L’avatar ressemble à une peluche pour enfant et pourtant, il fait une entrée fracassante sur le marché de l’intelligence artificielle. Lancée le 8 septembre aux Etats-Unis, l’application Muse, créée par Meta, promet de réserver une place de cinéma, de trier vos mails ou de surveiller votre budget. Deux semaines après son lancement aux Etats-Unis et au Canada, seuls pays où il est actuellement disponible, l’application comptait déjà 2,5 millions de téléchargements.
Si Meta se lance, c’est d’abord parce que les agents IA sont devenus le nouveau terrain de bataille des géants de la tech. Dans un marché en pleine explosion, où OpenAI, Google et Anthropic rivalisaient déjà, Muse se distingue en offrant un agent IA au grand public. Ce que Meta promet, c’est un outil facile d’utilisation, capable d’effectuer différentes tâches du quotidien. Grâce à une interface qui ressemble à une simple discussion WhatsApp avec un super-assistant, il est possible d’automatiser le tri de ses mails, réserver un avion, acheter en ligne, gérer son budget ou organiser son agenda.
Au prix de ses données personnelles
Pour rendre ces services, Muse doit tout voir. L’agent peut être connecté à Facebook, Instagram, à un espace de stockage en ligne, à l’agenda, aux mails et aux messages, entre autres. Pour gérer un budget, il faut lui ouvrir ses relevés bancaires (en lecture seule). Meta assure que les conversations avec Muse «ne sont pas partagées avec les systèmes publicitaires» du groupe. Pour les achats, l’entreprise précise qu'«un numéro de carte à usage unique est généré au moment du paiement, de sorte que ni le commerçant ni votre agent IA ne puissent jamais voir le numéro de votre véritable carte».
Lire aussi: Muse, l’agent IA de Meta fait frissonner banques, assurances et opérateurs télécom en bourseLe magazine américain Wired a utilisé Muse pendant plusieurs jours. Son journaliste Reece Rogers en ressort convaincu que l’outil «est obsédé par la récolte de données me concernant plutôt qu’à l’accomplissement réel des tâches». Meta a déjà annoncé que la prochaine étape sera d’intégrer Muse à ses lunettes connectées, elles-mêmes accusées de ne pas respecter nos données personnelles.
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