Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

En Argentine, la mémoire de la dictature fait face à la tronçonneuse de Javier Milei

1 week_ago 18

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

À Buenos Aires, le long de l'avenue del Libertador, dans un quartier résidentiel perdu au milieu d'immenses gratte-ciels, se trouve l'ESMA. L'ancienne école de mécanique de la marine était le principal centre de détention clandestin sous la dictature militaire en Argentine. Fleuri, silencieux, presque désert, il y règne une atmosphère étrange.

Dehors, des immeubles neufs écrasent le parc de leur démesure. Le site abrite aujourd'hui le musée de la mémoire ainsi que plusieurs bâtiments que se partagent différentes organisations. Parmi elles, les Madres, mais aussi les Abuelas, et les H.I.J.O.S.

NEWSLETTER

Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.

→

Les Abuelas, ce sont les grand-mères, réunies au nom de leurs filles disparues. Durant la dictature, le pouvoir catholique argentin n'assassinait pas ses opposantes lorsqu'elles étaient enceintes, question de morale… Elles étaient d'abord enlevées et emmenées à l'ESMA où une minuscule pièce appelée Capucha faisait office de maternité. Cagoule sur la tête, elles accouchaient là, sans jamais voir le visage de leur enfant. Une fois nés, les bébés étaient confiés aux tortionnaires et les femmes envoyées dans les vols de la mort. Dès 1977, révoltées, les mères de ces jeunes femmes, les Abuelas, se sont improvisées détectives afin de retrouver leurs petits-enfants.

«Il est épuisant de devoir résister aux attaques diffamatoires.»Clarisa Elvira Veiga, coordinatrice du service presse de l'association Les Abuelas

Sur 500 enfants disparus, 140 ont déjà été retrouvés. Ces Nietos font aujourd'hui partie du conseil d'administration des Grands-mères de la place de Mai. «Ils en sont la continuité», affirme Clarisa Elvira Veiga, coordinatrice du service presse et communication de l'association. À l'instar des Mères, les Abuelas et leurs petits-enfants investissent le monde éducatif. Conférences, visites d'écoles, festivals, tout est bon pour sensibiliser les petits écoliers en blouse blanche. La relève est en partie assurée, mais encore faut-il avoir les moyens d'agir. «Il est épuisant de devoir résister aux attaques diffamatoires et au désengagement financier des gouvernements», déplore Clarisa.

Dans le cortège, cette militante tient différentes pancartes aux revendications variées, des messages qui combattent autant le manque de travail et l’antisémitisme que le silence autour des petits-enfants enlevés durant la dictature, sur la Place de Mai, à Buenos Aires. | ©Maël Bouvier Dans le cortège, cette militante tient différentes pancartes aux revendications variées, des messages qui combattent autant le manque de travail et l’antisémitisme que le silence autour des petits-enfants enlevés durant la dictature, sur la Place de Mai, à Buenos Aires. | ©Maël Bouvier

Juste à côté du bâtiment des grands-mères se trouve celui des H.I.J.O.S. Du plafond de la pièce principale pendent des centaines de photos de disparus. Fondée en 1995, cette association regroupe fils et filles de disparus, prisonniers politiques, survivants ou exilés de la dictature. Ils se sont fait connaître notamment via leurs escraches, des mises en scène publiques visant à dénoncer et stigmatiser les anciens tortionnaires toujours vivants, réfugiés dans l'anonymat.

Leurs actions sont populaires, mais surtout politiques. «Notre lutte était celle d'un peuple qui ne devait pas oublier sa propre histoire», rappelle Paula Donadio, fille d'une survivante de l'ESMA. Ce combat contre l'oubli est encore plus d'actualité aujourd'hui, face à une jeune génération qui se démobilise d'année en année.

Pour cela, H.I.J.O.S. se réinvente avec une forte présence sur les réseaux sociaux, dépassant les cent mille abonnés. Une passerelle pour «créer une continuité contre l'oubli que quiconque voudrait installer», ajoute Paula. La nouvelle génération doit comprendre qu'il n'y a pas d'avenir quand les traumatismes du passé ne sont pas adressés ni résolus. L'organisation s'attache à «sensibiliser les jeunes aux conséquences de la dictature et aux dangers des discours de haine», dans un pays où les menaces du gouvernement ajoutent sans cesse une urgence à la lutte.

