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Environ 425 délégués de l’ATA réunis pour débattre des résolutions sur l’éducation

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L’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) a ouvert samedi sa 109e assemblée annuelle des représentants après une année marquée par la grève et le retour forcé en classe, alors que le secteur doit composer avec l’émergence de nouveaux enjeux technologiques.

Environ 425 délégués représentant les 55 sections locales de l’ATA sont réunis jusqu’à lundi à Calgary pour débattre et voter sur des résolutions qui encadreront la profession pour l’année à venir.

De nombreux délégués lèvent simultanément des cartons roses pour voter lors d'une assemblée.

Le congrès de l'ATA réunit environ 425 délégués à Calgary.

Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore

Selon les responsables de l'Association, l’événement survient alors que les enseignants albertains commémorent les 200 jours écoulés depuis la privation de leurs droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, après que le gouvernement a imposé une loi spéciale en octobre dernier, pour forcer leur retour en classe.

Les enseignants ont vécu une année très difficile et éprouvante avec la grève, le retour forcé au travail, la perte de leurs droits constitutionnels, et ils continuent de lutter pour répondre aux besoins de leurs élèves, a déclaré Jason Schilling, président de l’ATA, à l'ouverture de la rencontre.

[Les enseignants] sont profondément blessés et en colère contre le gouvernement pour son utilisation de la disposition de dérogation.

L’IA, une nouvelle préoccupation

M. Schilling a souligné que, malgré cette amertume persistante, les délégués se tournent vers l’avenir et se concentrent sur des enjeux tels que le projet de loi 25 sur la neutralité en classe, les voies accélérées de formation des enseignants et, surtout, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les salles de classe.

L’une des 13 résolutions initialement soumises par le Conseil exécutif provincial de l'Association vise d'ailleurs à s’opposer à l’introduction d’outils d’IA anthropomorphes, conçus pour simuler l’amitié, le conseil ou des relations intimes, dans tout environnement d’apprentissage de la maternelle à la 12e année.

Nous sommes très préoccupés par le fait que les enfants auront accès à des programmes qui se font passer pour des amis et donnent des conseils parfois nocifs, explique M. Schilling, ajoutant qu'il y a aussi un risque de violation de la vie privée et que les gouvernements et les conseils scolaires sont, pour la plupart, absents en matière de politique sur l’IA.

Des participants écoutent une présentation.

Les résolutions étudiées lors de cette assemblée ont été soumises au cours de l'année 2025 par les associations locales ou le Conseil exécutif provincial.

Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore

Lee Martin, président de l'unité locale 55 du district scolaire catholique de Calgary, renchérit : L’IA ne se limite pas à des réponses. Elle offre des réponses émotionnelles. Nous n’avons jamais vu cela auparavant.

Son analogie avec une activité scolaire met parfaitement en lumière le vide sécuritaire actuel : Alors qu'un adulte accompagnateur, lors d'une sortie scolaire, est soumis à des formulaires et des processus stricts, l'intelligence artificielle interagit avec les élèves de manière émotionnelle sans aucun de ces encadrements ou garde-fous.

L’ATA insiste donc pour que l’IA reste un outil utilisé selon le jugement professionnel des enseignants, à l’image d’un manuel ou d’une calculatrice. L’association a déjà adopté une politique en ce sens il y a deux ans et cherche à la renforcer.

La résolution sur l'IA a été adoptée à la majorité.

Robert Mazzotta, qui doit succéder à Dennis Theobald au poste de secrétaire général, estime que le gouvernement ajoute des règlements inutiles qui laissent entendre que les enseignants ne sont pas des professionnels. Il ajoute : Nous savons exactement quoi faire. Nous sommes guidés par notre code de déontologie et les normes de qualité de l’enseignement.

Robert Mazzotta souriant en costume lors d'un événement de l'ATA.

Robert Mazzotta, qui succède à Dennis Theobald, souhaite revitaliser l'Association en renforçant le dialogue direct avec les parents d'élèves.

Photo : Radio-Canada / Arzouma Kompaore

Malgré les défis, M. Schilling a exhorté les enseignants à rester unis. Il y aura toujours quelqu’un qui cherchera à saper la profession ou à réduire le financement de nos écoles publiques. Par le débat et le vote, nous restons unis autour de ce à quoi nous croyons.

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