Dans cinq jours, des centaines de milliers d’ascenseurs et de boîtiers de téléassistance pourraient perdre tout moyen de communiquer avec l’extérieur. Beaucoup de propriétaires ignorent encore qu’Orange et Free s’apprêtent à éteindre la 2G dans 43 départements, emportant avec elle des dispositifs de sécurité que l’on croyait increvables et parfaitement fiables.
À retenir
- Le 20 octobre 2026, Orange et Free éteindront la 2G dans 43 départements, dont Paris et les Hauts-de-Seine, sans possibilité de report.
- Environ 232 000 ascenseurs et 120 000 dispositifs de téléassistance fonctionnent encore en 2G et risquent de perdre toute connexion à cette date.
- Pour anticiper la coupure, il est possible d'installer des puces compatibles 4G (VoLTE, LTE-M) ou de migrer vers SFR ou Bouygues Telecom, qui maintiennent leur réseau 2G jusqu'en novembre ou décembre 2026.
Ces appareils « protégés » qui vont soudainement devenir muets
On a tendance à croire qu’une fois installé, un système de sécurité fonctionne pour toujours. C’est particulièrement vrai pour les boutons d’appel d’urgence dans les ascenseurs ou les bracelets de téléassistance des personnes âgées. Ces objets semblent appartenir à une catégorie à part, celle des dispositifs qu’on ne touche jamais parce qu’ils sont censés veiller sur nous en silence.
Le problème, c’est que ces appareils reposent souvent sur une technologie vieille de plus de trente ans : la 2G. Et la fédération professionnelle des ascenseurs est formelle, 232 000 systèmes de téléalarme fonctionnent encore avec ce réseau, auxquels s’ajoutent 58 000 équipements en 3G. Cela représente près de la moitié du parc d’ascenseurs français, tout de même.
Du côté de la téléassistance, les chiffres ne sont pas plus rassurants. On compte 120 000 dispositifs encore connectés en 2G et 180 000 en 3G, utilisés par des personnes âgées ou en situation de dépendance. Autrement dit, des centaines de milliers de foyers s’appuient sur une technologie dont la date de péremption approche à grands pas, sans forcément le savoir.
La France comptait encore 1,7 million de terminaux 2G actifs fin juin 2026, contre près de 2,9 millions un an plus tôt. Un recul de 41,4 % en douze mois, qui montre que la transition est déjà bien engagée, mais loin d’être terminée pour tout le monde.
Le compte à rebours de cinq jours que personne n’a vu venir
Le 20 octobre 2026, Orange coupera définitivement sa 2G dans 43 départements. Parmi eux, des zones parmi les plus densément peuplées du pays, Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines ou encore le Val-d’Oise. L’intégralité de la liste figure dans le calendrier publié par l’Arcep, le gendarme des télécoms, et couvre aussi bien des départements ruraux que de grandes agglomérations.
Cette échéance ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un calendrier progressif, amorcé dès le 31 mars 2026 à Bayonne, Anglet et Biarritz, avant de s’étendre en mai et juin à plusieurs départements du Sud-Ouest. Nice a suivi le 22 septembre, puis 44 départements supplémentaires sont passés à la trappe le 6 octobre. Le 20 octobre marque donc une nouvelle vague, particulièrement massive.
Un détail mérite d’être souligné, Free Mobile ne possède aucun réseau 2G en propre. Ses abonnés transitent par les antennes d’Orange grâce à un accord d’itinérance, validé par l’Arcep jusqu’à fin 2028 pour les réseaux en fin de vie. Résultat, les clients Free suivent exactement le même calendrier que ceux d’Orange, sans exception possible.
Seules les zones blanches réglementaires bénéficient d’un sursis, avec une extinction repoussée entre le 1er et le 15 décembre 2026. Pour le reste du territoire concerné, l’échéance est fixée au 20 octobre, sans aucune marge de manœuvre supplémentaire.
La parade existe déjà : puces 4G ou fuite vers un opérateur rival
Face à cette échéance imminente, deux solutions concrètes s’offrent aux utilisateurs concernés. La première consiste à remplacer le matériel de téléalarme ou de téléassistance par des puces et modules compatibles 4G, notamment les standards VoLTE et LTE-M, pensés pour faire transiter la voix et les données sur les réseaux récents. C’est la solution la plus pérenne, mais elle demande une intervention technique rapide.
La seconde option, plus immédiate, consiste à migrer vers un opérateur qui maintient encore son réseau 2G actif. SFR ne coupera le sien que le 15 novembre 2026, et Bouygues Telecom entre le 15 novembre et le 15 décembre selon les communes. Ce décalage offre une marge de manœuvre précieuse pour les foyers pris de court par l’échéance d’Orange et Free.
Autre point à connaître, un téléphone qui capte encore la 3G continuera de pouvoir appeler jusqu’en 2028 chez Orange et SFR, et même jusqu’à fin 2029 chez Bouygues Telecom. La 2G disparaît donc plus vite que la 3G, ce qui laisse un peu de temps à ceux dont les équipements basculent sur cette fréquence intermédiaire.
Dans tous les cas, attendre n’est clairement pas la bonne stratégie. Les copropriétés équipées d’ascenseurs anciens et les familles qui ont installé un dispositif de téléassistance pour un proche ont tout intérêt à vérifier dès maintenant la compatibilité de leur matériel, plutôt que de découvrir la panne au pire moment.
Cette extinction progressive de la 2G n’a rien d’un caprice technique. Elle libère des fréquences précieuses pour des réseaux plus performants, tout en imposant une mise à niveau que beaucoup repoussaient depuis des années. Reste à espérer que les derniers jours avant le 20 octobre suffiront à ceux qui n’avaient pas encore pris la mesure du problème.


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