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Limogé en juillet, Mykhaïlo Fedorov a appelé mardi soir à créer les conditions pour pouvoir tenir des élections malgré l’invasion russe de l’Ukraine et « restaurer un processus démocratique complet ».
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L’ex-ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov demande d’ouvrir la voie à des élections en Ukraine
Le populaire ex-ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov, limogé en juillet, a appelé mardi soir à créer les conditions pour pouvoir tenir des élections, malgré l’invasion russe de l’Ukraine, et « restaurer un processus démocratique complet ».
« La démocratie ne peut pas être retenue en otage par la Russie (…) Ainsi, nous devons trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste qui permettra à l’Ukraine de restaurer un processus démocratique complet même en pleine guerre prolongée », a déclaré M. Fedorov dans un court discours diffusé sur YouTube.
M. Fedorov dénonce parallèlement une « crise systémique de gouvernance », reprochant aux institutions leur lenteur, leur résistance au changement et une culture qui favoriserait parfois la loyauté au détriment de l’efficacité. Il consacre également une large partie de son intervention à la corruption, dont les conséquences seraient particulièrement graves en temps de guerre. « Chaque hryvnia [la devise ukrainienne] qui devait servir à la défense doit servir à la défense », affirme-t-il, soulignant que des fonds détournés peuvent signifier des drones, des munitions ou des équipements qui n’arrivent pas jusqu’aux forces ukrainiennes.
Selon lui, le sentiment d’injustice risque surtout d’éroder la confiance entre les citoyens et l’Etat, notamment lorsque des soldats risquent leur vie tandis que d’autres profitent de la guerre, ou lorsque les décisions des autorités ne sont pas suffisamment expliquées. Il plaide ainsi pour un « nouveau contrat social » fondé sur une relation de confiance et de réciprocité : le citoyen remplit ses obligations envers l’Etat, tandis que celui-ci agit avec transparence et protège ses citoyens. Les Ukrainiens, estime-t-il, peuvent accepter que les autorités commettent des erreurs dans une guerre aussi complexe, mais « ils ont droit à la vérité ».
L’ex-ministre de la défense insiste enfin sur la nécessité de préserver l’espoir de voir émerger après la guerre une Ukraine « plus forte, plus juste et plus libre ». Selon lui, Kiev doit démontrer qu’un pays peut simultanément combattre une guerre et demeurer une démocratie. « Nous ne devons pas permettre à Poutine de décider quand les Ukrainiens peuvent choisir leur pouvoir », affirme-t-il, avant d’appeler à bâtir un Etat où « les institutions sont plus fortes que les noms », où les résultats l’emportent sur la loyauté et où le pouvoir est au service de l’Ukraine plutôt que de lui-même.
La Russie attaque une centrale thermique du groupe DTEK, entraînant l’arrêt de la production d’électricité
La Russie a lancé une attaque d’ampleur contre l’une des centrales thermiques du premier opérateur énergétique privé d’Ukraine, DTEK. « La centrale a cessé de produire de l’électricité à la suite de dommages significatifs causés aux infrastructures par cette frappe », a précisé le groupe DTEK dans un communiqué, sans spécifier immédiatement la localisation exacte du site touché.
Au total, DTEK détient huit centrales thermiques en Ukraine, réparties à travers le pays. Deux d’entre elles, celle de Louhansk et celle de Zaporijia, sont sous occupation russe depuis 2022, tandis que le site de Kourakhove a été entièrement détruit par les forces russes en 2024. Les autres installations du groupe sont situées dans les oblasts de Dnipropetrovsk, Vinnytsia, Lviv et Ivano-Frankivsk.
En juin dernier, DTEK avait annoncé son intention de construire une centrale à turbine à gaz à cycle combiné de 650 mégawatts sur le site de sa centrale thermique de Bourchtyn, dans l’oblast d’Ivano-Frankivsk, afin de moderniser et sécuriser ses capacités de production.
Ce qu’il faut retenir, mardi 18 août, à 21 heures
- Volodymyr Zelensky propose de nommer Ievheni Khmara ministre de la défense et de reconduire Andrii Sybiha aux affaires étrangères. Le président de la Verkhovna Rada, Ruslan Stefanchuk, a confirmé le dépôt des candidatures, précisant qu’elles seraient examinées « dans un avenir proche ».
