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En 1979 l’extrême centre (Giscard) et le camp du bien (Sartre, Libération l’OBS) accueillaient en France Khomeiny comme un Gandhi islamique . L’ art de se tromper

C’est le gouvernement français sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing qui a permis à l’ayatollah Rouhollah Khomeini de s’installer en France en octobre 1978.Khomeini a été expulsé d’Irak (sous pression du Shah d’Iran) en septembre/octobre 1978.
Marchais et Chirac étaient hostiles à cette venue
Après un refus d’entrée au Koweït, il s’est dirigé vers la France, où les Iraniens n’avaient pas besoin de visa pour entrer (séjour touristique initial de 3 mois). Il est arrivé à Paris le 6 octobre 1978 et s’est installé à Neauphle-le-Château (Yvelines).Le président Valéry Giscard d’Estaing a autorisé son séjour et lui a accordé un statut de réfugié politique de facto (asile ou protection), même s’il n’a pas formellement demandé l’asile. Giscard a publiquement confirmé ce statut en novembre 1978 lors d’une conférence de presse, tout en rappelant à Khomeini (à deux reprises) l’interdiction de lancer des appels à la violence depuis le sol français.
Les noms les plus cités et les plus « franchement » engagés :Cette page reste controversée en France : souvent qualifiée d' »aveuglement » idéologique de la gauche intellectuelle, d' »illusion tiers-mondiste » ou même de racines de l' »islamo-gauchisme » selon certains commentateurs.
- Michel Foucault (philosophe majeur) : Le plus emblématique et le plus enthousiaste. Il s’est rendu en Iran en 1978, a rencontré Khomeini à Neauphle-le-Château, et a publié plusieurs articles dithyrambiques (notamment dans Corriere della Sera et Le Nouvel Observateur). Il décrivait la révolution comme une « nouvelle spiritualité politique », la « forme la plus moderne de la révolte », un rejet radical de l’archaïsme moderne occidental. Il qualifiait Khomeini de « saint homme » et balayait les accusations de fanatisme. Ce soutien lui a valu de vives critiques ultérieures (y compris en France), car il a ignoré les signaux répressifs dès le début.
- Jean-Paul Sartre : Figure tutélaire de la gauche existentialiste et anti-impérialiste. Il a rejoint un comité de soutien à Khomeini et a exprimé un enthousiasme pour le mouvement comme anti-colonialiste et anti-impérialiste. Il a aussi loué Ali Shariati (penseur islamo-révolutionnaire iranien) comme référence idéologique. Sartre a accompagné Simone de Beauvoir dans des positions pro-révolution iranienne initialement.
Autres figures ou courants mentionnés :
- Une partie des maoïstes et gauchistes post-68 Daniel Cohn-Bendit dans certains récits).
- Des intellectuels tiers-mondistes qui voyaient Khomeini comme un Gandhi islamique ou un leader populiste anti-impérialiste.
- Des médias et journalistes de gauche (ex. : Serge July au Libération ou d’autres à Le Nouvel Observateur) qui ont donné une couverture souvent bienveillante au début
L’Express (hebdomadaire d’actualité, centre-gauche/libéral à l’époque, proche de la gauche non communiste) : Il a adopté une position relativement bienveillante et sensationnaliste au pic de la crise (1978-1979). Un numéro célèbre du 20 janvier 1979 titrait en Une : « Khomeiny : l’homme qui fait trembler l’Occident », avec une couverture reproduite par des manifestants iraniens eux-mêmes (photo d’une foule brandissant cette Une géante à l’aéroport). Le magazine envoyait des reporters spéciaux à Téhéran, décrivait l’explosion de joie populaire contre le Shah (considéré comme dictatorial et pro-américain), et analysait les conséquences du triomphe de Khomeini comme potentiellement positives au départ – une « révolte populaire » anti-impérialiste.
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