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Entre 70 et 80 % des personnes infectées ne ressentent rien : l’OMS alerte sur le virus du Nil occidental qui circule en Europe

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Un moustique pique un oiseau infecté, puis se pose sur votre bras un soir d’été. Vous ne sentez rien, ou presque : c’est le cas pour 7 à 8 personnes contaminées sur 10. Pourtant, derrière cette apparente banalité se cache un virus qui progresse discrètement à travers l’Europe. En pleine saison estivale, alors que les températures grimpent et que les moustiques prolifèrent, l’Organisation mondiale de la santé vient de tirer la sonnette d’alarme. Le virus du Nil occidental circule, et si l’immense majorité des personnes infectées ne remarquent absolument rien, une minorité développe une atteinte neurologique grave, parfois mortelle. Voici pourquoi ce virus mérite toute votre attention, et surtout comment réduire votre risque alors qu’aucun vaccin n’existe encore.

Le virus qui voyage à dos de moustique, sans passer par l’humain

Pour comprendre le virus du Nil occidental, il faut imaginer un relais à trois maillons. Tout commence chez les oiseaux, qui constituent le réservoir naturel du virus. Un moustique pique un oiseau infecté, absorbe le virus avec son repas de sang, puis va piquer un être humain lors de son prochain festin. C’est ce transfert, discret et silencieux, qui explique la propagation de la maladie chez l’homme.

Bonne nouvelle : le virus ne se transmet pas d’une personne à l’autre par les gestes du quotidien. Serrer la main, partager un repas ou vivre sous le même toit qu’une personne infectée ne présente aucun danger. Aucune transmission interhumaine par contact ordinaire n’a été enregistrée. Il existe bien de rares voies de contamination par transfusion, transplantation, grossesse ou allaitement, mais elles demeurent exceptionnelles. En clair, le moustique reste le principal, et quasiment l’unique, messager de ce virus.

La Grèce et l’Italie en première ligne : les chiffres qui inquiètent l’OMS

Les données récentes dessinent une carte préoccupante. C’est la Grèce qui enregistre la plus forte hausse, avec 21 cas humains confirmés, dont 14 sur la seule semaine précédente. Sur ces 21 patients, vingt ont développé une forme neuro-invasive, comme une encéphalite ou une méningite, et treize restaient hospitalisés. Selon l’autorité sanitaire grecque, sept personnes sont mortes du virus cette année dans le pays.

L’Italie, elle, présente la répartition géographique la plus large : 21 cas confirmés répartis dans 17 zones distinctes, signe que le virus ne se concentre pas dans un seul foyer mais essaime largement. Ailleurs, l’Espagne, la Roumanie et la Macédoine du Nord ont chacune recensé deux cas. L’OMS Europe appelle à renforcer la surveillance des moustiques et l’information du public, d’autant que la saison de transmission ne fait que commencer. En Europe, les contaminations s’étalent de la fin du printemps à l’automne, avec un pic entre juillet et septembre : autrement dit, nous entrons en ce moment dans la période la plus sensible.

Silencieux chez 8 personnes sur 10, foudroyant pour une sur 150

C’est là toute la particularité troublante de ce virus. Entre 70 et 80 % des personnes infectées ne développent aucun symptôme. Le virus circule dans leur sang, mais leur organisme le neutralise sans qu’elles s’en rendent compte. Pour celles qui présentent des signes, ils ressemblent souvent à ceux d’une grippe passagère : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées. Rien qui ne pousse spontanément à consulter en urgence.

Mais il y a un revers à cette apparente clémence. Environ une personne infectée sur 150 développe une forme grave qui s’attaque au système nerveux central. Les signaux d’alarme changent alors radicalement de nature : forte fièvre, raideur de la nuque, désorientation, voire paralysie. Cette forme neuro-invasive peut se révéler mortelle. C’est précisément ce contraste, entre une majorité qui ne ressent rien et une minorité gravement touchée, qui rend la vigilance indispensable.

Ni vaccin ni traitement : pourquoi la seule arme reste la prévention

Face à ce virus, la médecine reste aujourd’hui désarmée sur le plan curatif. Il n’existe aucun vaccin homologué pour l’humain, ni traitement spécifique. La prise en charge se limite au traitement des symptômes et aux soins de soutien à l’hôpital pour les cas graves. Autant dire que la meilleure stratégie consiste à ne pas se faire piquer.

Les recommandations de l’OMS sont simples et à la portée de tous. Voici les gestes qui réduisent votre risque :

  • Porter des vêtements couvrants, surtout en soirée quand les moustiques sont les plus actifs
  • Appliquer un répulsif sur la peau exposée
  • Installer des moustiquaires aux fenêtres et autour des lits
  • Éliminer les eaux stagnantes près des habitations, véritables nurseries à moustiques

Ce dernier point mérite une attention particulière. Une simple soucoupe de pot de fleurs, un seau oublié ou une gouttière bouchée suffisent à offrir aux moustiques un lieu de ponte idéal. Le réchauffement climatique aggrave encore la situation : des températures plus élevées et des étés plus longs offrent à ces insectes des conditions de reproduction toujours plus favorables, repoussant le virus vers de nouvelles régions d’Europe.

Le virus du Nil occidental illustre parfaitement ce paradoxe sanitaire de notre époque : une menace invisible pour la majorité, mais bien réelle pour une minorité, dont l’expansion est directement liée au climat. En cette période estivale où les moustiques battent leur plein, quelques réflexes simples suffisent à limiter les risques. Reste une question de fond : à mesure que les étés se réchauffent, jusqu’où ces virus autrefois cantonnés au Sud vont-ils remonter vers le reste du continent ?

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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