- L’Ukraine sera en mesure de frapper la Russie avec ses propres missiles balistiques d’ici trois à six mois, affirme l’ancien ministre de la défense ukrainien Mykhaïlo Fedorov, dans un entretien accordé à la chaîne américaine CBS News.
- Le premier ministre britannique rejette les menaces de Moscou et réaffirme son soutien total à l’Ukraine.
- Les exportations de pétrole russe à leur plus bas niveau depuis fin avril, affectées notamment par les attaques de drones ukrainiens et les menaces pesant sur les infrastructures pétrolières de la mer Noire.
- Donald Trump a envoyé en Russie Rodney Mims Cook Jr, son « Monsieur Patrimoine et Architecture », pour des discussions discrètes avec le Kremlin, selon le Financial Times.
- Moscou exclut tout gel du conflit sur la ligne de front actuelle, a déclaré mardi Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe, Vladimir Poutine. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait rejeté cette idée.
- La Russie et la Corée du Nord œuvrent à un ordre mondial « nouveau et juste », selon le chef de la diplomatie russe.
- Un drone explose à un arrêt de bus à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijia, faisant un mort. Fidèle à sa posture de neutralité stricte observée depuis le début du conflit, l’AIEA n’a pas désigné directement le responsable de la frappe.
- L’Allemagne va aider l’Ukraine à sécuriser son réseau énergétique pour faire face aux frappes russes, a déclaré à Kiev le ministre de l’environnement allemand, Carsten Schneider.
- Face aux risques de black-out, la Russie lance la production en masse de sous-stations électriques mobiles, annonce le géant étatique russe de la défense et de la technologie, Rostec.
Cinq navires céréaliers frappés près de ports russes en mer Noire
Au moins cinq navires céréaliers ont été frappés près des ports russes de Novorossiïsk et de Touapsé, en mer Noire, sur fond d’intensification des attaques ukrainiennes contre les infrastructures d’exportation russes, rapporte l’agence Bloomberg, citant des sources proches du dossier.
Le Victoria V (IMO : 9454125), vraquier sous pavillon russe pouvant transporter 7 000 tonnes de céréales, a été attaqué à Novorossiïsk alors qu’il devait y charger du blé. Le Fehu (IMO : 9611826), sous pavillon des îles Marshall, a été frappé après avoir quitté ce même port avec une cargaison de blé, mais a pu poursuivre sa route.
L’Elina B (IMO : 9577446), sous pavillon maltais, a été touché après avoir chargé environ 56 000 tonnes de blé à Novorossiïsk et faisait route vers le Bosphore. Le Necibe (IMO : 9548732), sous pavillon de Saint-Marin, a été frappé par des drones dans le port de Touapsé, où il devait embarquer quelque 20 000 tonnes de blé.
Un cinquième navire, l’Anna S (IMO : 9207778), sous pavillon libérien, avait été touché lundi alors qu’il se dirigeait vers Novorossiïsk pour charger de l’orge. Une attaque de drone a provoqué un incendie à bord, l’empêchant de poursuivre sa route, selon Bloomberg.
Ces attaques interviennent alors que la Russie et l’Ukraine ont intensifié leurs frappes contre les ports et navires commerciaux en mer Noire, faisant craindre des perturbations du commerce mondial des céréales. Les deux pays représentent ensemble plus d’un quart des exportations mondiales de blé.
Depuis le 10 juillet, les attaques de drones ont par ailleurs totalement interrompu les expéditions depuis les ports russes de la mer d’Azov, qui représentent environ un quart des exportations céréalières du pays, selon Bloomberg. La semaine dernière, trois terminaux du port en eaux profondes de Novorossiïsk avaient également annoncé la suspension de leurs activités après l’une des plus importantes attaques depuis le début de la guerre.
