Le 26 septembre, alors que la contestation lycéenne reste localisée, préfets et recteurs reçoivent une consigne: tout «blocage total» doit entraîner l’intervention des forces de sécurité, après concertation avec le chef d’établissement. Trois jours plus tard, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, se félicite d’avoir fait débloquer 45 lycées et empêché autant de tentatives. Le 28 septembre, avec 180 établissements touchés, il évoque déjà des «violences urbaines». Le choix est fait avant même que le mouvement ait pris de l’ampleur: traiter une contestation scolairecomme une menace pour l’ordre public et empêcher ses foyers de se multiplier.
Les conséquences sont connues. Des unités de la BAC interviennent au contact des lycéens, aux côtés de forces spécialisées, avec leur arsenal d’armes dites de force intermédiaire. Le 29 septembre, 440 personnes, surtout des mineurs, sont interpellées. Au 6 octobre, Beauvau en dénombre 6547 depuis le 28 septembre. A Saint-Ouen-l’Aumône, un garçon de 14 ans est grièvement blessé à la mâchoire; à Tours, un jeune de 16 ans perd l’usage d’un œil; à Lens, un lycéen de 15 ans perd une main après l’explosion d’une grenade. Les policiers et gendarmes sont également touchés: le ministre annonce 761 blessés le 7 octobre, jour où 18 enquêtes de l’IGPN sont ouvertes. Multiplier les interventions au contact et les interpellations, c’est multiplier les occasions de blessures graves. A plus forte raison face à des adolescents.


2 week_ago
38


























.jpg)






French (CA)