'on est tiraillés de tous les côtés, ajoute-t-elle. On a la communauté à cœur et on comprend complètement les deux côtés.
Une pétition à l'Hôtel de Ville
Le noyau dur du nouveau regroupement, le Collectif citoyens île de Lamèque - Protégeons notre île, est composé d'une dizaine de personnes, mais il croit pouvoir rallier la majorité des résidents de Sainte-Marie-Saint-Raphaël.

Norma Aubut et un groupe de résidents de Sainte-Marie-Saint-Raphaël tiennent à protéger l'île de Lamèque.
Photo : Gracieuseté
La porte-parole du groupe, Norma Aubut, n'est pas peu fière de la pétition s'opposant au projet, qui vient d'être remise à la Municipalité.
Sur un total de 467 signatures que nous avons récoltés, il y en a 410 qui sont vraiment de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, précise-t-elle. Ça représente 57 % des personnes qui ont 20 ans et plus dans la communauté.
On essaie de sensibiliser la population, insiste-t-elle. On continue de véhiculer de l'information. On dit aux gens de s'informer, de prendre connaissance de l'arrêté de zonage. Parce qu'une fois qu'il est adopté, il l'est pour plusieurs années.
Le charme de l'île
Déjà, dans la communauté voisine de Cap-Bateau, des citoyens inquiets pour l'environnement se sont mobilisés au sein du groupe Protégeons nos tourbières Cap-Bateau pour s'opposer à un projet de Scotts Canada d'exploiter une nouvelle tourbière.

Daniel Ferron est un chef de file du regroupement Protégeons nos tourbières de Cap-Bateau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
La mairesse d'Île-de-Lamèque souligne que les tourbières, tout comme les côtes, font partie de ce qui distingue sa région.
Île-de-Lamèque a un cachet spécial parce que c'est une île, croit Colette Plourde. On est un peu différents des autres. C'est un peu ce qui crée notre charme.


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