Pendant plus de quatre ans, Sylvie Delezenne n’a rien su de la soumission chimique dont elle a été victime ce jour d’avril 2015, lors d’un entretien d’embauche dans l’un des centres névralgiques du pouvoir à Paris: le Ministère de la culture. Elle est l’une des 191 victimes parties civiles dans l’affaire Christian Nègre, du nom de ce haut fonctionnaire ancien directeur des ressources humaines du ministère.
Sylvie raconte avoir subi le même rituel que les autres victimes: tout commence comme un entretien d’embauche classique. Elle est reçue par Christian Nègre dans une salle de réunion de la rue de Valois. Il lui propose un café. Puis ils montent au quatrième étage, où se trouve le distributeur de boissons du service des ressources humaines. «Il a fait mon café, qu’il n’a eu en main que quelques secondes», explique-t-elle. «Et pourtant, il a réussi, devant les collègues qui étaient là, à y glisser un diurétique.»


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