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S'il vous arrive de vous sentir sous pression au travail mais que vous vous évertuez à ne pas le montrer –en tentant de maintenir un sourire permanent ou en vous isolant dans un endroit calme pour crier dans un coussin–, vous pratiquez visiblement le «hushed coping», ou la gestion silencieuse des émotions. Or cette habitude a toutes les chances de nuire à votre carrière, explique Fast Company, en particulier si vous êtes une femme.
Pour les femmes, cette tendance à refouler ses sentiments de stress et de détresse, tout en luttant en silence, s'accompagne bien souvent d'une difficulté supplémentaire. Elles doivent en effet combattre le stéréotype tenace selon lequel manifester trop d'émotions au travail serait un manque de professionnalisme. «Les femmes ont besoin de se sentir vues et valorisées, et elles ressentent beaucoup de choses au travail, décrit Léonie Kennepohl, experte en leadership féminin et cofondatrice de la plateforme Female x Finance. Mais l'environnement professionnel ne leur permet pas toujours d'exprimer ouvertement ce qu'elles souhaitent»
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Tais-toi et bosse
Fast Company cite une étude menée sur un petit échantillon de 115 femmes travaillant dans le secteur public. 55% d'entre elles estiment que leur poste les oblige à dissimuler leurs véritables sentiments. Dans le même temps, les participantes de l'étude ont indiqué qu'elles cachaient souvent, voire presque systématiquement, leur colère (43%), leur irritation (40%), leur sentiment d'impuissance (37%) et leur tristesse (34%).
Ce modèle du «Tais-toi et travaille», ainsi que le résume Léonie Kennepohl, peut avoir un impact négatif sur la carrière des femmes. Les comportements destinés à leur éviter d'être considérées comme émotives réduisent leurs chances d'être remarquées, écoutées et, au bout du compte, promues. Cette gestion silencieuse peut également conduire à éviter les conversations difficiles, à refuser des opportunités et à accepter en silence des charges de travail intenables ou des conditions peu tolérables.
«Les femmes font beaucoup de suppositions sur l'entreprise sans en parler, note l'experte. On s'enferme dans une spirale négative du type “Je ne peux pas faire ceci ni cela”, au lieu de simplement poser la question.» Kristine Sickels, PDG et cofondatrice du cabinet de conseil Mic Drop Workshop, partage cet avis: «Il s'agit de la promotion que vous ne sollicitez pas parce que vous êtes submergée de travail, de la limite que vous ne fixez jamais, des remarques que vous ravalez…»
Le fait de se taire face à la pression est un signe qu'il est temps de changer les choses. Selon les expertes interrogées par Fast Company, l'essentiel est de commencer par trouver des interlocuteurs et interlocutrices qui semblent capables de faire preuve de bienveillance et de respect. «La première étape consiste toujours à en discuter avec une personne de confiance au sein de l'organisation, qui y travaille depuis plus longtemps que vous, qui en connaît la culture et qui sait comment les choses se font», explique Léonie Kennepohl. Souvent, ces conversations peuvent ouvrir la voie vers une communication plus honnête.





























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