Son troisième long format s’apprête à fêter sa première année, et on flirte déjà avec la certitude qu’il va merveilleusement bien vieillir. Chaque séance d’écoute intensive vient confirmer l’évidence: on plane dans une atmosphère hallucinante, perchée entre deux dimensions – la terre ferme et l’outre-espace – sans la moindre envie de redescendre ni de s’envoler plus loin. C’est le plus doux des poisons, et d’ailleurs, la traduction littérale du titre donne «un léger vertige d’amour» (Pequena Vertigem de Amor, en VO). Effectivement, on manque de perdre l’équilibre à chaque extrait. C’est une musique de fin de jeûne, de fin de journée, de fin de presque tout, quand le corps bouge au ralenti et que les sensations se font pourtant plus nettes.
Comme un léger vertige, donc, mais mieux vaut laisser son auteur-compositeur-interprète Sergio Sayeg, alias Sessa, l’évoquer en des termes limpides: «C’est ce sentiment entre la peur et l’attirance, ce que tu ressens en plein ventre quand l’amour vient frapper à ta porte.» Avec une voix qui ondule au ralenti, pile comme on l’espérait. Cet homme-là parle presque comme il chante; il ne doit pas s’énerver bien souvent. Il précise que la naissance de son fils pendant l’écriture a tout bouleversé chez lui. Comme la déco de son salon, apparemment, puisque les murs sont tapissés de ses dessins. Son fiston a clairement gagné à la loterie incertaine de l’environnement familial – un père à la fois hyper cool et génie musical, pas si courant – mais il va devoir patienter pour le prochain câlin: Sessa sillonne l’Europe cet automne, avec notamment trois dates en Suisse.


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