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En septembre 2025, pour la première fois, près de 300 000 élèves de sixième scolarisés dans 2 800 établissements français ont été évalués sur leurs capacités sportives. C'est 32 % des élèves entrant au collège et près d'un tiers des collèges publics et privés sous contrat.
Tous ont été soumis à trois tests d'aptitudes physiques visant à évaluer :
- leur endurance : il s'agissait de faire des allers-retours jusqu'à épuisement entre deux lignes espacées de 20 mètres à une allure croissante ;
- leur force musculaire : les élèves devaient faire un saut en longueur sans élan ;
- leur vitesse : il s'agissait de parcourir 30 mètres le plus vite possible sur du plat.
Verdict : les performances sportives des élèves de 11 ans sont loin d'être reluisantes, surtout en ce qui concerne l'endurance !
????[DEPP]???? Évaluations des aptitudes physique 6è 2025, premiers résultats:
✅34,2% de maîtrise satisfaisante en endurance
✅45,5% de maîtrise satisfaisante en force musculaire
✅54,8% de maîtrise satisfaisante en vitessehttps://t.co/ZQhLhN9ijm
Un élève sur deux incapable de courir plus de 5 minutes
Publiés au début du mois de février, les résultats montrent en effet que la moitié des élèves de sixième sont incapables de courir à 9,5 km/h minimum plus de... cinq minutes. Et près de 2 enfants sur 10 (18 %) s'arrêtent avant trois minutes d'effort à une vitesse de 8,5 km/h.
Les garçons restent cependant plus endurants avec 46,3 % d'entre eux qui sont en « maîtrise satisfaisante » contre seulement 21,6 % des filles. Plus étonnant : il existe une différence nette entre le profil social des établissements. Dans les collèges favorisés, 43,4 % des élèves entrant en sixième ont une maîtrise satisfaisante de l'endurance contre seulement 25,3 % des élèves des établissements les moins favorisés.
Des résultats médiocres pour la force musculaire et la vitesse
En ce qui concerne la force musculaire et la vitesse, les résultats sont moins « catastrophiques », mais restent préoccupants puisque près de la moitié des élèves sont jugés en « difficulté ». Et on retrouve les mêmes différences entre filles et profils sociaux des établissements.
Côté force musculaire, 45,5 % en ont une maîtrise satisfaisante (55,7 % des garçons contre seulement 34,8 % des filles) ; 52,3 % des élèves scolarisés dans les établissements favorisés ont ce niveau contre seulement 39,1 % des élèves des collèges moins favorisés.
Pour ce qui est de la vitesse, les résultats sont un peu meilleurs, avec 54,8 % d'élèves qui ont un niveau satisfaisant (63,3 % chez les garçons contre 45,9 % des filles, c'est l'épreuve où la différence fille-garçon est la moins marquée) ; 61,4 % des élèves scolarisés dans les établissements les plus favorisés ont ce niveau contre 46,2 % des élèves scolarisés dans les établissements les moins favorisés.
Un phénomène qui ne date pas d’hier…
Le manque d'activité physique chez les adolescents n'est pas un phénomène nouveau. En 2019, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) alertait sur le fait que la majorité des adolescents du monde n'étaient pas assez actifs physiquement. Sur la base des données provenant de 1,6 million d'élèves âgés de 11 à 17 ans de 146 pays examinés entre 2001 et 2016, l'organisation révélait qu'au niveau mondial, plus de 80 % des adolescents scolarisés - 85 % des filles et 78 % des garçons - ne respectent pas la recommandation actuelle, qui est de faire au moins une heure d'activité physique par jour. Dans son classement, la France se situait déjà en mauvaise position, à la 119e place sur 146.
Selon l'Anses, les adolescents passent en effet plus de deux heures par jour devant les écrans et le niveau de sédentarité, c'est-à-dire le temps passé assis ou allongé devant un écran de loisir, est plus élevé encore chez les jeunes issus des milieux les moins favorisés.
« Un mode de vie physiquement actif pendant l'adolescence est bon pour la santé : il améliore la forme cardiorespiratoire et musculaire ainsi que l'état des os et la santé cardiométabolique, et a des effets positifs sur le poids, pouvait-on lire dans le communiqué de l'OMS. Des données de plus en plus nombreuses tendent aussi à indiquer que l'activité physique améliore le développement cognitif et la socialisation. Les éléments dont nous disposons aujourd'hui laissent penser qu'une grande part de ces effets continuent de se faire ressentir à l'âge adulte. » Il y a urgence !


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