Il est 18h, mardi, quand la colonne de 1500 étudiants et sympathisants, partis à 7h du matin de Novi Sad, arrivent à Indjija, après avoir avalé plus de 40 kilomètres à pied à travers les plaines agricoles de Voïvodine. Depuis le début de l'après-midi, des militants locaux font cuire des grandes marmites de goulash, installent des tables couvertes de nourriture. La place où sont attendus les marcheurs, en plein centre de la petite ville, se trouve sur un axe très fréquenté. Presque toutes les voitures et les très nombreux poids-lourds klaxonnent longuement pour saluer le rassemblement.
Luna, en dernière année de lycée, a tout juste 18 ans et votera pour la première fois de sa vie. Elle tient un stand de la Liste numéro 3, celle des étudiants, créditée de 44,5% des intentions de vote, devant celle du Parti progressiste serbe (SNS) d'Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 2014. Elle n'a manqué aucun rassemblement depuis la chute de l'auvent de béton de la gare de Novi Sad, le 1er novembre 2024, qui a tué seize personnes, point de départ d'un cycle inédit de mobilisation. «Mon frère, qui est étudiant, aurait pu faire partie des victimes. J'ai compris que ce régime était corrompu et qu'il fallait s'en débarrasser.»


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