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Examen NCLEX-RN : la SANB et la FÉCUM ont retiré leur poursuite

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Le bras de fer judiciaire portant sur le controversé examen NCLEX-RN, que doivent réussir les infirmières néo-brunswickoises pour accéder à la profession, est terminé. C’est la fin d’une lutte acrimonieuse qui durait depuis plusieurs années.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) ainsi que la Fédération étudiante du Campus universitaire de Moncton (FÉCUM) ont retiré leur poursuite civile contre l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. (aujourd’hui nommée l’Ordre de la pratique infirmière du Nouveau-Brunswick).

Ce développement important s’est produit en août 2025, il y a près d’un an. Il était complètement passé sous le radar jusqu’à ce que l’Acadie Nouvelle en parle dans un reportage publié mardi.

Le directeur général de la FÉCUM, Pierre Losier, explique que la poursuite a notamment été retirée parce que la situation a changé depuis le dépôt de la poursuite, en 2018.

Dans la foulée de l’adoption de l’examen NCLEX-RN au Nouveau-Brunswick, en 2015, un gouffre s’est ouvert entre le taux de réussite des candidates francophones et celui des candidates anglophones.

L’écart s’est rétréci depuis, d’après des données de l’Ordre, citées dans un rapport récent du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

La poursuite n’a plus sa raison d’être, explique Pierre Losier en entrevue.

Le taux de réussite des candidates de l’Université de Moncton est de 95 %, tandis que celui des candidates de l’Université du Nouveau-Brunswick est de 98 %. On ignore toutefois combien de diplômées de l’Université de Moncton choisissent de passer l’examen en anglais.

Ali Chaisson

Ali Chaisson, directeur général de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, le 13 novembre 2025 peu avant une audience en Cour suprême du Canada. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Le directeur général de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Ali Chaisson explique que d’autres facteurs ont pesé dans la balance, notamment la question financière.

Il rappelle que le litige durait depuis 2018 et qu’il avançait lentement et que les frais juridiques s’accumulaient. Si la SANB avait décidé de poursuivre ses démarches, cela aurait pu durer pendant des années et menacer la santé financière de l’organisation.

Un moment donné, on doit quand même admettre qu’on a des responsabilités envers nos membres, nos structures d’agir en diligence. Quand tu vois les frais d’avocats monter et que tu vois que le truc n’avance pas, tu as quand même une décision à prendre, dit Ali Chaisson entrevue.

Dans un courriel, sa conseillère principale en communications, Jennifer Whitehead, affirme que l’organisation est heureuse de voir que cette affaire est terminée et demeure engagée à appuyer les étudiants francophones à réussir l’examen d’entrée à la profession NCLEX-RN.

Dix ans de controverses liées à l’examen NCLEX-RN

Le National Council Licensure Examination, alias le NCLEX-RN est un examen d’entrée à la profession en ligne conçu aux États-Unis. Il est utilisé par la plupart des ordres professionnels au Canada et aux États-Unis.

Il a été adopté en 2015 par l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB). Une décision qui a soulevé un tollé au sein de la communauté francophone.

La qualité de la version française de l’examen a fait l’objet de débats, tout comme le fait qu’il existait beaucoup moins de matériel préparatoire – comme des banques de questions – en français qu’en anglais.

En 2018, la SANB et la FÉCUM ont intenté une poursuite civile contre l’AIINB en argumentant que l’adoption de cet examen violait les droits linguistiques des francophones. Leur démarches n’a toutefois jamais vraiment pu prendre son envol.

En 2020, le juge Jean-Paul Ouellette a tranché que ces organismes ne peuvent pas intervenir dans le dossier parce qu’ils ne sont pas directement touchés par l’examen NCLEX-RN.

La SANB et la FÉCUM ont porté cette décision en appel. En 2021, la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick a annulé la décision du juge Ouellette et renvoyé les parties à la case départ.

La Cour d’appel n’a toutefois pas tranché la question de la qualité d’agir de la SANB et de la FÉCUM. Elle s’est contentée d’ordonner qu’un autre juge se penche là-dessus et rende une nouvelle décision.

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