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En climatisant ses étages à Dubaï, la plus haute tour du monde tire littéralement de l’air 57 millions de litres par an

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Le Burj Khalifa, 828 mètres et 163 étages, produit de l’eau en même temps que du froid. Selon le site officiel de la tour, son système de récupération des condensats de climatisation est présenté comme capable de fournir environ 15 millions de gallons d’eau d’appoint par an, soit près de 57 millions de litres.

Vingt piscines olympiques, puisées dans l’air.

La page officielle de la tour avance environ 15 millions de gallons par an, soit à peu près 20 piscines olympiques. Ces gallons sont américains, et la conversion donne 56,8 millions de litres. Rapportée à la consommation moyenne de la tour, fixée à 946 000 litres par jour sur la même page, cette quantité représenterait environ 60 jours d’eau. Le parallèle a ses limites, puisque l’eau de condensation sert à l’arrosage et non à la consommation courante des occupants.

À retenir

  • Le Burj Khalifa récupère environ 57 millions de litres d’eau par an grâce à ses condensats de climatisation.
  • Cette eau sert principalement à irriguer le parc de 11 hectares voisin.
  • Ce volume reste un chiffre de conception, sans bilan annuel publié dans les sources consultées.

Sommaire

  1. Quand l’air chaud rencontre un serpentin froid
  2. Un parc de 11 hectares arrosé par la climatisation
  3. Un chiffre de conception, pas un compteur

Quand l’air chaud rencontre un serpentin froid

La flaque qui se forme sous une voiture climatisée après un trajet d’été a la même origine que ce flux. L’air chargé d’humidité passe sur des batteries froides, la vapeur se condense, l’eau goutte. À Dubaï, où les maximales moyennes d’été atteignent environ 41 °C (106 °F) selon The Urban Developer, la tour refroidit un air extérieur brûlant, et le climat chaud et humide de la ville génère une condensation importante, relève Commercial Interior Design.

En comptant 2,5 millions de litres par bassin olympique, 57 millions de litres donnent plutôt 23 piscines, de sorte que le chiffre de 20 est un ordre de grandeur arrondi. Lissé sur 365 jours, ce volume représente environ 156 000 litres par jour, soit à peu près 1,8 litre par seconde, de quoi faire couler en continu une dizaine de robinets domestiques.

Cette eau a un coût caché. Condenser la vapeur fait partie du travail du climatiseur, ce que les ingénieurs appellent la charge latente. Plus l’air est humide, plus cette part du travail grossit, au détriment du simple abaissement de la température.

Selon Commercial Interior Design, sept étages mécaniques à double hauteur, répartis tous les 30 niveaux environ, abritent les centrales de traitement d’air, les pompes et les réservoirs. Des zones de refuge pressurisées et climatisées s’ajoutent environ tous les 25 étages. Le même magazine évoque un besoin d’environ 10 000 tonnes de froid pour l’ensemble de la tour. Les condensats, eux, rejoignent par un réseau de canalisations séparé un bassin de stockage situé dans le parking du sous-sol.

Un parc de 11 hectares arrosé par la climatisation

L’eau récupérée sert à irriguer le parc voisin, rappelle Wikipédia, dont certaines descriptions évoquent environ 11 hectares de jardins, soit à peu près une quinzaine de terrains de football. Si les 57 millions de litres lui étaient entièrement destinés, cela équivaudrait à une lame d’eau d’environ 50 centimètres par an sur toute sa surface. Le calcul reste théorique, aucune répartition précise des usages n’apparaissant dans les sources consultées.

Le parc boit ce que la tour transpire.

Selon des communiqués diffusés lors de l’ouverture de la tour en 2010, le condensat devait aussi refroidir l’eau potable fournie par la Dubai Electricity and Water Authority. Il était ensuite collecté dans une cuve d’irrigation sur site pour l’aménagement paysager. Ces textes annonçaient déjà 15 millions de gallons d’eau d’appoint par an, formulés au futur, une fois le système en service. Ils mentionnaient aussi des panneaux solaires chargés de chauffer environ 140 000 litres d’eau par jour pour les résidents.

Certaines fiches touristiques citent aussi la fontaine de Dubaï parmi les destinations de cette eau. Les sources officielles consultées ne le confirment pas, donc seule l’irrigation du parc peut être affirmée.

Un chiffre de conception, pas un compteur

Le volume repose sur des termes prudents : « environ » sur la page officielle, ce qui signale une estimation de conception plutôt qu’un relevé. Aucun bilan annuel publié n’apparaît dans les sources consultées, et écrire que la tour récolte 57 millions de litres chaque année depuis 2010 transformerait une prévision en mesure. Les ordres de grandeur, eux, concordent d’une source à l’autre, jusqu’aux 57 000 mètres cubes que citent certaines fiches techniques.

946 000 litres : c’est la consommation moyenne quotidienne de la tour.

Cela fait près de 11 litres par seconde, jour et nuit, si l’on divise par 86 400 secondes. Les condensats lissés, eux, ne dépasseraient pas 1,8 litre par seconde.

La même page officielle évoque une pointe électrique de 36 MW. L’eau récupérée allège la facture d’irrigation, elle ne compense pas l’électricité qu’il faut pour refroidir 163 étages. Mon avis : l’intérêt du dispositif tient moins à son volume qu’à son principe, qui consiste à valoriser un sous-produit plutôt qu’à l’évacuer.

Le même principe existe à l’échelle d’un logement. Un climatiseur ou un déshumidificateur remplit un bac ou goutte par un tuyau d’évacuation. Cette eau n’est pas potable. Elle peut en revanche servir à arroser des plantes d’ornement, à condition de la récupérer proprement plutôt que de la laisser couler sur la façade.

Sur une année, la consommation moyenne de 946 000 litres par jour représente environ 345 millions de litres. Si le chiffre de conception se vérifiait, les condensats en couvriraient donc à peu près un sixième en volume.

Sources : commercialinteriordesign.com | albawaba.com

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