Lors d’une récente interview, le gérant de la société société France Bunker a affirmé avoir reçu une vague inédite de demandes de devis. De quoi ces français ont-ils peur ? Comprennent ils vraiment la réalité scientifique du risque et de la radioactivité ?
Un intérêt inédit des français pour les bunkers
Lorsque nous évoque les abris anti-atomiques (ou bunker), nous pensons généralement aux Etats-Unis, où certaines sociétés en ont fait un bien luxueux. C’est notamment le cas de Strategically Armored & Fortified Environments (SAFE), construisant des forteresses imprenables renfermant une foule d’équipements en tous genres. Cependant, les bunkers dans leur ensemble ne sont pas nécessairement « de luxe » et séduisent également les français, à en croire Patrice Roussel, gérant de la société France Bunker.
Interrogé par la radio RMC le 22 mars 2026, l’intéressé a déclaré avoir dernièrement observé une augmentation inédite des demandes de devis pour des abris anti-atomiques. Mais pourquoi cette hausse ? Dans le cadre de cette entrevue, Patrice Roussel a notamment évoqué le contexte géopolitique tendu des dernières semaines mais aussi, des dernières années. Ceci inclut notamment la pandémie de Covid-19 mais aussi, certains conflits récents comme la guerre au Moyen-Orient.
Le gérant de France Bunker a expliqué qu’aujourd’hui, les clients cherchent à stocker, à se confiner dans un environnement contrôlé et sécurisé et veulent maintenir une certaine autonomie. Par ailleurs, certains anticipent plusieurs semaines d’isolement et d’autres visent des périodes beaucoup plus longues, c’est à dire plusieurs mois voire plusieurs années. Parmi ces personnes, le niveau de « survivalisme » n’est donc pas nécessairement le même.
Crédit : Scott Wylie
De nombreux éléments dont la demi-vie varie fortement
Si les craintes d’une potentielle frappe nucléaire sur le sol français inquiète certains citoyens, il est important de comprendre le risque de contamination dans un tel cas. Tout d’abord, il faut savoir qu’une explosion nucléaire génère plus de 300 isotopes différents, dont la durée de vie (demi-vie) peut varier de quelques secondes à plusieurs décennies. Par exemple, celle de l’Iode-131 est de huit jours et celle du célèbre Césium-137 peut aller jusqu’à trente ans.
En réalité, le danger d’une frappe nucléaire est principalement le fait d’éléments dont la demi-vie est très courte, c’est à dire très radioactifs mais disparaissant très vite. Sur le long terme, le danger est davantage relatif aux éléments à demi-vie longue, moins radioactifs mais plus persistants. En cas de frappe nucléaire, la radioactivité chute donc très vite puisqu’environ sept heures après l’attaque, le niveau de radiation est divisé par dix. Deux jours plus tard, il ne reste qu’1% du niveau initial de radioactivité. De plus, pas moins de 50% de l’énergie radioactive se libère dès la première heure.
Se pose ainsi la question du temps idéal à passer dans le bunker. Si la frappe se produit sur le territoire français, les particules pourraient prendre quelques heures à une journée pour arriver dans les quatre coins du pays. Ainsi, se mettre à l’abri pour les trois premiers jours est nécessaire. Au-delà, le bunker ne présente pas un grand intérêt. Cette hausse de la demande des abris anti-atomiques montre notamment que les personnes prévoyant une isolation sur une longue durée ne comprennent pas vraiment la logique de la radioactivité. Néanmoins, il peut également s’agir de personnes désirant éviter toute exposition – même à des niveaux très faibles – et évidemment prêts à déployer d’importants moyens financiers pour se protéger.


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