Le bilan du Verbier Festival a la couleur des grands étés: celle des voyants au vert, des jauges pleines et d’une dynamique financière au sommet. Vingt-sept concerts joués à guichets fermés et quelque 50 000 spectateurs accueillis. L’événement a bouclé sa 33ᵉ édition le 2 août et, pourtant, au détour des concerts, un nom en particulier suscite la curiosité. Le dimanche 26 juillet, l’église de la station accueillait des Rencontres inédites organisées par le festival. L’inédit, ce jour-là, tenait autant dans l’assemblage de circonstance réunissant la fine fleur des virtuoses de la scène internationale que dans la confrontation audacieuse du programme: un face-à-face entre le Quatuor en sol mineur de Johannes Brahms, figure tutélaire du romantisme allemand, et le Quintette pour piano et cordes N° 2 en mi-bémol mineur d’Igor Raykhelson, un compositeur contemporain.
Sur le site du festival, une ligne l’annonçait sobrement: concert «présenté par Bahrain Titanium». Voilà désormais trois éditions que la manifestation valaisanne «explore» le répertoire de ce compositeur – une mise en lumière qui coïncide avec l’apparition de ce sponsor bahreïni, inexistant avant 2024. Le rapprochement n’a rien de fortuit: derrière cette société se profile une usine en construction, à un coût estimé à 200 millions de dollars, au Moyen-Orient et dont le président n’est autre que le compositeur à l’affiche.


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