La Belgique prête à envisager le transfert des avoirs russes à l’Ukraine à condition de partager les risques
La Belgique envisage la possibilité d’utiliser les avoirs russes gelés au profit de l’Ukraine, mais exige que les risques juridiques, financiers et systémiques d’une telle décision soient partagés avec les autres pays européens, a déclaré mardi à Kiev, Maxime Prévot, le ministre des affaires étrangères belge. « La Belgique ne peut assumer seule le risque de devoir potentiellement rembourser ces fonds à la Russie dans dix ou quinze ans », a affirmé M. Prévot lors d’un déplacement dans la capitale ukrainienne, cité par le média public ukrainien Suspilne.
Environ 210 milliards d’euros d’actifs souverains russes sont actuellement immobilisés au sein de l’Union européenne, dont la grande majorité est détenue par le dépositaire central de titres Euroclear, basé en Belgique.
A la fin de 2025, Bruxelles s’était opposée à la saisie directe et au transfert de ces fonds vers Kiev, réclamant un mécanisme de solidarité européenne pour répartir les garanties financières. « Proportionnellement, [ce risque] est inacceptable pour notre budget. Mais cette solidarité ne s’est jamais matérialisée, probablement parce que beaucoup d’autres capitales ont également pris conscience des risques et n’ont pas voulu les partager », a expliqué le chef de la diplomatie belge.
M. Prévot a toutefois assuré que cette posture ne reflétait pas un manque de soutien envers Kiev, soulignant que des experts avaient identifié des risques systémiques majeurs pour la stabilité des marchés financiers européens qu’il convient de neutraliser avant toute prise de décision.
Sur Le Monde aujourd’hui
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La Russie lance plus de 70 drones Shahed à réaction, principalement vers la région de Kiev
La Russie a lancé mardi dans la journée 76 drones Shahed à réaction contre l’Ukraine, principalement en direction de la région de Kiev, annonce l’armée de l’air ukrainienne. Selon un bilan préliminaire, les défenses antiaériennes ont abattu ou neutralisé plus de 70 de ces drones.
L’armée de l’air a toutefois fait état d’impacts de drones ainsi que de chutes de débris d’appareils abattus sur plusieurs sites, précisant que les informations étaient encore en cours de vérification.
Plus de 20 autres drones à réaction sont entrés dans l’espace aérien ukrainien en fin d’après-midi, selon la même source, qui a indiqué que les opérations de défense antiaérienne se poursuivaient.
Menacé par un complot russe, le patron allemand de Donaustahl, fournisseur de drones à l’Ukraine, vit caché sous protection policière
Stefan Thumann, le patron de Donaustahl, une start-up allemande du secteur de la défense qui fournit des drones d’attaque à l’Ukraine, a révélé au cours d’un entretien avec la chaîne de télévision RTL et le magazine Stern, diffusé mardi, que les autorités allemandes l’avaient averti, fin 2025, de ce complot des services de renseignement russes.
« Je change constamment de lieu (de résidence), je bénéficie d’une protection rapprochée vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; ma vie privée a cessé d’exister », a affirmé le PDG de cette entreprise qui fabrique notamment des drones d’attaque et de reconnaissance ainsi que des logiciels pour drones militaires. « Je livre un duel face au service de renseignement militaire russe », ajoute cet homme de 39 ans.
En mars, le parquet a annoncé l’arrestation de deux personnes qualifiées d’« agents jetables » – car ils sont souvent recrutés pour des sommes modiques et peu formés – qui auraient espionné M. Thumann afin de préparer son meurtre. La menace qui pèse sur lui ne peut pour autant pas être écartée, selon les deux médias.
RTL a en effet cité un parlementaire allemand assurant que les préparatifs en vue d’éliminer M. Thumann étaient très avancés et que l’utilisation d’un agent neurotoxique était pour ce faire prévue. Le conflit en Ukraine est devenu « ma guerre personnelle », souligne-t-il.
En 2024, CNN rapportait que les Etats-Unis et l’Allemagne avaient déjoué un complot russe destiné à tuer Armin Papperger, le PDG de Rheinmetall, le plus grand groupe de défense allemand et un fournisseur majeur de munitions et d’armes à l’Ukraine.
Volodymyr Zelensky propose de nommer Ievheni Khmara ministre de la défense et de reconduire Andrii Sybiha aux affaires étrangères
Le président ukrainien a officiellement proposé mardi au Parlement de nommer Ievheni Khmara ministre de la défense et de reconduire Andrii Sybiha aux affaires étrangères, deux fonctions qu’ils exerçaient jusqu’ici par intérim.
