Le gouvernement va bientôt ouvrir une «plateforme de concertation» pour que les lycéens puissent partager leurs «inquiétudes» et leurs «revendications», a annoncé le gouvernement après plusieurs jours d’une mobilisation qui s’étend, marquée par une «montée de la violence» selon le ministère de l’Intérieur.
La mobilisation, partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi à la même heure, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, en conférence de presse.
Des élèves manifestent pour réclamer le recrutement de professeurs remplaçants, un renforcement des moyens et des conditions d'apprentissage décentes, à Saint-Denis, au nord de Paris, le 30 septembre 2026. — © THOMAS SAMSON / AFP
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage «décentes».
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Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Côté Education nationale, 119 personnes ont été blessées, dont 34 personnels, depuis le début des mobilisations. «C’est inédit dans l’Education nationale», a déploré le ministre Edouard Geffray.
La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine avec le soutien affiché de La France insoumise (LFI, gauche radicale) pour demander davantage de moyens. Elle intervient à sept mois de la présidentielle.
Des policiers anti-émeutes lancent des gaz lacrymogènes alors que des lycéens bloquent l'entrée d'un établissement scolaire lors d'une manifestation réclamant davantage de ressources pour les écoles, à Lille, en France, le 30 septembre 2026. — © Jean-Francois Badias / AP Photo/Jean-Francois Badias
Emmanuel Macron a martelé mercredi que la mobilisation des lycéens en France ne justifiait pas la «violence» et que les responsables politiques n’étaient «pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», des propos visant les responsables d’un parti de gauche. «Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte», a assuré mercredi sur X le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon.
«J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir […] Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques […] ne sauraient légitimer une violence au carré», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Madrid au côté du premier ministre Pedro Sanchez.
«Il faut que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours»
«Il faut impérativement que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours, notamment tous ceux qui en sont empêchés», a-t-il estimé. Pour que les lycéens «puissent retrouver la capacité à exprimer, dans un cadre démocratique organisé, leurs revendications», il a annoncé la création d’une «plateforme de concertation» lundi, ou mardi matin au plus tard.
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Núñez, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'hôtel de Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur, à Paris, le 30 septembre 2026 — © JULIEN DE ROSA / AFP
Il organisera ensuite, à une date non déterminée, «un événement de restitution nationale pour pouvoir apporter des réponses structurées», et promet d’être «transparent sur les demandes» et «sur les réponses».
Dans le même esprit, les recteurs vont réunir dans 48 heures, les conseils académiques de la vie lycéenne, et les proviseurs devraient convoquer «une réunion extraordinaire» des conseils d’administration et organiser des réunions des conseils de la vie lycéenne si besoin.
Un «acte deux» jeudi
«On ne cautionne pas la casse, nous on est vraiment venus pour défendre nos droits, parce qu’on a des horaires terribles, on fait des 08H00-18H00 et c’est pas normal», a déclaré à l’AFP, Juan du lycée Montebello à Lille.
La mobilisation devrait se poursuivre. L’Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à un «acte deux» jeudi et à une journée d’action le 6 octobre. Les trois principales organisations étudiantes, La Fage, l’Union étudiante et l’Unef soutiennent le mouvement et appellent à des manifestations et blocages.
«Macron profite de sa dernière année pour finir la casse des services publics», a fustigé mercredi la secrétaire générale de l’Union étudiante Eloise Lefebvre-Milon, réclamant un investissement «massif» dans les lycées et les universités.
Des lors de l’action des forces de l’ordre
Devant la presse, le président de l’USL Ryad Rani s’est alarmé du «mépris», de la «répression du gouvernement» et de la «violence inouïe (des forces de l’ordre) envers les lycéens». L’IGPN, la «police des polices», a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l’ordre sont intervenues «avec beaucoup de proportionnalité».
Ces investigations concernent des faits qui se sont déroulés à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) et Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et a été hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont «compatibles» avec un tir de LBD.


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