À retenir
- Le tramway du Mont-Blanc s’arrête au Nid d’Aigle, à 2 372 m, depuis le 1er août 1913.
- La ligne avait été conçue pour atteindre l’aiguille du Goûter, à 3 817 m.
- Les difficultés financières, puis la mobilisation de 1914, ont stoppé le chantier.
- Le prolongement inauguré en 2026 ne gagne que 40 m d’altitude.
Sommaire
Une concession taillée pour le sommet
Le tramway du Mont-Blanc s’arrête à 2 372 m depuis le 1er août 1913, alors qu’il avait été conçu pour viser l’aiguille du Goûter, à 3 817 m. Ni la pente, qui culmine à 240 ‰, ni la glace n’ont donné le coup d’arrêt. Le chantier a buté sur un budget qui s’effondre, puis sur la mobilisation du 2 août 1914.
Aucune avalanche, aucun accident n’a figé le chantier.
La concession définitive est accordée le 3 août 1904, moins d’un mois après que le projet Duportal a été retenu, le 9 juillet. La compagnie est fondée le 9 juin 1905. Son cap est l’aiguille du Goûter, le sommet du mont Blanc devant suivre dans un second temps.
Les ouvertures s’enchaînent ensuite par paliers. Le tronçon Le Fayet–col de Voza, à 1 653 m, ouvre le 25 juillet 1909, et non en 1907 comme l’indiquent encore certains sites. Le Mont Lachat suit en juin 1911. Le Nid d’Aigle, à 2 372 m, est atteint le 1er août 1913 et reçoit le statut de terminus « provisoire », le temps que la suite soit financée.
Il restait alors 1 445 m de dénivelé à gravir.
Un budget qui se dérobe avant même la guerre
Les ennuis d’argent précèdent le conflit de plusieurs années. L’effondrement de 1908, puis la démission de Duportal, ouvrent une période de fragilité financière. En 1912, un administrateur provisoire est nommé, et l’électrification est repoussée faute de moyens.
Le terrain n’avait rien d’une promenade : plusieurs sources jugent les travaux au-delà du Nid d’Aigle excessivement difficiles. Cette difficulté technique existait bel et bien, mais elle n’est pas ce qui a stoppé le chantier, car l’argent manquait déjà et la guerre a fait le reste. Sur une ligne qui visait 3 817 m, un chantier sous administration provisoire n’avait guère de marge pour s’attaquer aux tronçons les plus ardus.
Le 2 août 1914, la mobilisation coupe la saison.
Entre 1915 et 1917, la ligne reste quasi inactive. Selon la commune de Saint-Gervais, la Première Guerre mondiale et la crise économique ont stoppé l’achèvement du projet. Le prolongement vers le sommet n’a jamais été repris.
Un « provisoire » de 113 ans
Les années 1950 relancent brièvement le rêve, avec l’idée d’un prolongement vers le mont Blanc du Tacul, finalement abandonnée. L’électrification, repoussée faute d’argent dès 1912, n’aboutit au service commercial que le 2 juin 1957, soit 44 ans après l’arrivée au Nid d’Aigle.
Côté matériel, les rames historiques s’appellent Marie, Jeanne et Anne. Les nouvelles rames Stadler sont livrées à partir du 23 mars 2022, dans le cadre d’une rénovation qui porte sur quatre rames au total.
Le 27 juin 2026, le Département de la Haute-Savoie inaugure un prolongement de 280 m jusqu’à la nouvelle station Refuge-du-Nid-d’Aigle, à 2 412 m. Le gain d’altitude est de 40 m, soit une marche de plus, 113 ans après 1913, plutôt qu’une conquête. Le dossier de presse du Département le présente comme la fin officielle de la construction. L’objectif de départ, le sommet du mont Blanc, n’a donc jamais été atteint.
Ce que la rénovation a coûté
Reste la facture. Environ 120 M€ d’argent public ont été engagés pour l’ensemble de la rénovation : la voie, les quatre rames, le refuge et le terminus. Ce montant ne correspond pas aux seuls 280 m de prolongement.
Sur une douzaine de kilomètres, la pente maximale atteint 240 ‰, soit 24 m de dénivelé tous les 100 m, plus du double de ce qu’indique un panneau de route à 10 %. Depuis le nouveau terminus, l’aiguille du Goûter se trouve encore 1 405 m plus haut.
Sources : hebdo-des-savoie.fr | radiomontblanc.fr | odsradio.com


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