Le président de la Verkhovna Rada (le Parlement), Ruslan Stefanchuk, a confirmé le dépôt des candidatures, précisant qu’elles seraient examinées « dans un avenir proche », conformément à la Constitution et à la procédure parlementaire. Selon le député Yaroslav Zhelezniak, les votes sur les deux nominations devraient avoir lieu mercredi 19 août.
Ancien haut responsable des services de sécurité ukrainiens (SBU), Ievheni Khmara a commandé le centre d’opérations spéciales Alpha et supervisé la campagne ukrainienne de frappes de drones de longue portée contre la Russie. Il a également dirigé l’opération ayant permis à l’Ukraine de reprendre l’île aux Serpents en 2022.
La Russie soupçonnée d’être impliquée dans l’incendie d’un site de l’entreprise de défense Milrem Robotics, en Estonie
Les autorités estoniennes enquêtent sur une possible implication de la Russie dans l’incendie d’un bâtiment utilisé par l’entreprise de défense Milrem Robotics, un fabricant de véhicules de combat autonomes, a annoncé mardi le premier ministre Kristen Michal.
Un bâtiment utilisé par l’entreprise de défense Milrem Robotics, à Lasnamäe en Estonie, a été touché par un incendie dans la nuit de samedi à dimanche, les autorités privilégiant la piste criminelle. Des suspects ont été identifiés et sont recherchés, tandis que les enquêteurs examinent notamment l’hypothèse d’un acte de sabotage commandité par la Russie, jugée suffisamment sérieuse par le premier ministre Kristen Michal pour être examinée par les services de sécurité. « Si l’objectif était d’intimider l’Estonie, de diviser notre population ou de nous pousser à cesser de soutenir l’Ukraine, cela ne fonctionnera pas », a-t-il ajouté.
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Moscou exclut tout gel du conflit sur la ligne de front actuelle
La Russie exclut tout cessez-le-feu qui conduirait à geler le conflit en Ukraine le long de l’actuelle ligne de front, a déclaré mardi Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe Vladimir Poutine. « Vous connaissez notre position, elle exclut cette possibilité », a déclaré M. Ouchakov, interrogé par le propagandiste Pavel Zaroubine sur des propositions visant à interrompre les combats sur les positions actuellement tenues par les forces russes et ukrainiennes. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe a rejeté, vendredi, l’idée d’un cessez-le-feu sur la ligne de contact actuelle.
Interrogé par ailleurs sur l’existence d’une « diplomatie discrète » entre Moscou et Washington, évoquée par des médias américains, M. Ouchakov a estimé que « la diplomatie se mène généralement toujours dans la discrétion ». « Si quelque chose est discuté publiquement, alors ce n’est plus de la diplomatie, mais probablement des déclarations publiques », a-t-il ajouté.
Le premier ministre britannique rejette les menaces de Moscou et réaffirme son soutien total à l’Ukraine
« Nous ne sommes pas des amis des beaux jours. Nous serons là au moment où l’Ukraine en aura besoin, et cela ne changera pas », a déclaré Andy Burnham, rejetant fermement les mises en garde du Kremlin concernant les livraisons de drones à Kiev.
Le chef du gouvernement britannique a insisté sur le fait que le Royaume-Uni ne faisait que « ce qu’il a toujours dit qu’il ferait », à savoir soutenir Kiev dans la guerre « illégale » menée par le président russe, Vladimir Poutine.
Moscou a mis en garde Londres contre des « conséquences » liées à la fourniture de drones à l’armée ukrainienne. En juin, Londres s’est engagé à fournir 150 000 drones à l’Ukraine d’ici à la fin de l’année, dans le cadre d’un package d’aide militaire de 752 millions de livres sterling (environ 996 millions de dollars).
Les exportations de pétrole russe à leur plus bas niveau depuis fin avril, sur fond d’attaques ukrainiennes
Les exportations maritimes de pétrole brut russe sont tombées à leur plus bas niveau depuis fin avril, affectées notamment par les attaques de drones ukrainiens et les menaces pesant sur les infrastructures pétrolières de la mer Noire, selon des données compilées par l’agence Bloomberg.
