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Et si comprendre l’emprise de l’anorexie sur le cerveau permettait l’élaboration de nouvelles thérapies ?

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L’anorexie est un problème de santé publique majeur, dont la compréhension de l’emprise sur le cerveau pourrait peut-être déboucher sur une meilleure efficacité des traitements. Les chercheurs d’une étude internationale ont fait plusieurs découvertes montrant des réductions significatives de la matière grise chez les personnes souffrant d’anorexie mentale.

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Qu’est ce que l’anorexie mentale ?

Pour rappel, l’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire (TCA) psychiatrique sévère, se caractérisant par une restriction alimentaire stricte et une peur intense de grossir. Deux formes existent, la première étant une grande perte de poids par le jeûne, le régime ou l’exercice physique excessif. La seconde forme implique des crises de boulimie précédant des vomissements volontaires ou la prise de laxatifs.

L’anorexie mentale concerne environ 1,4% de la population féminine et environ 0,2% de la population masculine à l’échelle mondiale. Selon les experts, il s’agit d’une des pathologies psychiatriques les plus graves en raison de son fort impact sur la santé physique et son taux de létalité élevé.

Amincissement du cortex et altérations structurelles

Publiée dans la revue Biological Psychiatry en 2022, une vaste étude internationale coordonnée et pilotée par l’Université de Bath (Royaume-Uni) est partie du constat que les recherches en imagerie cérébrale sur l’anorexie mentale donnaient des résultats contradictoires. Les chercheurs ont alors émis l’hypothèse qu’une harmonisation des données sur un large échantillon permettrait d’obtenir des résultats fiables. Les auteurs ont également suggéré que la perte de poids aiguë pouvait provoquer des altérations structurelles directes, et que l’anorexie entraînait des modifications cérébrales plus sévères que d’autres troubles psychiatriques.

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont analysé les scanners cérébraux de 685 femmes atteintes d’anorexie et de 963 femmes en bonne santé à travers le monde. L’une des principales découverte est l’amincissement du cortex (épaisseur corticale). En effet, le cortex cérébral – impliqué dans la réflexion, la logique et les émotions – est significativement plus mince chez les patientes souffrant d’anorexie. Par ailleurs, cette réduction de la matière grise est deux à quatre fois plus importante que celle déjà observée chez des personnes souffrant de dépression ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Une bonne nouvelle toutefois, puisque les scientifiques ont observé une rémission de ces altérations structurelles chez les patientes en cours de guérison. Ceci prouve donc que le cerveau est capable de récupérer à l’aide d’une « renutrition » adaptée.

« Les modifications cérébrales observées chez les personnes atteintes d’anorexie sont plus importantes que dans toute autre affection psychiatrique que nous avons étudiée.« , peut-on lire dans un communiqué relatant l’étude.

dépression apathieCrédit : Kaboompics / Pexels

Mieux évaluer les traitements actuels et à venir

En se basant sur ses résultats, l’équipe de recherche souligne l’urgence d’une prise en charge précoce des personnes concernées. L’objectif ? Les aider à éviter des modifications structurelles du cerveau à long terme, puisqu’il peut être question d’une destruction de certaines cellules cérébrales ou de leurs connexions et donc, d’une potentielle apparition de problèmes de santé supplémentaires. Or, si l’anorexie peut se traiter de manière efficace via une prise de poids saine et une thérapie cognitivo-comportementale, les scientifiques ont affirmé qu’un tel traitement efficace induit des effets positifs sur la structure cérébrale.

Au-delà du fait qu’une prise en charge rapide est largement souhaitée, le fait d’avoir démontré les effets de l’anorexie sur la structure du cerveau pourrait permettre d’élaborer des traitements plus efficaces. Il est effectivement question d’un tableau précis répertoriant ces effets, qui devrait servir à évaluer l’efficacité des traitements actuels et à venir.

Evidemment, ces travaux se poursuivent actuellement, principalement dans le cadre du consortium ENIGMA. Ce dernier regroupe certains chercheurs de l’étude, en provenance de l’Université de Bath mais aussi du King’s College de Londres, de l’Université technique de Dresde (Allemagne) et de l’École de médecine Icahn du Mont Sinaï (New York).

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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