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Cette semaine, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et ses alliés ont attaqué des positions contrôlées par l'armée fédérale éthiopienne dans le nord du pays. Ils ont notamment pris le contrôle de trois aéroports. Quelques jours plus tôt, le TPLF et d'autres groupes armés se sont engagés à renverser le gouvernement. Le déclenchement de combats sur plusieurs fronts, mardi 22 septembre, alimente les craintes autour d'une nouvelle guerre civile.
Les Forces de défense nationales éthiopiennes (FDNE) ont riposté. Jeudi 24 septembre, elles ont affirmé avoir tué 272 «soldats ennemis», en avoir capturé 260 et avoir saisi des armes et d'autres équipements militaires. «Actuellement, l'armée évalue la situation de l'ennemi et lance des contre-attaques soigneusement planifiées à partir des positions militaires clés qu'elle détient», précise l'armée éthiopienne dans un communiqué. Les autorités n'ont fait état d'aucune perte dans les rangs des forces gouvernementales.
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Entre 1991 et 2018, le parti tigréen a dirigé l'Éthiopie au sein d'une coalition. La guerre civile, qui s'est déroulée de 2020 à 2022, a opposé le TPLF à l'armée fédérale, faisant plus d'un demi-million de victimes. Les parties ont signé l'accord de paix de Pretoria en 2022, mais depuis les combats ont repris.
Au cours des douze derniers mois, les tensions se sont intensifiées entre les deux camps. Aujourd'hui, l'accord semble avoir volé en éclats. «Nous sommes pratiquement revenus au mode de guerre d'avant Pretoria», alerte Hassan Khannenje, directeur de l'Institut international d'études stratégiques HORN à Nairobi, dans les colonnes du Washington Post.
Appels à la désescalade
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à «la cessation immédiate de toutes les actions susceptibles d'aggraver encore les tensions». Selon lui, l'accord de Pretoria, négocié par l'UA, «reste la pierre angulaire d'une paix, d'une stabilité et d'une réconciliation durables en Éthiopie». L'Union européenne (UE) demande, elle aussi, une «désescalade immédiate».
En 2022, Tesfaye Hailay a fui l'Éthiopie pour se réfugier au Kenya. Revenu il y a deux ans, il craint désormais de devoir fuir une seconde fois. «La situation est très difficile, explique-t-il depuis le Tigré. Ils ont suspendu les vols, et nous craignons que les services Internet et de télécommunications soient également interrompus.»
Certaines personnes commencent à faire des réserves de nourriture, mais beaucoup n'en ont pas les moyens. «Nous avons connu une guerre il y a quelques années, et les ressources économiques de nombreuses personnes étaient déjà épuisées à l'époque, ajoute-t-il. Nous n'avons pas les moyens d'en subir une autre.»
Violation des droits civils et atteinte à la démocratie
Le conflit a débuté sous la forme d'une lutte politique entre le TPLF et le premier ministre Abiy Ahmed, à la tête du gouvernement depuis 2018. Il s'est ensuite transformé en un conflit ethnique. Abiy Ahmed, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2019 pour son rôle dans la résolution du conflit entre l'Éthiopie et l'Érythrée, est accusé de violer les droits de l'homme et les droits civils, et de revenir sur les avancées démocratiques du pays.
«Notre armée poursuivra son combat pour garantir la protection des droits, de la sécurité, de la souveraineté et de la survie de notre peuple, précise le TPLF dans un communiqué. Nos concitoyens, qu'ils se trouvent à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, seront invités à se rallier à notre courageuse armée.» Tesfaye Hailay confirme que les jeunes sont appelés à rejoindre les rangs des rebelles. Toutefois, beaucoup ne sont pas intéressés par la guerre, estimant que les différends peuvent se résoudre par le dialogue.
Depuis 2022, Addis-Abeba a renforcé sa position, s'assurant le soutien de nouveaux alliés au Moyen-Orient et dans le golfe Persique, notamment en matière de drones et d'équipements militaires. Toutefois, l'alliance du TPLF et d'autres groupes armés hostiles aux autorités constitue une menace importante.
«Ils estiment pouvoir exercer une pression bien plus forte sur le gouvernement, soit pour qu'il fasse des concessions, soit pour qu'il donne suite à certains des accords de Pretoria, soit dans l'espoir qu'il soit tellement affaibli qu'il ne soit plus en mesure de survivre», conclut Hassan Khannenje. En s'alliant, les groupes rebelles espèrent ainsi faire vaciller, voire renverser, le pouvoir en place.





























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