Les expéditions ont diminué pour la cinquième semaine consécutive, soit la plus forte baisse sur une période comparable depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Sur les quatre semaines achevées le 16 août, la Russie a exporté en moyenne 3,58 millions de barils par jour, selon les mouvements de navires analysés par Bloomberg.
La baisse s’est accentuée la semaine dernière, durant laquelle aucun chargement de brut n’a été effectué à Novorossiïsk, port stratégique russe sur la mer Noire visé par une attaque ukrainienne mercredi. Des installations ont toutefois repris leurs activités durant le week-end, note Bloomberg.
Les précédentes frappes ukrainiennes contre les raffineries russes avaient paradoxalement favorisé les exportations, le brut qui ne pouvait plus être raffiné étant envoyé à l’étranger. Mais les nouvelles attaques de Kiev visent désormais également les ports et les navires participant aux exportations, limitant cette possibilité.
La production pétrolière russe montre, elle aussi, des signes de faiblesse. Elle est tombée, en juillet, à 8,89 millions de barils par jour, son plus bas niveau depuis six ans, selon des estimations de sources secondaires publiées par l’OPEP. Ce niveau est inférieur de près de 1 million de barils par jour au plafond autorisé à la Russie dans le cadre de l’accord OPEP+.
Les exportations russes restent toutefois relativement élevées : malgré cinq semaines de baisse, leur niveau moyen depuis le début de 2026 demeure supérieur à celui enregistré chaque année depuis l’invasion de l’Ukraine.
La Russie continue notamment d’écouler une grande partie de son pétrole vers l’Asie. Les volumes à destination de la Chine ont atteint environ 1,22 million de barils par jour sur quatre semaines. Les données concernant l’Inde sont plus difficiles à établir, de nombreux pétroliers n’indiquant leur destination finale que tardivement.
La baisse des volumes n’a par ailleurs que faiblement affecté les recettes de Moscou grâce à la remontée des cours. La valeur brute des exportations s’est établie en moyenne à 1,71 milliard de dollars par semaine sur les quatre semaines achevées le 16 août.
Le brut russe de référence Oural exporté depuis les ports de la Baltique s’est notamment apprécié d’environ 3 dollars, à 67 dollars le baril, son plus haut niveau depuis huit semaines.
Un deuxième navire grec ciblé en vingt-quatre heures au large de Novorossiïsk
L’ANNA S (IMO : 9207778), un cargo sous pavillon libérien géré par la compagnie grecque Neptune Tradebulk faisant route vers la Russie pour y charger du grain a pris feu après avoir été ciblé par une attaque de drones au large du port de Novorossiïsk, en mer Noire, marquant le deuxième incident impliquant un navire exploité depuis la Grèce en vingt-quatre heures, rapporte mardi le média d’investigation The Insider.
L’ANNA S a été touché dimanche à environ 20 milles nautiques du port de Novorossiïsk. Les 21 membres d’équipage – 20 Philippins et un capitaine roumain – ont pu évacuer le navire indemnes avant d’être recueillis par un autre cargo naviguant à proximité, selon le média grec Proto Thema.
Le navire naviguait à vide et venait de Turquie pour effectuer un chargement de céréales russes à Novorossiïsk. Selon des données de suivi maritime, ce bâtiment a fréquenté les ports russes à près de 100 reprises depuis 2020. Un second navire, l’ELINA B, venu porter secours aux marins, aurait également subi une attaque quelques heures plus tard sans perdre sa capacité de navigation, bien que cet incident n’ait pas été confirmé de source indépendante.
La veille, le Skiros, un pétrolier également sous gestion grecque, avait été ciblé au large du terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC) après avoir chargé du brut russe.
Ces attaques interviennent alors que les frappes visant les infrastructures navales et le trafic marchand lié à la Russie se sont intensifiés dans le bassin de la mer Noire, malgré des démarches diplomatiques en coulisses visant à préserver certaines lignes d’exportation non sous sanction.
