Récemment, un laboratoire étasunien a débuté la commercialisation d’un complément alimentaire très spécial. Ce dernier serait capable d’intercepter les microplastiques (et nanoplastiques) dans le système digestif avant que ces derniers ne traversent la barrière intestinale. Quel est ce complément ? Pourquoi ce dernier suscite t-il déjà la controverse ?
Des macrostructures d’environ 200 micromètres
Depuis quelques temps, la Science sait que les microplastiques (et nanoplastiques) sont capables passer la barrière intestinale avant de se propager dans la circulation sanguine. Comme l’expliquait une publication de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) en fin d’année 2025, ceci peut entrainer une inflammation systémique, un stress oxydatif, ainsi que des perturbations métaboliques dans les organes profonds – notamment dans le foie et le cerveau.
Le laboratoire étasunien Quorum Innovations a développé le Qi601, un composé postbiotique innovant mis au point pour intercepter les microplastiques et nanoplastiques dans le système digestif, avant que ceux-ci ne traversent la barrière intestinale. Ces travaux ont fait l’objet d’une pré-publication sur la plateforme BioRxiv en mai 2026.
Pour rappel, le terme « postbiotique » désigne une préparation de micro-organismes inanimés, c’est à dire des bactéries détruites par la chaleur. Ici, le Qi601 est obtenu à partir d’une souche spécifique de la bactérie Limosilactobacillus fermentum – la souche LfQi6 – cultivée sous forme de biofilm. Quorum Innovations dit avoir généré des macrostructures d’environ 200 micromètres, une taille évitant toute absorption par l’intestin.
Des résultats encourageants
Comme l’explique le laboratoire, les parois cellulaires des bactéries mortes possèdent une surface très irrégulière, rugueuse et collante. En arrivant dans le système digestif, le Qi601 agit telle une plateforme de liaison physique, attirant et séquestrant les fragments de plastique flottants. Une fois les microplastiques solidement fixés au postbiotique, l’organisme les élimine naturellement par les voies fécales lors de la digestion.
Les résultats de l’étude affichent une réduction de 83% de l’adhérence des nanoplastiques aux cellules intestinales humaines? De plus, le Qi601 a conservé 98% de sa capacité de liaison lors des tests de digestion simulé. Durant un de ce test mettant en scène des volontaire mâchant du chewing-gum – une source avérée de microplastiques – le postbiotique a réduit fortement la présence de ces particules fines dans la salive.
« Ces résultats, pris dans leur ensemble, confortent le concept d’intervention postbiotique pour la protection de l’épithélium gastro-intestinal contre les nanoparticules microbiennes ingérées. », peut-on lire dans l’étude.
Crédit : Quorum Innovations
Déjà sur le marché mais non sans controverse
Après la parution de l’étude, le laboratoire a débuté la commercialisation du Qi601 sous le nom My Gut Guardian. Il s’agit en pratique d’un complémentaire par voie orale, à savoir une gélule à avaler une fois par jour. Le produit entre donc dans la catégorie des compléments microbiotiques postbiotiques, dans laquelle nous retrouvons par exemple le Lactéol, un anti-diarrhéique.
Soulignons au passage que la souche bactérienne utilisée pour le Qi601 bénéficie de Generally Recognized As Safe (GRAS) de la Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis. Néanmoins, si sa vente libre comme ingrédient alimentaire sûr est désormais autorisée, il est potentiellement question de dérives sur les plans marketing et éthique. En effet, le Qi601 n’est pas considéré comme étant un médicament. Aussi, il faut savoir que le complément agit comme un filtre « entrant » dans le tube digestif, et non comme un aimant.
De plus, le terme « detox », ayant déjà fait son apparition dans la communication commerciale autour du produit, doit être mesuré. Le Qi601 est incapable de retirer le plastique déjà stocké dans les tissus, les artères et le cerveau. Enfin, certains observateurs estiment que le postbiotique en question ne représente pas une véritable solution, le meilleur moyen étant de réduire voire stopper complètement la production de plastique à l’échelle globale.


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