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Le nombre de nouveaux étudiants internationaux poursuit sa chute à l’Université Laval. L’établissement prévoit une troisième année consécutive marquée par une baisse d'inscription des étudiants étrangers. La situation serait due à « un enjeu de réputation », estime le vice-recteur.
François Gélineau, également responsable des affaires internationales, fait le même constat que l’année dernière : les quotas imposés par Ottawa et Québec ont grandement entaché la réputation du réseau universitaire québécois en plafonnant le nombre de permis d’études.
Le nombre de demandes d’inscriptions n’est pas à la hauteur, alors qu’il reste toujours des places avant d’atteindre ces limites, confirme M. Gélineau. Les gens, depuis 2024, demandent à nos recruteurs : est-ce que le Canada veut vraiment accueillir des étudiants internationaux? affirme-t-il, rappelant que l’Université Laval est loin d’être la seule touchée.
L'image qui a été envoyée à l'international, c'est qu'on a fermé la porte à double verrou.
En 2025, 1100 nouveaux étudiants de l’étranger s’étaient inscrits à l’Université Laval, marquant ainsi une baisse de 50 % par rapport à 2023. Une tendance observée dans l’ensemble de la province. L'Université Laval dévoilera le nombre d'inscriptions exact plus tard à l'automne.
Le nombre d'étudiants internationaux admis par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) peut grandement varier selon la provenance des candidats, dénonce M. Gélineau. L’Afrique serait particulièrement touchée, rajoutant une couche d'incertitude sur le processus, explique-t-il, alors que de nombreux étudiants de l'Afrique francophone souhaitent étudier au Québec.
Répercussions sur la recherche
L’établissement universitaire a toutefois profité d’une augmentation de 10 % des inscriptions en provenance du réseau collégial québécois.
Un chiffre qui ne permet toutefois pas de combler le vide laissé dans les cycles supérieurs.
Dans des programmes de doctorat, notamment dans le secteur de la santé ou encore dans les sciences appliquées, on a jusqu'à 80 % de nos étudiants qui sont des étudiants de l'international, souligne M. Gélineau.
Le risque est principalement au niveau de nos capacités de mener à bien la recherche et de contribuer au développement et à l'innovation du Québec.

François Gélineau, vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable
Photo : Radio-Canada
Pour l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS), la situation est tout autant critique. Son président, Mouhamed Niane, déplore le manque de prévisibilité qui risque de pousser les étudiants touchés vers des milieux aux politiques migratoires plus stables. Ce sont des éléments qui vont mettre en jeu l’avenir de la recherche au niveau du Québec, et ce serait quelque chose que nous, nous déplorons, que l’Université Laval déplore, et que la communauté universitaire dans sa globalité déplore aussi , insiste-t-il.

Mouhamed Niane, président de l'Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
M. Niane revendique notamment la suppression des quotas et l'abolition de l'obligation de lier le Certificat d'acceptation du Québec (CAQ), un document obligatoire pour tout étudiant international, à un établissement d'enseignement désigné.
Prise de conscience de la classe politique?
La ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, s’était rendue en Europe en mars afin de « rectifier le tir » et de réaffirmer la volonté des universités de la province d'accueillir des étudiants étrangers. Cette mission, effectuée en Belgique et en France, lui aurait permis de renforcer une collaboration déjà bien établie.
Je suis convaincue que les ententes signées porteront leurs fruits dans les prochaines années et qu'elles se traduiront par une attractivité accrue de nos universités québécoises auprès des étudiants étrangers.
Elle était alors accompagnée de représentants d’universités et de cégeps, dont l’Université Laval. Le vice-recteur, François Gélineau, salue ainsi une prise de conscience de la classe politique.
Il y a une sensibilisation qui s'est faite au niveau politique des conséquences qu'ont eues ces resserrements des règles en immigration, croit-il.
Du côté de l’IRCC, on rappelle que les étudiants aux cycles supérieurs seront exemptés de l’exigence d’une lettre d’attestation provinciale ou territoriale, ce qui simplifiera leurs démarches administratives.
Avec les informations de Flavie Villeneuve et de Philippe L'Heureux


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