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"Regarder vivre les oiseaux est parmi les plus grands bonheurs que la nature puisse nous donner. Nous sommes persuadés que c'est là l'une des façons de retrouver un équilibre et une harmonie avec le vivant", écrivent Philippe J. Dubois et Elise Rousseau, ornithologues et auteurs de Ornithérapie. Et si les oiseaux nous aidaient à aller mieux ? (*) Extraits et réponses à nos questions.
Ornithérapie, Philippe J. Dubois et Elise Rousseau, Ed. Albin Michel. ©Albin MichelLes oiseaux pour aller mieux : comment définir l'ornithérapie ?
L'ornithérapie est définie comme "une pratique de bien-être et de soin par la nature qui consiste à observer et à écouter les oiseaux". Une étude démontre la très grande quantité de bénéfices qu'apportent les oiseaux et la nature dans l'amélioration de l'état d'esprit, la réduction de l'angoisse, la diminution du niveau de cortisol, les soins des problèmes cardiaques, le renforcement des liens sociaux. Le cortisol, sécrété par la glande surrénale, est l'hormone du stress. "Comme l'a démontré la science, expliquent les auteurs, 20 minutes de contact avec un espace vert diminue notre niveau de cortisol. Cette baisse peut durer plusieurs heures, même après seulement une dizaine ou une vingtaine de minutes. […] Après six minutes d'écoute de chants d'oiseaux, l'anxiété et les pensées irrationnelles sont atténuées jusqu'à huit heures".
Pour quels types de maux plus précisément l'onirothérapie est-elle efficace ?
L'ornithérapie utilise la contemplation du monde aviaire et l'écoute de leurs chants pour réduire le stress, apaiser l'anxiété et renouer avec le vivant. Aux États-Unis, dans le Michigan, une étude a montré la corrélation entre une biodiversité aviaire forte et une diminution des hospitalisations pour troubles de l'humeur et état anxieux. En clair, plus nous sommes entourés d'oiseaux différents, mieux nous nous portons psychiquement. Plus généralement, l'écoute des gazouillis améliore le bien-être chez les individus souffrant de pathologies comme la paranoïa.
Sous-estimée, l'exposition aux bruits abîme la santé physique et mentale des BruxelloisUne étude a montré que le chant des oiseaux favorisait même la croissance des arbres. Mais encore ?
Ingénieur forestier et chercheur suisse, Ernst Zürcher (auteur de Les arbres, entre visible et invisible. S'étonner, comprendre, agir (Ed. Actes Sud Nature, 2018) a montré, dans une étude qui nécessiterait encore d'être consolidée, que la vibration du chant des oiseaux a un effet sur la croissance végétale. Des arboriculteurs ont en effet observé qu'en diffusant dans un verger le chant des oiseaux à l'aide de haut-parleurs, la croissance végétale était supérieure à celle des parcelles conventionnelles. Comment expliquer ce phénomène ? Les vibrations acoustiques faciliteraient l'ouverture des stomates. Il s'agit de minuscules pores présents à la surface des feuilles et des tiges, qui permettent la photosynthèse, mais aussi régulent la transpiration nécessaire à l'absorption de nutriments, à l'hydratation et donc à la croissance des plantes et des arbres. Une meilleure ouverture de ces stomates entraîne aussi une croissance accélérée. D'après les auteurs, les oiseaux ne chanteraient pas uniquement pour défendre leur territoire mais en interaction avec le monde végétal et amplifieraient ainsi la croissance de la végétation. Grâce aux vibrations provoquées par leurs vocalisations, le chant des oiseaux est comme une sorte d'engrais, de stimulation acoustique.
Philippe J. Dubois et Elise Rousseau, auteurs d'Ornithérapie. ©D. R.Quelles sont les limites de cette thérapie ? Tous les oiseaux procurent-ils de tels bienfaits ?
Probablement, même s'il est vrai que les oiseaux chanteurs, en l'occurrence surtout les passereaux, nous plongent sans doute mieux dans cette espèce de relaxation en pleine conscience que les oiseaux qui ne chantent pas ou peu. Ceci est cependant à relativiser car observer les oiseaux, en cherchant à voir leur comportement ou à les identifier, mobilise notre cerveau de telle sorte que nous chassons les pensées négatives au profit d'autres, plus apaisantes : on s'émerveille simplement de la beauté des oiseaux.
"Les femelles sont les plus importantes" : 35 nouveaux Tétras-lyres suédois relâchés dans les Hautes FagnesComment pratiquer la "pleine conscience ornithologique" ?
Observer les oiseaux ouvre la voie à une sorte de nettoyage mental de nos pensées, une façon de mettre de côté, un temps au moins, les aspects négatifs et de se laisser porter à vivre l'instant à l'instar de l'oiseau sauvage. Le merle qui sautille ne s'occupe de rien d'autre que du moment présent. Il cherche la graine ou le petit ver, va là où ses petits bonds le mènent, sans souci de l'instant d'après. Et l'instant d'après, ce peut être un épervier en chasse qui le capturera et ira le dépecer sur une branche un peu plus loin. Observer ces scènes permet à l'esprit de se focaliser sur les menus accomplissements du vivant et ainsi oublier la grisaille qui nous assaille. Que de fois sommes-nous revenus de ces séances d'immersion ornithologique avec l'esprit débroussaillé de soucis ou d'inquiétudes, remis à neuf, en tout cas prêts à affronter de nouveau le quotidien. Enfin, rappelons-nous que cette thérapie, nous ne sommes pas obligés de la pratiquer seulement lorsque nous n'allons pas bien !
(*) Ornithérapie, Et si les oiseaux nous aidaient à aller mieux, Philippe J. Dubois et Elise Rousseau, Éditions Albin Michel, 17,90 €.
©novoselova/pexelsSérie d'été : "Des clés pour plus de sérénité"
Dans un contexte ambiant souvent anxiogène, pourquoi ne pas tenter des thérapies douces pour diminuer son stress et tendre vers un mieux-être ? Des auteurs nous livrent leur approche particulière pour gagner en sérénité.
Aujourd'hui : Philippe J. Dubois, écologue et ornithologue, et Elise Rousseau, naturaliste et ornithologue, auteurs de "Ornithérapie. Et si les oiseaux nous aidaient à aller mieux ?", Ed. Albin Michel.
Vendredi : Danielle Roux-Sitruk, docteure en pharmacie, auteur de "Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans", Ed. Odile Jacob.
Samedi : Fiona Beenkens, architecte spécialisée dans le bien-être, auteur de "La neuro architecture. Comment optimiser votre santé et votre bien-être grâce à l'aménagement de votre espace", First Editions.
Un oiseau rare observé en BelgiquePour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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