Il y peu, les Etats-Unis ont annoncé avoir mis en place un cadre législatif afin de déployer réacteurs nucléaires en mer dans un futur proche. Pour l’administration Trump, l’objectif est d’accélérer le développement de l’énergie nucléaire dans le pays. Dans quelle zone pourrait-on voir apparaitre ces installations ?
Un cadre réglementaire clair
Le 22 juillet 2026 aux Etats-Unis, la Nuclear Regulatory Commission (NRC) a signé un accord officiel avec la Marine Minerals Administration (MMA) – le Memorandum of Understanding (MOU). Pour les autorités, il s’agissait de mettre en place un cadre réglementaire clair pour le déploiement futur de réacteurs nucléaires en mer. Le lendemain, un communiqué a été publié afin de détailler l’accord. Cependant, si l’objectif est bel et bien d’installer de tels réacteurs en mer, la NRC et la MMA ont précisé que pour l’heure, aucun projet de nature commerciale n’a été approuvé, ni même déposé.
En réalité, l’accord visait principalement à répartir les rôles des deux entités. Dans les faits, la NRC conserve l’entière autorité sur la sûreté, l’attribution des licences, la construction et l’exploitation des réacteurs. Elle sera également chargée de mener les analyses d’impact environnemental requises par la loi américaine (NEPA). Quant à la MMA – affiliée au Ministère de l’intérieur – celle-ci gèrera l’attribution des concessions et des droits de passage dans les eaux fédérales.
Une technologie déjà maitrisée
Il est principalement question de réacteurs nucléaires immergés, c’est à dire installés au fond de la mer ou dans une structure sous-marine. Le système de production de chaleur – le cœur du réacteur – se situe dans une capsule étanche à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Parfois, seule la partie turbine/générateur se trouve en surface, ou sur une île artificielle. Ainsi, il incombe de ne pas confondre les réacteurs nucléaires immergés avec les centrales nucléaires flottantes, même si ces deux installations appartiennent chacune au nucléaire civil marin. Ceci dit, les centrales nucléaires flottantes – sur berge ou sur plateforme – sont également concernées par l’accord.
« Les systèmes de réacteurs immergés sont utilisés en toute sécurité dans le domaine naval depuis des décennies, démontrant ainsi leur potentiel en tant que source d’énergie fiable dans des environnements marins exigeants […] Avec près de 3,2 milliards d’acres du plateau continental extérieur sous juridiction fédérale, ce protocole d’entente constitue une étape importante vers le développement de l’expertise technique, la clarification du cadre réglementaire et la coordination inter-agences nécessaires pour évaluer si et comment cette technologie pourrait être mise en œuvre de manière responsable dans les années à venir. », a déclaré Matt Giacona, directeur de la MMA.
Pour rappel, le plateau continental des Etats-Unis désigne l’ensemble de l’espace maritime sous juridiction fédérale, débutant là où s’arrêtent les eaux territoriales. Généralement, ce plateau couvre la zone maritime jusqu’à environ 5,5 km de la côte (3 miles).
Crédit : Wlad74 / iStock
Objectifs et avantages
Selon la NRC et la MMA, l’installation de réacteurs nucléaires en mer devrait considérablement renforcer la sécurité énergétique des États-Unis à l’avenir. Il faut dire que le pays ambitionne de quadrupler sa production d’énergie nucléaire d’ici 2050, soit 400 GW contre 100GW actuellement. De plus, si l’éolien offshore est en plain essor aux Etats-Unis, ce dernier demeure une source d’énergie intermittente.
Par ailleurs, les réacteurs nucléaires immergés permettent de contourner les principaux obstacles des centrales terrestres, notamment la forte dépendance aux cours d’eau ou aux côtes pour leur refroidissement. Les centrales terrestres sont donc vulnérables aux sécheresses, aux vagues de chaleur mais également, aux tremblement de terre. Ainsi, les réacteurs immergés bénéficient d’une source de refroidissement inépuisable et sont isolées des secousses sismiques terrestres. De plus, les technologies actuelles s’inspirent des plateformes pétrolières, donc la conception permet aussi une résistance aux ouragans de catégorie 5 et aux tsunamis en eau profonde.


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