La mémoire en coupe réglée

Depuis l'arrivée de Javier Milei au pouvoir, les budgets des lieux de mémoire ont été supprimés, les agents d'entretien renvoyés, les lumières coupées. Certains bâtiments ont dû fermer, faute de moyens. Seuls restent ouverts ceux financés par les militants eux-mêmes ou par des dons de particuliers. En longeant les couloirs de la Maison des Mères, sous les pañuelos suspendus au plafond, Carmen Arias, l'air las, constate avec aigreur le mal que les politiques du président d'extrême droite font à son combat. «Il y a des personnes qui donnent tous les mois. Mais l'État, non. Jamais.»

D'un pas rapide, Carmen se rend dans l'auditorium, une pièce sentant le renfermé, cachée au fond du bâtiment. Des drapeaux entourent les photos des disparus, elle désigne du doigt une banderole: «Universidad de las Madres», témoin du coup le plus dur asséné par le gouvernement au combat des Mères. Créée en 2000 par l'association, cette université publique offrait une éducation gratuite à tous. En 2025, le pouvoir exécutif et judiciaire a fait main-basse sur la structure, Milei a nommé un nouveau recteur et modifié les programmes. Tout ce qui concerne les Mères a été effacé. «Ça les dérange que tout cela se sache», s'indigne Carmen.

Les pañuelos, langes de bébés devenus symboles des Mères de la place de Mai, pendent au plafond du musée. | ©Maël Bouvier Les pañuelos, langes de bébés devenus symboles des Mères de la place de Mai, pendent au plafond du musée. | ©Maël Bouvier

Au-delà des coupes budgétaires, Nadia Tahir, chercheuse en études hispano-américaines, constate l'émergence d'un nouveau cycle de mémoire sous Milei: l'apparition d'un discours concurrent. Cette «memoria completa» ou «mémoire complète», est notamment portée par la vice-présidente Victoria Villarruel. Exemple frappant: pour le 50e anniversaire du coup d'État, le gouvernement a posté une vidéo intitulée «Les victimes qu'on a voulu cacher», réclamant qu'on «dise tout» pour rééquilibrer un récit jugé trop à charge contre les militaires…

Mais la vraie menace, selon la chercheuse, se trouve dans les programmes scolaires. Les générations actuelles ont grandi avec des politiques éducatives, fruits de vingt ans d'efforts, qui faisaient de la dictature un chapitre central de l'histoire nationale. Rien ne garantit que ce sera encore le cas demain. Tout dépendra des résultats des élections présidentielles en 2027 qui pourraient ouvrir la voie à des changements plus profonds et plus insidieux.

Ce jour-là, une classe d’école primaire assiste à la manifestation sur la Place de Mai, à Buenos Aires. Les enfants échangent, rient parfois, mais observent surtout le rassemblement, dans une démarche de découverte et de sensibilisation à l’histoire de leur pays. | ©Maël Bouvier Ce jour-là, une classe d’école primaire assiste à la manifestation sur la Place de Mai, à Buenos Aires. Les enfants échangent, rient parfois, mais observent surtout le rassemblement, dans une démarche de découverte et de sensibilisation à l’histoire de leur pays. | ©Maël Bouvier

La dictature militaire argentine (1976-1983). 

Le 24 mars 1976, un coup d'État militaire renverse la présidente Isabel Perón. Une junte de trois généraux instaure un régime de terreur baptisé «Processus de réorganisation nationale».

Le général Jorge Rafael Videla dirige le pays jusqu'en 1981. Sous ses ordres, l'État devient une machine à faire disparaître. Environ 30.000 personnes sont enlevées, détenues dans des centres de détention clandestins, torturées puis assassinées. Le plus tristement célèbre de ces centres est l'ESMA, l'École de mécanique de la marine à Buenos Aires. Il mourra en prison en 2013, condamné pour crimes contre l'humanité.

Lui succèdent Roberto Viola puis Leopoldo Galtieri, qui lance en 1982 l'invasion des îles Malouines. La défaite face au Royaume-Uni précipite la chute du régime.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway