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Des chercheurs en Alberta ont démontré que le fait de semer plus tôt permet un meilleur rendement de certaines céréales, dont le blé, le blé dur et l’orge. Ils recommandent de semer dès que la température du sol dépasse zéro degré Celsius, une approche qui a permis à certains agriculteurs albertains de semer dès janvier cette année.
Brian Beres, chercheur principal d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, s’est lancé dans cette étude après un voyage en 2012 au Montana. Il a alors remarqué que les agriculteurs préparaient leurs champs au mois de mars.
Il y avait cette réticence en Alberta à l’époque basée sur des recherches dépassées selon lesquelles, si tu plantais avant une certaine date [au début de mois de mai], cela n'avait aucune conséquence biologique, raconte le chercheur.
Brian Beres a alors cherché à prouver l’efficacité de choisir la température du sol plutôt qu’une date aléatoire pour commencer à semer, ce qui permettrait ainsi de semer beaucoup plus tôt dans la saison.
À partir de 2014, le chercheur a fait différents tests en semant du blé lorsque le sol, à 5 centimètres de profondeur, atteint différentes températures, allant de 0 à 10 degrés Celsius.
Cette étude nous a permis de démontrer que l'attente était préjudiciable. Nous avons en quelque sorte déterminé que le point idéal se situait dans cette fourchette de 1 à 3 degrés.
Le chercheur a ensuite élargi ses recherches au blé dur et à l’orge. Ces deux plantes, bien que plus sensibles que le blé, répondaient aussi très bien, si elles sont semées lorsque le sol atteint 2 degrés.
Des résultats prometteurs pour les agriculteurs des Prairies
Brian Beres estime que, si on plante plus tôt, cela permet d’améliorer le rendement de ces céréales, car cela permet de devancer la période de floraison du blé. Dès lors, cette période critique pour la croissance de la plante ne connaît pas des pics de chaleur qui sont souvent enregistrés au mois de juillet.
Dans certains cas, on peut même étendre cette période de floraison, et la production de graines sera meilleure, ajoute le chercheur.
Je dirais que, de 7 à 8 années sur 10, on aura plus de succès en semant très tôt.
Ses recherches ont prouvé un meilleur rendement, même si les températures chutent après l’ensemencement et même en cas de tempête de neige printanière.
On sait qu'on peut vraiment malmener un plant de blé quand il en est encore à ce stade végétatif précoce, explique Brian Beres.
De plus, l’ensemencement ultra précoce mène à une meilleure résistance aux mauvaises herbes. Cela permet de réduire la consommation d’herbicides, ce qui n’est pas négligeable si on pense aux prix des intrants qui ne cessent d’augmenter.
Une application au Manitoba à relativiser
Au Manitoba, d’autres défis empêchent les agriculteurs de semer aussi tôt. L’humidité du sol et la neige recouvrant les sols ne leur permettent pas d'accéder à leurs champs.
Une grande partie de ces recherches a débuté à Lethbridge, où les sols sont généralement secs et où l'enneigement est faible, explique Anne Kirk, spécialiste de cultures céréalières d'Agriculture Manitoba.
Elle affirme que les agriculteurs manitobains sèment déjà le plus tôt possible, dès qu’ils ont accès à leurs champs. Elle souligne que, au Manitoba aussi, les recherches ont montré que le rendement des cultures céréalières était meilleur avec un ensemencement le plus précoce possible.
Certains essais ont été menés dans des fermes manitobaines, il y a quelques années. À cause de l’humidité des sols, les agriculteurs n’ont pas été capables de semer à des intervalles très éloignés.
Brian Beres a réalisé des tests au Manitoba, notamment à Brandon, dans le cadre de ses recherches. Selon lui, les agriculteurs manitobains peuvent également adopter l’approche de l'ensemencement ultra précoce. Il reconnaît cependant que cela est plus facile dans le sud-ouest des Prairies.
Cette année, les agriculteurs manitobains font face à un printemps particulièrement tardif et, pour la majorité d'entre eux, ne commenceront à semer qu'au début de mai, comme le précise Anne Kirk.
Une approche qui est déjà adoptée par des agriculteurs en Alberta
Greg Stamp, un agriculteur d'Enchant, en Alberta, et responsable commercial de Seeds Stamp, a commencé à faire certains tests d’ensemencement ultra précoce cette année. Il a été capable de semer au mois de janvier, de février et de mars.

Greg Stamp a semé au mois de janvier, de février et de mars.
Photo : Soumis par Greg Stamp
Ce qu’on a semé au mois de janvier semble un peu irrégulier, mais les cultures semées en février et en mars poussent très bien, explique-t-il.
Greg Stamp considère que cette recherche pourrait grandement aider les agriculteurs de la région.
C'est une recherche concrète qui permettra vraiment aux agriculteurs de gagner plus d'argent, se réjouit-il.
Le vendeur de semences prévoit d’ailleurs de montrer ses cultures tests à des clients lors d’une visite au mois de juin.


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