Un drone explose à un arrêt de bus à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijia, faisant un mort
Un drone a explosé à un arrêt de bus fréquenté par le personnel de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, faisant un mort et trois blessés graves, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
L’agence des Nations unies chargée de la surveillance du nucléaire, précise dans un communiqué publié sur le réseau social X que le directeur de la centrale a qualifié cet incident de « pire événement que la centrale ait jamais connu ». Citant toujours le directeur de la centrale, l’AIEA ajoute que l’explosion, survenue vers 6 heures du matin, a touché en tout 16 personnes parmi le personnel et les sous-traitants. Fidèle à sa posture de neutralité stricte observée depuis le début du conflit, l’agence s’en tient aux faits qui lui ont été rapportés et évite de désigner directement le responsable de la frappe.
Les forces russes se sont emparées de la centrale, la plus grande d’Europe avec ses six réacteurs, au cours des premières semaines de leur invasion de l’Ukraine en février 2022, et depuis lors, chaque camp accuse régulièrement l’autre de mener des actions compromettant la sûreté nucléaire.
Parmi les incidents militaires récents, l’approvisionnement en eau de certaines parties de la centrale a été touché en juillet.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a appelé « les commandants militaires responsables de ces actions, ainsi que tous ceux qui prennent pour cible des centrales nucléaires et/ou leur personnel, à mettre immédiatement un terme à ces agissements inacceptables ».
Reprises d’activités en vue sur un terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC)
Un pétrolier a été repéré le week-end dernier amarré à une bouée de chargement du terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC), près du port russe de Novorossiïsk, hors service depuis près de neuf mois, un signe possible d’une reprise imminente des opérations, rapporte l’agence Bloomberg, mardi, d’après des images de la société Planet Labs PBC.
Le navire s’est amarré à la bouée d’ancrage à point unique n °2 (SPM-2), l’une des trois installations du terminal de CPC situé sur la côte russe de la mer Noire. Cette infrastructure achemine habituellement 80 % des exportations de pétrole brut du Kazakhstan, représentant près de 2 % de l’approvisionnement mondial.
L’installation était hors service depuis fin novembre après avoir été gravement endommagée par une attaque de drone ukrainien. CPC avait engagé en mai son remplacement, l’équipement datant de 2001. La présence de ce premier pétrolier pourrait indiquer le déroulement de tests finaux avant le redémarrage des chargements. Contacté, CPC s’est refusé à tout commentaire.
Les activités de ce terminal-clé – dont plus de 70 % du brut est destiné aux raffineries européennes – sont étroitement surveillées alors que les frappes répétées en mer Noire ont entraîné une nette baisse des exportations ces dernières semaines. Le marché européen reste par ailleurs sous pression en raison des fortes restrictions sur les flux pétroliers traversant le détroit d’Hormuz.
L’Allemagne va aider l’Ukraine à sécuriser son réseau énergétique pour faire face aux frappes russes
Berlin est prêt à investir dans le développement d’énergies renouvelables décentralisées en Ukraine afin de réduire la vulnérabilité de son réseau électrique aux attaques russes, a déclaré à Kiev le ministre de l’environnement allemand, Carsten Schneider, cité par la Deutsche Welle.
Accompagné d’une délégation commerciale de 17 entreprises allemandes à la recherche de partenaires locaux, M. Schneider a souligné l’urgence pour l’Ukraine d’adopter des technologies renforçant sa résilience énergétique.
« Les sources d’énergie renouvelable décentralisées rendent l’approvisionnement moins vulnérable. Les bâtiments à haute efficacité énergétique consomment moins, et l’économie circulaire préserve les matières premières et accroît l’indépendance du pays. Ce ne sont pas des technologies d’un avenir lointain : l’Ukraine en a besoin dès maintenant », a-t-il insisté.
Selon le ministre, ces partenariats doivent permettre à Kiev de moderniser ses infrastructures tout en offrant un nouveau marché aux entreprises allemandes. M. Schneider a par ailleurs estimé que l’Allemagne pourrait s’inspirer de l’expérience ukrainienne en matière d’innovation rapide et de gestion de crise prolongée.
