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Life 02/09/2026 17:11
Si elle salue une « décision significative » avec la mise en place du questionnaire sur les VSS, la Commission insiste sur le fait que ses résultats devront être suivis d’effets.
Par Charlotte Arce avec AFP

PIERRE LARRIEU / Hans Lucas via AFP
En plus du questionnaire sur les violences sexuelles à l’école, la Ciivise réclame des mesures précises pour protéger les enfants.
De la grande section de maternelle à la terminale, mieux repérer les enfants et adolescents victimes de violences sexistes et sexuelles. Voici tout l’enjeu de l’une des mesures phares déployées en cette rentrée scolaire.
Mardi 25 août, dans un entretien accordé à la presse régionale, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé l’intégration de questions sur ces violences dans le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué aux élèves.
Dans un communiqué publié ce mercredi 2 septembre, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) salue « une décision significative, qui consacre le rôle de l’école comme premier espace de prévention, de repérage et de protection des mineurs ». Mais elle rappelle dans le même temps « les exigences de sécurité qui doivent impérativement accompagner ce nouveau dispositif ».
Former les personnels au recueil de la parole des enfants
De l’aveu même d’Édouard Geffray, les résultats au questionnaire, qui doit être distribué à plus de 11 millions d’élèves, « risquent d’être sismiques », tant le phénomène des violences sexuelles commises à l’encontre des mineurs est « massif ». « Un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France », rappelait à ce propos le ministre de l’Éducation nationale, précisant que l’anonymat, garanti au départ, pourrait être levé par les mineurs qui le souhaiteraient, afin de rencontrer un adulte de confiance.
Sur ce point, la Ciivise rappelle « qu’il est impératif d’associer la libération de la parole à une écoute ajustée », « à une mise en sécurité immédiate » ainsi qu’à « la mise en œuvre d’un parcours de soins adapté ». Ce, pour ne pas exposer les enfants « à un risque majeur de surtraumatisme ».
La commission recommande ainsi de former l’ensemble des personnels susceptibles d’accueillir la parole des élèves, mais aussi de renforcer la médecine scolaire qu’elle juge sous-dotée avec « un médecin scolaire pour 13 000 élèves et un infirmier pour 1 300 élèves ».
La Ciivise insiste aussi sur la nécessité d’adapter le dispositif de recueil de la parole pour les enfants les plus jeunes ou handicapés, qui ne sont pas à même d’utiliser l’écrit ou un format numérique pour s’exprimer.
Mettre immédiatement les enfants hors de danger
La Ciivise appuie également sur l’importance de « ne pas laisser l’enfant sans défense pendant le temps long de l’enquête pénale » et appelle à développer l’ordonnance de sûreté de l’enfant, qui permet d’extraire un mineur du danger en 24 heures, en suspendant temporairement les droits de visite ou d’hébergement d’un parent mis en cause.
« Nous ne sommes pas là pour mettre en place des soins pour l’enfant. Nous, on recueille (la parole) et on oriente » les enfants vers des psychologues en ville, et « simultanément », « on va faire des signalements » à la justice, a déclaré mercredi Édouard Geffray sur RTL. Selon lui, « on saura au printemps la part d’élèves qui s’est manifestée » dans ce questionnaire.
« La Ciivise se réjouit de ce tournant institutionnel important. Elle veillera avec une extrême attention à l’élaboration et à l’évaluation de ce nouveau dispositif », a ajouté l’institution dans son communiqué.
En 2025, l’Éducation nationale a émis 88 000 informations préoccupantes ou signalements pour violences sexuelles ou défaillances parentales.


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