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En Alberta, les écoles privées séduisent de plus en plus de parents

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À Calgary, des parents choisissent de placer leurs enfants dans le réseau d’écoles privées par crainte de la surpopulation des classes, d'un rythme d’apprentissage jugé trop lent et d’un manque de suivi personnalisé dans le système public. Une décision qui peut leur coûter entre 18 500 $ et 25 500 $ environ par an et par enfant en fonction de leur année d’étude.

Ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens de payer une telle somme, reconnaît Elias Gedamu, père de trois filles âgées de 7, 5 et 2 ans. Mais au bout du compte, cela risque de nous coûter encore plus cher plus tard s'il faut corriger le tir ou rattraper des retards, dit-il.

Après une année de maternelle dans le public, Elias Gedamu et sa compagne ont décidé de placer leur fille aînée dans une école d’immersion en français de la métropole, la Calgary French and International School (CFIS).

Ils ne sont pas les seuls à avoir fait ce choix. Les écoles privées prévoient une hausse des inscriptions de 11,4 % pour l'année scolaire 2026-2027, selon les chiffres du ministère de l'Éducation albertain, soit une augmentation d'environ 5500 élèves.

Pour la CFIS, c’est une augmentation de 5 % des inscriptions par rapport à l’an dernier, et une croissance totale de 20 % depuis l’année scolaire 2023-2024.

Quand notre fille est revenue de l’école, elle nous a dit avec un grand sourire : "Papa, maman, je veux retourner à l’école demain et tous les jours!" On s’est dit : "waouh", c'est réussi! On croisait les doigts pour que cet enthousiasme ne dure pas seulement la première semaine.

La recette de ce succès, selon ce père de famille, ce sont des classes plus petites au privé qu’au public (une vingtaine d’élèves par classe au privé contre une trentaine au public), une rotation des enseignants quotidienne (deux à quatre par jour), et un suivi encadré et clair des apprentissages effectués au fil du temps.

Elias Gedamu parle à un journaliste dans une cuisine.

Elias Gedamu estime que les classes réduites à une vingtaine d'élèves, un suivi étroit des progrès et une rotation quotidienne des enseignants sont autant d'atouts du système privé qui l'ont convaincu.

Photo : Radio-Canada / Mark Matulis

Lors de la première année, l’enseignante m’a dit qu’en décembre ils allaient commencer à lire en français, raconte cet ingénieur de formation. De décembre à juin, elle a dû me lire une vingtaine de livres. J’étais complètement surpris et je vois le résultat de cet enseignement.

Le luxe des choix

Pour Elyse Bilodeau, directrice du primaire à la CFIS, le privé bénéficie de certains luxes que ne peut pas s'offrir le système public.

Elle estime que le statut d'établissement indépendant offre un meilleur contrôle sur plusieurs variables dans une salle de classe, comme le nombre d'élèves. Cela permet aussi d'imposer des attentes très claires au corps professoral, qu'il s'agisse des méthodes d'apprentissage, de la collaboration entre collègues ou d'un suivi très serré avec les parents.

Elyse Bilodeau parle avec une bibliothèque pour enfants en arrière-plan.

Selon Elyse Bilodeau, le statut indépendant de son école privée lui offre un meilleur contrôle sur la taille des classes, l'encadrement pédagogique et le suivi auprès des parents.

Photo : Radio-Canada / Mark Matulis

Nos attentes sont élevées et ça donne un service qui est différent.

Dans un courriel, le Conseil scolaire FrancoSud, responsable des écoles publiques francophones du sud de l’Alberta, défend quant à lui son modèle.

Nous croyons fermement à la qualité de l’éducation que nous offrons, et les résultats de nos élèves aux tests de rendement provinciaux et aux examens de diplôme le démontrent année après année, explique Antoine Bégin, le coordinateur des communications de FrancoSud.

Selon les plus récentes mesures d’assurance de la qualité d’Alberta Education, plus de 8 parents sur 10 se disent satisfaits de la qualité générale de l’éducation offerte au FrancoSud, ajoute-t-il.

Un manque de ressources

Elias Gedamu et Elyse Bilodeau refusent toutefois de critiquer le personnel du système public francophone, dont ils saluent le travail.

C’est une communauté qui est dynamique et qui cherche à offrir un service d’exception, mais qui se trouve dans une situation où ils ont de la difficulté à répondre à tous les besoins, dit Elyse Bilodeau. Je pense que ce qui fait la force d’une école comme la mienne, c’est que ça ajoute un service.

Pour Elias Gedamu, la question dépasse l'opposition entre public et privé. Les enseignants [dans le public] sont vraiment bons. Quand on parle avec eux, c’est impressionnant. Mais ils sont débordés, affirme-t-il. On a un problème avec les ressources [...] je ne sais pas comment on s’est retrouvés là.

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