La Russie et la Corée du Nord œuvrent à un ordre mondial « nouveau et juste », selon Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe
La Corée du Nord vit un état de grâce. Mardi, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe a déclaré à son homologue nord-coréen que leurs pays œuvraient à l’instauration d’un « nouvel ordre mondial juste », après l’aide de Pyongyang à Moscou pour repousser une incursion ukrainienne sur le territoire russe. Sergueï Lavrov a également réaffirmé l’engagement de Moscou à renforcer la coopération dans tous les domaines et à contribuer à la sécurité régionale et internationale.
Samedi, Vladimir Poutine a adressé ses félicitations à Kim Jong-un pour le 81e anniversaire de la libération du pays de l’occupation japonaise. Dimanche, le dirigeant de la Corée du Nord a souligné la contribution de l’Armée rouge à la libération du pays de l’occupation japonaise et a déclaré qu’il était fier des relations avec la Russie.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a envoyé environ 14 000 soldats en Russie fin 2024 pour aider Moscou à repousser une incursion ukrainienne de grande envergure dans la région de Koursk. Au début du mois, le président ukrainien a déclaré que jusqu’à 50 000 soldats nord-coréens seraient envoyés en Russie dans le cadre d’un nouveau déploiement visant à accroître la pression militaire sur l’Ukraine.
Pyongyang a également fourni à la Russie des millions d’obus d’artillerie et de mortier, des missiles balistiques, de l’artillerie à longue portée et des systèmes de lance-roquettes multiples, selon des évaluations ukrainiennes et indépendantes.
Le ministre des affaires étrangères belge reçu dans un abri antiaérien face aux attaques russes
Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, et son homologue belge, Maxime Prévot, dans un abri aérien lors de frappes russes, à Kiev, le 18 août 2026. Le chef de la diplomatie ukrainienne a été contraint de s’entretenir mardi avec son homologue belge, en visite à Kiev, dans un abri antiaérien, en raison du risque d’attaques aériennes russes, a-t-il déclaré.
« En raison des drones russes qui attaquent notre capitale, nous avons mené nos réunions sous terre, dans l’abri antibombes » du ministère des affaires étrangères ukrainien, a écrit Andrii Sybiha, sur les réseaux sociaux, à l’issue d’une rencontre avec son homologue belge Maxime Prévot.
Le ministre ukrainien a également publié une photo le montrant en pleine discussion avec Maxime Prévot dans ce qui semble être un abri, et une vidéo des deux hommes en train de remonter des escaliers.
Mardi matin, trois alertes aériennes ont retenti dans la capitale ukrainienne, comme quasi quotidiennement. Certains responsables étrangers ont dû s’y réfugier lors de leurs visites régulières dans le pays, voire y continuer leurs réunions.
En juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait dû être conduite vers un abri à Kiev en raison d’une menace de drone russe.
Le parquet de Paris se saisit des soupçons d’ingérence russes ayant ciblé Gabriel Attal et Edouard Philippe
Au début d’août, une série d’opérations de déstabilisation avaient calomnié les deux candidats à l’élection présidentielle, tout comme le patron de Place publique, Raphaël Glucksmann.
Face aux risques de black-out, la Russie lance la production en masse de sous-stations électriques mobiles
Le géant étatique russe de la défense et de la technologie, Rostec, a annoncé le lancement de la production en série de sous-stations électriques mobiles afin de parer au risque de coupures de courant majeures provoquées par des attaques de drones.
Intitulée « Réponse énergétique d’urgence en cas de black-out » sur la chaîne Telegram officielle de l’entreprise, cette initiative marque une reconnaissance directe par le groupe public de la vulnérabilité des infrastructures énergétiques russes face aux frappes de drones ukrainiens.
Selon des estimations de journalistes indépendants, plus de 460 détériorations du réseau électrique russe causées par des drones avaient été répertoriées sur les dix premiers mois de l’année 2025, la région frontalière de Belgorod figurant parmi les zones les plus touchées.
Si les autorités russes dissimulent désormais les données officielles concernant l’état du réseau pour l’année 2026, l’ampleur et la portée géographique des frappes se sont nettement intensifiées. Depuis cet été, des interruptions massives et prolongées de l’approvisionnement électrique sont régulièrement signalées à travers l’ensemble de la péninsule de Crimée, occupée par Moscou.


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